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28 December 2025

Danger: Glissade!

Image tirée de la légende montréalaise
 Nips Daimon, par C.E. Bockus,
publiée dans Once a Week,
vol. 6, 24 mai 1862, p. 602-208.


Saviez-vous qu’il était illégal de glisser dans les rues de Québec sous le Régime français? Voici une transcription tirée des ordonnances des intendants :

24 [décembre 1748] qui deffend de glisser dans la ville

François Bigot &.ca.

Sur ce qui nous a esté représenté que les Enfans et même de grandes personnes glissent En traines, En patins et autrement dans les differentes Costes de cette ville, ce qui Expose les passants à des accidents (comme il est déja arrivé par la vitesse avec laquelle Ils peuvent tomber sur Eux), n’ayant pas le temps de se ranger pour les Eviter, a quoy Estant nécéssaire de remedier.

Nous faisons tres Expresses Inhibitions et deffenses a toutes personnes, et aux Enfans de glisser dans les rües de cette ville, soit En traines, En patins ou autrement, a peine contre Les grandes personnes de Dix Livres d’amende payable sans deport et aplicable aux hopitaux Et quant aux Enfans qui seront pris En Contravention, declarons que leurs peres et meres seront contraints au payement de pareille amende de Dix Livres pour chacun de leurs Enfans, Lesquels [dits] Enfans garderont prison jusques à ce que leurs [dits] peres et meres ayent Satisfait a [ladite] amende Et à l’Egard des Enfans qui n’auroient ni peres ni meres, Nous prévenons leurs maitres, Leurs tuteurs, parens ou autres particuliers chez Lesquels Ils demeureront qu’ils Seront également contraints au payement de l’amende que s’ils Estoient leurs propres Enfans. Mandons aux Officiers de Police de tenir Exactement la main a l’Exécution de la présente ordonnance qui sera Lüe, publiée et affichée partout ou besoin sera à ce que personne n’En puissent prétendre cause d’Ignorance. fait à Quebec le vingt quatre Decembre 1748 Bigot




 Source :

Archives nationales à Québec, E1,S1,D36, Fonds Intendants, Cahier 36 : Registre des commissions et ordonnances rendues par Monsieur Bigot, intendant de justice, police, finances et de la marine de la Nouvelle-France. Folio 28v-29v. Ordonnance du 24 décembre 1748 qui défend de glisser dans la ville de Québec. En ligne : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4924966?docref=Bq0cpdNPNAtAhQ31zqwnXA

28 August 2019

Québec néglige son patrimoine

Église Saint-Coeur-de-Marie, quelques jours avant
le début de sa démolition en 2019.

« Ah non, pas un autre crisse de musée. » Voilà les paroles prononcées par un promoteur immobilier alors que nous étions un groupe rassemblé pour discuter l’avenir des Nouvelles-Casernes de Québec. Décidément, mon idée de les transformer en musée de la Nouvelle-France froissait. Pire, je constate que l’histoire et le patrimoine sont devenus gênants pour la ville de Québec en général. Le 21 août 2019, le Globe and Mail publiait un article reconfirmant à nouveau qu’il y a une « vague de destruction » qui s’abat présentement sur le patrimoine architectural de Québec. Je partage le même avis.

La facade du Patro St-Vincent-de-Paul,
détruite en 2010.
Cela fait maintenant onze ans que j’habite à Québec; j’y suis déménagé de l’Ontario justement pour ce que je croyais être à l’époque son amour de l’histoire. Québec est unique non seulement dans la province, mais au monde : rappelons-nous qu’il est classé parmi les sites patrimoniaux de l’UNESCO. Pourtant, depuis la célébration de son 400e anniversaire, j’ai vu ses efforts de conservation s’effriter. On troque l’histoire pour une modernité forcée (le maire Labeaume n’avait-il pas déclaré, après tout, qu’il voulait que Québec devienne le nouveau Montréal?). Les victimes ont été nombreuses et continuent de cumuler. Parmi les exemples les mieux connus se trouvent la façade du Patro St-Vincent-de-Paul détruite en 2010 et cette année, l’église Saint-Cœur-de-Marie, un des plus beaux exemples d’architecture néo-byzantine, quelques mois à peine avant son centenaire. Je rappelle également qu’à Jamestown, lieu de fondation de ce qui deviendra les États-Unis, il n’y a pas un, pas deux, pas trois, mais quatre musées dédiés à ce site historique, alors qu’ici à Québec, nous venons de fermer le Musée de la Place-Royale, qui commémorait le site de la fondation de l’Amérique française. Parlant d’institutions, il semble qu’il faut régulièrement se battre pour avoir accès à nos collections, qu’il s’agisse d’empêcher la fermeture de centres d’archives ou bien le déménagement de nos artefacts dans la région de la capitale fédérale. Enfin, alors que certaines villes comme Schenectady, New York, tentent de renouer avec leur passé architectural en construisant de nouveaux édifices publics qui s’intègrent bien avec la tradition architecturale locale, Québec a une obsession en ce moment avec des projets immobiliers qui s’agencent mal avec le patrimoine du Vieux-Québec (taisons le nom d’un certain bâtiment en vitre dont la construction achève bientôt à la Place d’Youville…).

Le Musée de la Place-Royale, vidée, silencieuse...
Alors que Québec se targue d’être l’Accent d’Amérique, slogan qui « exprime ce qui fait notre singularité, historique et contemporaine, et vise à projeter une image attrayante de la ville. », il faudrait peut-être qu’elle se rappelle ce qui la rend unique et attrayante en premier lieu. Les gens viennent à Québec pour son patrimoine, son histoire, son train de vie. Et pourtant, comme le rappelle l’article du Globe and Mail cette semaine, la ville commence à être victime de son propre succès économique. Il est à se demander si la modernisation de la ville se fait aux dépens de son âme patrimoniale? Je peux déjà témoigner que les fluctuations d’accès au patrimoine archivistique et muséal ont déjà découragé dans le passé plusieurs collègues américains de visiter la ville. Même pour le tourisme en général, c’est donc bien beau d’accueillir des navires de croisière, mais n’oublions pas qu’il faut maintenir leur raison de visiter la ville. C’est ce qu’il y a de sournois avec l’effritement du patrimoine : ça se fait petit à petit et par le temps qu’on le remarque, il est souvent trop tard pour inverser la tendance. Bref, si les promoteurs immobiliers ne se soucient pas de protéger et même de valoriser notre patrimoine, qui le fera? J’encourage donc à mes lecteurs de contacter leur député municipal, provincial et fédéral pour les encourager à non seulement augmenter la protection de notre patrimoine, mais d’encourager sa mise en valeur active.

Et qui sait, peut-être un jour aurais-je enfin mon Musée de la Nouvelle-France…?

02 June 2019

La pendaison à Québec post-1763

Aujourd'hui je vous partage un vidéo qui dépasse le cadre temporelle du Régime français mais que je considère tout de même important à écouter. Il s'agit d'une entrevue avec un de mes professeurs préférés, Donald Fyson de l'Université Laval. Je vous invite également à visiter le Morrin Center si vous passez par Québec - ça vaut le détour. Enfin, je vous invite à lire l'article original du Soleil d'où j'ai puisé ce vidéo. Bon visionnement!

03 December 2018

Le retour de l'art colonial au Musée national des beaux-arts du Québec


Dimanche dernier, j’ai eu le plaisir de visiter le pavillon Gérard-Morisset, nouvellement rénové, du Musée national des beaux-arts du Québec. Franchement, chapeau à l’équipe muséale!

Ouvert depuis moins d’un mois, le pavillon intègre des murs de verre pour augmenter la superficie disponible pour exposer ses œuvres, tout en donnant l’agréable illusion d’un espace ouvert. On se souviendra que certaines des anciennes salles exposaient leurs œuvres à la manière d’un vieux salon d’art : bien que l’effet de voir des toiles tapissant le mur jusqu’au plafond était impressionnant, il était difficile d’apprécier d’un coup d’œil rapproché les toiles plus hautes. Le changement est donc bienvenu.

Ce pavillon est mon préféré dans le musée entier puisqu’il s’agit de celui où l’on trouve l’art du Régime français et l’art dédié à sa mémoire. Petite recommandation toutefois : avant de visiter, assurez-vous d’abord de vous munir d’un téléphone intelligent avec accès à internet pour télécharger un guide sur place (j'imagine qu'il s'agit du même que celui-ci : http://mediaguide.mnbaq.org/).

Justement, il est bien de s'informer sur les toiles à sujets coloniaux. Je parle de ces toiles où les premiers explorateurs sont glorifiés par les artistes du 19e et 20e siècle, telle la représentation de Jacques Cartier par Marc-Aurèle de Foy Suzor-Côté. Aussi magnifiques soient-elles, elles se fondent sur les idées dépassées de leurs temps (et pour l’exemple de la toile de Suzor-Côté, malgré son temps). Par exemple, les Autochtones sont souvent dépeints de manière… qui laisse à désirer. Le visiteur se trouve le plus souvent soit devant l’image du « bon sauvage » ou bien de l’Autochtone « primitif ». Le MNBAQ invite donc le visiteur à s'informer du contexte artistique et historique de ces œuvres. Il existe un petit écriteau à ce sujet offrant un lien internet à suivre sur son téléphone intelligent. Sans lui, ce n’est pas évident de trouver ces informations sur le site web du musée. Voici donc quelques liens d’intérêts à visionner avant ou pendant votre visite :

N’empêche que ces toiles et ces statues valent la peine d’être vues. Qu'on admire leur taille ou la technique de leurs artistes, elles sont à couper le souffle.

Néanmoins, malgré le nombre d’œuvres impressionnantes, mes préférés demeurent les humbles ex-voto. Il s’agit ici d’œuvres créées pour remercier un ou une sainte pour une faveur obtenue ou d’un secours rendu. Il s’agit le plus souvent de redevances religieuses offertes après un naufrage ou une maladie. Ce que j’adore de ces images est qu’ironiquement, malgré leur contexte religieux, il s’agit souvent des meilleures représentations de la vie de tous les jours en Nouvelle-France. On y trouve par exemple des détails fascinants des habits d’époque. Bref, à ne pas manquer!

Et avant de vous laisser, un petit rappel que l'accès aux musées au Québec est gratuit le premier dimanche du mois aux citoyens locaux. Profitez-en le mois prochain!

Ex-voto de Pierre Le Moyne d'Iberville.
Anonyme.
Vers 1696.


Ex-voto des trois naufragés de Lévis.
Anonyme.
1754.






Ex-voto de madame Riverin.
Anonyme.
1703.


Au sujet de la coiffe étrange de cette dame, lire ce billet fascinant!




09 May 2018

Rénovations en cours pour les Nouvelles-Casernes

L'état et l'avenir des Nouvelles-Casernes à Québec m'ont toujours intéressé. Cette semaine, la Commission de la capitale nationale nous offre une mise à jour. Cliquez sur l'image ci-dessous pour lire l'article!

17 April 2018

Siège de Québec à l'émission "Points de repères"

 On sent une certaine inspiration d'Assassin's Creed

Il y a quelques semaines, l’émission Points de repères diffusait un épisode sur le siège de Québec. Un ami français m’a généreusement prêté une copie à écouter (puisque je ne n’ai pas trouvé manière de l’écouter ici au Canada). M’ayant demandé mon opinion, j’ai décidé de lui répondre directement sur mon blogue afin de la partager avec mon lectorat aussi.

 Comme d'habitude, les pauvres Amérindiens semblent
tous souffrir d'une courbature de la colonne vertébrale…
Arthrite précoce? Ou le poids des stéréotypes?

J’admets que j’ai adoré le traitement très stylisé du sujet. Au lieu de s’embourber dans les détails des costumes et de l’environnement, les réalisateurs utilisent des animations rappelant d’une part un spectacle d’ombres chinoises et de l’autre, Assassin’s Creed. Si l’idée d’épurer et distiller les événements pour s’en tenir aux faits saillants me plaît au niveau de bonne vulgarisation, n’empêche que quelques maladresses se glissent. Voici, très brièvement, mes quelques critiques :

·         En intro, on présente la question de la campagne de Québec ainsi : « Un petit grain de sable va décider du sort de la Nouvelle-France… » Un petit grain de sable? C'est vraiment faire exprès d'ignorer les milliers de soldats impliqués dans cette guerre et les immenses efforts militaires, économiques et politiques des deux belligérants!
·         La trame schizophrénique porte à confusion… On introduit Jacques Cartier pour ensuite parler de George Washington et ensuite le siège de Québec, avant de recommencer le tout avec les Vikings… vous suivez? Ça aurait été plus intéressant de s’en tenir à une mise en situation plus brève pour passer plus de temps à contextualiser la guerre de Sept Ans. Sur ses 26 minutes, le documentaire gaspille énormément de temps sur les débuts de la colonie alors que son but est de parler de sa fin.
·         « L'hiver dure 5 mois. Les températures peuvent descendre en dessous de -40 degrés. » Pas faux. Toutefois, je m'amuse à imaginer la face horrifiée de tous ces Français à l'écoute qui s'imaginent mal « survivre » un tel climat!
·         Encore une fois, on évoque le fameux mythe du Canadien, « pas tout à fait Français ». En réalité, le Canadien est tout aussi Français que ne l’est le Breton, le Normand, le Parisien. D’ailleurs, au seuil de la Conquête, jamais n’a-t-il été aussi semblable que ses confrères métropolitains.
·         Point boni : avoir mentionné la variété de cultures amérindiennes.
·         Point retiré : généralisation de la société égalitaire chez les Amérindiens. Il y a tout de même des nuances et des exceptions importantes entre nations.
·         Le terme « coureur des bois » n'est plus aussi important au 18e siècle qu'il ne l'était au 17e. Le documentaire se confond avec les Voyageurs. D'ailleurs, ils ne « courent » pas littéralement les bois comme illustrés ici. On fait plutôt référence à leur statut d’homme libres. Je simplifie énormément, mais j’en profite pour insérer une bonne « plogue » et vous inviter à lire Histoire des coureurs de bois de Gilles Havard à ce sujet.
·         Le drapeau britannique est schizophrénique : tantôt c'est le bon drapeau pour 1759, tantôt c'est le drapeau d’aujourd’hui.
·         On tombe encore une fois dans le piège de traiter de la petite guerre comme étant une invention purement nord-américaine. En réalité, elle est utilisée en Europe (même Montcalm s'en est servi pendant la guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748)!). De plus, en l'attribuant seulement aux Canadiens, le documentaire néglige de mentionner les nombreuses compagnies de Rangers au service de l'Armée ennemie. Pensez Robert Rogers!
·         Point boni : mention de l'importance de la marine dans ce conflit.
·         Encore une fois, Montcalm n'a pas à se faire donner de leçons sur la petite guerre : il comprend c'est quoi et possède de l'expérience!
·         Les miliciens ne sont pas aussi redoutables que le suppose le documentaire : ils sont surtout une masse importante de main d'œuvre plutôt que de réels combattants.
·         Je ne suis pas spécialiste de la Marine, mais je serais curieux de demander à un spécialiste son avis sur le segment à ce sujet.
·         *Sniff* Une larme pour Saunders, négligé au profit de Wolfe raclant toute la gloire de la remontée du Saint-Laurent.
·         Oh ho, grossière présupposition… le documentaire déclare que si Montcalm s'en était tenu à la petite guerre, la Nouvelle-France aurait survécu. Décevante conclusion, puisque de 1) Montcalm a bien su défendre la colonie avec les moyens à sa disposition. 2) Le rouleau compresseur démographique des Colonies anglaises et de l'armée britannique aurait pris le dessus éventuellement. Sans aller plus en détails, on pourrait même dire que n'était-ce de l'adoption des tactiques et de l'expérience européenne à Carillon et à Québec, la colonie aurait été prise beaucoup plus tôt. Bref, l’utilisation de la « guerre à l’européenne » n’était pas imposée à cause d’une préférence subjective, mais par nécessité.
·         Minute… les Canadiens doivent dorénavant parler anglais et devenir protestants? Quelqu'un a oublié de le mentionner à Amherst lorsqu’il approuve les articles de capitulation de Montréal alors…
·         Le documentaire répète, en conclusion, le mythe comme quoi la guerre de Sept Ans est le premier conflit « mondial ». Pourtant, pour citer l'historien Jeremy Black,  : « cette affirmation ne prend pas en compte la portée de la lutte entre la Hollande et l’Espagne, au début du xvie siècle, qui s’était étendue de l’Europe à l’Amérique du Sud, de l’Afrique de l’Ouest à l’océan Indien ». (Jeremy Black, « La guerre de Sept Ans, un conflit mondial » dans Bertrand Fonck et Laurent Veyssière, dir. La fin de la Nouvelle-France, Paris, Armand Colin et Ministère de la Défense, 2013, p. 27.)

Bref, Points de repères fait une bonne tentative d’expliquer la campagne de Québec, mais s’embourbe un peu dans une historiographie traditionnelle et dépassée par les nouvelles études récentes.





25 April 2017

Parc Canada et les murs de Québec

Vidéos qui datent de 2016, mais que j'aime beaucoup. Ceux qui ne l'ont pas encore fait, je vous encourage fortement de venir visiter les fortifications de Québec.


21 October 2014

Champlain animé

Wow, j'avais complètement oublié qu'en 2008, j'avais aidé ma soeurette à créer un vidéo pour son programme d'animation au Collège Boréal. Quel plaisir d'être tombé accidentellement sur ce vidéo! Ça m'a fait bien rire. Ah, la nostalgie! (En passant, est-ce moi, ou bien Champlain ressemble au bonhomme Pringles?)

13 August 2014

Another Year, Another Success for Fort St. Joseph in Québec!

*cette semaine, mon billet est en anglais pour accommoder les lecteurs du Midwest américain.

Photo: Le Journal de Québec (article here)
Last week (August 6-10), visitors to Québec arriving at Place Royale by bus or by ferry were greeted by a small group of people seemingly ripped out of the past. Not just any people or any time: these were inhabitants of Fort St. Joseph, circa 1760.

All ages were represented
Photo: Jos Gagné
Indeed, for a second consecutive year, reenactors from Michigan and Indiana were invited to the Fêtes de la Nouvelle-France (or New France Festival) to represent the Upper Country, or Great Lakes Region. As a reminder that the French colony was not only comprised of the St. Lawrence valley but also stretched west to the Prairies and then as far south as New Orleans, this group was a lively and varied one at that. A village represented in a nutshell, our little group was made up of a French Marine, a Jesuit missionary, a Canadian voyageur and his captured English bride, and of course, a variety of Habitant folk. Even all ages were represented: from the delightful young girl to the wise elderly man, a wide age spectrum was to be found under our tent.

Of course, our weeklong experience was an adventure in cross-cultural exchanges: not only were we mingling past and present, but languages as well. After all, most of these American reenactors do not speak French. Nonetheless, they knew how to share their passion for a common history. I was there the whole week helping with these exchanges, acting as a go-between, an interpreter. What a coincidence, really, considering the character I was embodying was a voyageur who would have done the same between French merchants and their Native clients.

Well, at least my costume gets better
every year... (Photo: Jos Gagné)
The occasion was particularly important this year since French Ontario had also sent a delegation to highlight the 400th anniversary of French presence in the province. One might say the Great Lakes were put on a pedestal this year!
An exchange between Michigan and Québec City is not unheard of: there is already an exchange program between Laval University and Western Michigan University’s archaeology departments (underused, alas). But these two years have probably had the biggest impact on breaking the barrier between both regions. We created public awareness of the American fascination for French colonial life (more than English Canada has ever cared to show). Not only did we promote Fort St. Joseph, but we also gave out flyers and information regarding Fort Michilimackinac and the Illinois Country as well. Who knows how many people will visit the American Midwest thanks to our suggestions?

Inversely, we kept tabs on where visitors were coming from. In a nutshell: everywhere. All Canadian provinces except Newfoundland had visited our setup; many American states came to say hi to their compatriots, and travelers from as far as Australia enjoyed talking to us as well. I also feel confident in saying we had many more visitors than last year.

Dunno if Joe is pouting because of the rain or because
the festival is almost over (Photo: Jos Gagné)
If fort St. Joseph is being represented in Québec, it’s because three years ago, I had contacted M. Stéphan Parent, head director of the Festival. I had proposed doing a shindig with the Upper Country with either Ontario or Michigan (I’m originally from the Great Lakes; I felt I had to wave the flag, so to speak!). Well, sure enough, the idea sparked interest. This is where my involvement ends: the real credit comes back to M. Parent and his team who not only came up with the idea of bringing reenactors to Québec, but also kindly asked me last year to give a talk on the region. We were already impressed with last year’s experience, so you can imagine how delighted we were to be invited a second year in a row! Here’s to hoping a third invitation is in the works!

Rob having a bit too much fun...
(Photo: Stacy Chriswell)
All in all, it was a week well spent. I like to think the presence of our group was especially important in regards to historical accuracy. Americans are rabid sticklers when it comes to reenacting (I don’t know if they invented this hobby, but they sure as heck perfected it). Authenticity is always strived for. And in a festival that is understandably subject to popular interpretation of history (as we say in French, la mémoire n’égale pas l’histoire), costumes can sometimes seem closer to fantasy renaissance fairs than anything remotely resembling French colonial life. Then again, I’ll admit sheepishly that a friend of mine had poked holes in my belief that I was accurately dressed. Most of my props were somewhat closer to the 19th century than the 18th. Proof once again that I might be a historian, but I’m no cultural material specialist... But, as the point I was getting to, our Michigan gang was a refreshing glimpse of accuracy and public awareness of it. This said, despite a few observations of the group regarding what I’ve just described, I did have them realize that every year the festival gets historically better as more and more people share in the challenge of trying to be true to the past.

Beaver love. (Photo: Jos Gagné)
As a historian, I can’t help adding my observation that though I don’t usually practice it outside of the Fêtes de la Nouvelle-France, reenacting is by far one of the best teaching tools available. Joe, our French Marine, regularly uses his uniform to teach kids back in Indiana and Michigan about the French colonial past. I find that walking around in period garb inviting people to touch my beaver pelt is an instant icebreaker to discussions about the fur trade and its history. Kids in particular are especially curious with their innumerable questions. Their bright-eyed queries have stumped me more than once: these are great occasions for the historian to track down answers to simple but obvious questions he might never have otherwise thought of in the first place.

The sharing experience was reciprocal. These reenactors all participate regularly at the Fort St. Joseph open house. During this event, they recreate colonial life as visitors come to Niles, Michigan, to visit the ongoing archaeological digs. Coming to Québec, as one of my friends put it, gave them a new perspective on how important this history is to modern Québec and French Canada. We are not talking about a distant, inconsequential past. This is a past that has created our present, the culture of a/many people, and the pride of a nation. If the field of history must pride itself in rigorous scientific study, it must not forget its impact on the public memory and psyche. These two years of exchanges were opportunities to share what New France means to each other across the border, and how we will commemorate this common history together.

That said, our encampment has been the occasion to develop new friendships as well. Whether last year with Philippe, a historian with plenty of public history experience from colonial Williamsburg, or this year with Marie-Hélaine, a local reenactor (who was big help, by the way, in translating!) or our dear Monique who would come around, obsessed with our sashes (thank you by the way for the blue one you made for me!), we had plenty of occasions to exchange knowledge, contacts, and laughter.

Once again, here’s to hoping the Fêtes de la Nouvelle-France will invite us once more next year!
One last goodbye... Photo: Stacy Chriswell

21 August 2013

Caricature de Champlain

Que voulez-vous... pendant les colloques et les réunions, je gribouille...

19 February 2013

Accident de feux d'artifice

Je viens de commencer la lecture des seuls mémoirs connus d'un soldat des troupes de la Marine du Canada. L'auteur est sans doute Joseph-Charles Bonin, dit Jolicoeur (voir à son sujet pages 4 et 5 de ce lien). Il capte immédiatement l'attention du lecteur alors qu'il décrit son parcours au Canada tout en insérant de croustillantes anecdotes sur les moeurs des gens qui l'entourent. J'ai loin d'avoir terminé de lire son livre, toutefois je me permets de citer une histoire qui m'a particulièrement accroché:
[Année 1752]
Peu après cette époque, on ordonna une fête à l’occasion de la naissance du Duc de Bourgogne fils du Dauphin […]. Des préparatifs furent faits pour tirer un feu d’artifice, ce furent les canonniers qui en eurent la direction, sous les ordres de leur commandant ; je fus par conséquent du nombre des travailleurs, ce qui m’obligea de quitter le négociant chez lequel je travaillais et où j’étais comme un enfant adoptif ; nous fûmes occupés trois mois à la préparation de cet artifice. Le 13 juillet était le jour fixé pour tirer le feu, douze canonniers furent chargés de l’exécution, j’en fis partie. Le jour arrivé, on nous revêtit d’habits et de casques de peau par précaution, ce qui ne fut pas inutile, car au moment où nous n’attendions que le signal pour mettre le feu, une mêche allumée et portée sans précaution, mit en passant le feu à une fusée qui par son explosion la communiqua à une boîte où il avait cent fusées, lesquelles partant mirent le feu à plusieurs autres et bientôt tout l’artifice du théâtre fut enflammé et brûla une partie de la charpente. Ce fut l’ouvrage d’un quart d’heure; cinq canonniers furent entièrement brûlés et quatre grièvement blessés. Comme mon poste se trouvait à des accessoires un peu éloignés du théâtre, je fus moins exposé et cependant pas assez éloigné pour ne pas me sentir de l’explosion, car les fusées portèrent dans tous les sens et m’enveloppèrent de telle sorte qu’il me fallut rester immobile à ma place, je n’en fus pas moins blessé, mais légèrement à l’épaule et mon vêtement en partie brûlé. La violence du feu étant apaisée, je pus alors quitter ma place pour m’approcher du théâtre à moitié brûlé ; je ne fus pas peu surpris de trouver autant de morts et de me voir troisième de sauvé. Beaucoup de spectateurs furent pareillement surpris, de ce que nous n’étions pas tous péris ; chacun nous en témoigna sa joie. L’intendant nous fit donner à chacun une gratification de cinquante francs. 
Cet artifice n’ayant pas eu le succès désiré, il fut décidé d’en commencer un autre pour être exécuté sur la rivière Saint-Charles, vis-à-vis l’intendance, le premier septembre suivant. Il fut beaucoup plus tôt prêt que le premier, parce que tous les matériaux étaient préparés ainsi que de l’artifice qui restait du premier feu. Je fus encore employé à ce travail ; le jour arrivé pour tirer ce feu, j’y éprouvai encore un petit accident qui ne fut pas moins périlleux, mais qui était l’opposé du premier. Mon poste était d’aller en bateau mettre le feu à de l’artifice fait en dauphin et posé à une des distances latérales du théâtre, le moment arrivé je me pressai trop vite à sauter dans le bateau qui devait me conduire et je tombai dans l’eau. Heureusement que le batelier me retira promptement et j’en fus quitte pour être mouillé et sans me décourager je remplis ma mission ; ensuite je me fis conduire à terre, où je fus obligé de changer d’habillement. Mon aventure ayant été rapportée à l’intendant, il me gratifia de deux louis, en sus des vingt quatre francs qu’il accorda à chacun des canonniers employés au nombre de vingt, à cette réjouissance.
Source : CASGRAIN, H.R. (éditeur). Voyage au Canada dans le nord de l'Amérique septentrionale fait depuis l'an 1751 à 1761 par J.C.B., Québec, Imprimerie Léger Rousseau, 1887. pp. 41-23

Note: Pour les intéressés, le livre entier est disponible gratuitement sur Archive.org suivant ce lien.

25 October 2012

Appel de soutien!


À partir de ce mois d'octobre 2012, les Nouvelles-casernes du Vieux Québec sont classées monument historique. D'ici décembre 2013 (pardon pour l'erreur dans le vidéo où je dis 2012), un conseil devra en décider le sort. Faites savoir que vous voulez un musée dédié à la Nouvelle-France! (Photos et vidéos de Joseph Gagné. Sauf exception de la photo du Musée de la Civilisation prise de Wapikoni.tv)

Écrivez au Ministère de la Culture et des Communications:
http://www.mcc.gouv.qc.ca/

Écrivez à la mairie de Québec:
https://www.ville.quebec.qc.ca/nous_joindre/formulaire.aspx?NoReference=1

Écrivez à Madame Dubée, directrice du patrimoine et de la muséologie:
http://www.mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=4870

Et écrivez à votre député! Faites-lui savoir que la population désire rendre hommage à son passé colonial!
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Article original: http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201210/19/01-4585218-...

25 November 2011

Un cas d'espions hypocrites...


Montcalm écrivait : « On a toujours l’air d’écrire une satire en écrivant l’histoire de ce qui se passe en Canada. » Il avait bien raison! Parfois les événements qui ont lieu pendant la Guerre de Sept Ans sont si étranges qu’on ne peut s’empêcher de sourciller… Prenons comme exemple ce cas où les Anglais et les Français s'espionnent mutuellement pendant le siège de Québec, chacun faisant semblant de ne pas remarquer les actes de l'autre! Le 4 juillet 1759, l'abbée Jean-Félix Récher écrit :
A une heure après midi, une berge anglaise se détache des vaisseaux, ayant à son pavillon derrière, et pavillon français devant, ce qui fait juger qu’elle vient pour sommer la ville de se rendre. Elle arrive près de la ville et arrêtée par 2 ou 3 de nos carcassières, qui, n’ayant point reçu l’ordre du commandant de la place, lui ont demandé pourquoi elle venait. L’officier leur a dit qu’il apportait une lettre de son général à M. de Vaudreuil […] Comme ce sujet de députation nous a paru fort léger, il a été regardé comme un prétexte, dont se sont servis les Anglais pour examiner de près l’état de la place. Et en effet nos gens ont jugé qu’il y avait 3 ou 4 officiers ou ingénieurs sous l’habit de matelot et cela à leur physionomie et à la blancheur de leurs mains. Ce qui a donné lieu à M. le Mercier, pour user de représailles, de prendre avec lui 2 ou 3 capitaines de navire habillés en matelots pour mieux reconnaître la position de la flotte ennemie et son état. Une autre raison qui a persuadé que ce message n’était qu’un prétexte, c’est […] que par ce moyen ils se sont assurés que M. le général n’était point dans la ville, mais à Beauport, et que sans doute nos plus grandes forces étaient là.

Source :  LACOURSIÈRE, Jacques et Hélèn QUIMPER. Québec, ville assiégée. 1759-1760, d'après les acteurs et les témoins. Québec, Septentrion, 2009, pp. 70-71.



Disponible aux Éditions du Septentrion.