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30 May 2024

Disette au temps de la Conquête

Lorsqu’un historien fait de la recherche dans les archives, il doit être à l’affut des pistes impensées. En effet, pour ne souligner qu’un exemple, qui aurait songé qu’une partie importante des papiers du gouverneur Vaudreuil se retrouvent aujourd’hui… en Californie?

Justement, parlant de Vaudreuil, je vous partage une petite perle : une lettre du gouverneur retrouvée dans le Fonds Georges-Barthélemi Faribault aux Archives nationales à Québec. À lire la biographie de Faribault, il n’est pas étonnant de trouver un tel document « écarté » dans ses papiers :

« Familier avec les documents législatifs, habitué aux index, aux greffes, aux ouvrages de référence, intéressé aux activités de la Société littéraire et historique de Québec (Quebec Literary and Historical Society) fondée en 1824, Faribault conçoit dès 1830 les projets d’une collection et d’un catalogue d’ouvrages sur l’Amérique et le Canada »

Le document en question parle entre autres de rationnement au début de la guerre de Sept Ans et démontre que la colonie se serre déjà la ceinture face aux mauvaises récoltes. J'inclus la transcription ci-dessous.

Bonne lecture!



Source : Cote : P853 / Archives nationales à Québec / Fonds Georges-Barthélemi Faribault / Date : 1756, surtout 1814-1861 / https://advitam.banq.qc.ca/notice/352008 (contenu : 1960-01-008 \ 251) : 2.2.2 Lettre du gouverneur Vaudreuil à un destinataire inconnu, Montréal, 27 septembre 1756.

Transcription:

À Montréal le 27 7bre 1756

J’ay donne ordre à M. D’artigny, Monsieur, de vous adresser un Rôle de vings un Soldats que j’envoye par les Bateaux du cent, qui sont destinés a aller tenir garnison au fort de Niagara, vous les ferés passer a ce fort, par la premiere occasion que vous aurés.

Je compte vous envoyer aussi par les premiers Convois [biffé] des Soldats des troupes de la Colonie pour relever ceux que vous avés au fort frontenac.

M.r Jacau ma rendu compte qu’il restoie beaucoup de Poudre a vôtre fort qui ne pourroient pas être mis dans les Poudrieres, après que vous y aurés fait mettre la plus grande quantité qu’il sera possible, vous renverrés a montreal l’excedent afin quelle ne se perde pas, et pour cela vous profiterés des Batteaux qui reviennent sur lesquels vous les mettrés ayant attention d’en faire charger le conducteur des dits Batteaux.

Il est d’une nécessité absoluë, Monsieur, que toute vôtre Garnison Soit réduite a une livre et demie de pain, et un quart de Lard, parce qu’il seroit impossible que le Roi puisse fournir à la Consommation qui Se fait dans la Colonie, en Égard au peu de bled qu’il s’y trouve, et a la mauvaise recolte que nous avons cette année, ainsi aussitôt ma lettre reçue vous donnerés ordre au Garde magasin de Sy conformer, et vous en avertirés votre Garnison.

Vous ferés faire la recherche d’un coffre que l’on ma assuré devoir être au fort frontenac qui appartenoit a un Nommé Renaud commi aux vivres qui a été tué au siège de Chouaguen. Si vous pouvés découvrir ce Coffre, vous me le ferés passer par le retour des Batteaux.

Je suis très Sincèrement, Monsieur, votre très humble et très obeissant Serviteur,

Vaudreuil

A légard de la diminution de la Ration de deux livres a une livre et demi de pain pour la Garnison de vôtre fort, vous la suspenderés Jusqu’au premier novembre, et en conséquence vous n’en parlerés pas aux troupes jusqu’à nouvel ordre.

14 September 2019

1755: British Optimism vs Reality


This weekend marks the 260th anniversary of the battle of the Plains of Abraham in 1759. Of course, this battle was not technically the fall of Québec, which was actually formally surrendered a few days later on the 18th of September. And neither was it the fall of Canada: this formality would have to wait after more battles and skirmishes throughout the following year, leading up to the capitulation of Montreal on the 8th of September, 1760. In hindsight, the fall of New France seems inevitable to us today. After all, for such a vast colony, the French presence in North America was only assured by about 80 000 colonists. The neighbouring thirteen British colonies were home to a million American subjects. Yet, at the start of the war, things weren’t so clear-cut: The French were better organized politically and fared better with circumstantial luck. Up until 1758, the French had actually managed to hold their own quite well, in fact (relatively speaking...). Throughout the war, victory or defeat were never as clear cut as some imagined they would be. As exquisitely recapped in David Preston’s book Braddock’s Defeat: The Battle of the Monongahela and the Road to Revolution (Oxford University Press, 2015), the British sent their first contingent of troops to North America hoping to squash the French claims to North American lands. Optimism was flying high, some even going as far as wanting to celebrate victory prematurely with fireworks (to which, cooler heads like Ben Franklin’s cautioned that waiting for results might be more appropriate…). Yet, nowhere was this blind optimism demonstrated as heartily as in this wonderful 1755 engraving I recently found, British Resentment or the French fairly Coopt at Louisbourg. Created by John June and Louis Philippe Boitard, this image was a premature celebration of British victories which would not come to be that year, quite the opposite in fact (with the exception of Fort Beauséjour). Braddock’s army was defeated by the French and their indigenous allies, and most of their goals would be met only after a hard-fought campaign stretching over many years. And so today, to commemorate the battle of Québec, I would like to take a closer look at this image engraved years earlier, its creators not imagining New France would put up such a valiant resistance.

For more information on British art during the Seven Years' War, see Fordham, Douglas. British art and the Seven Years’ War: allegiance and autonomy. Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2010. 334 p.

1. Britannia attending to the complains of her injur’d 
Americans receives them into her protection.
2. Neptune & Mars unite in their defence.

3. The British Lion keeping his dominions under his paw safe from invaders.
4. The British Arms eclipsing those of France
5. A British Sailor pointing to the eclipse, & leering at a French Politician
trapt by his own schemes.
7. A French Political Schemer beholds the operation with grief and Confusion.
6. An English Saylor encouraged by a Soldier, Squeezes the Gallic Cock
by the Throat & makes him disgorge the French usurpations in America.
8. The English Rose erect, the French Lilly drooping.
11. Cromwells device.
9.A Gang of brave Saylors exulting at the Starving French coopt up.
10. The French overset at the fall of Niagara.
12. A monument due to real Merit.

26 April 2017

Relation de la prise de Niagara, 1759

Extrait d'une lettre de Macarty, commandant au fort de Chartres, à Kerlerec, gouverneur de la Louisiane, le 30 août 1759:
J’aprend par M.rs de Belestre, et girardeau, la defaitte de notre detachement au moment d’entrer dans Niagara. les Anglais au nombre de 2000 i compris des sauvages des cinq feux, leur ayant tendu une embuscade et trahis, par les dittes nations; on a donné dedans[1]. on pretend qu’une lettre Ecritte a M.r Pouchot, commandant, de se tenir prest a abattre les [ponts levis] un tel jour, a été portée a l’anglois qui en consequence s’est retranché sur le passage et envoyé audevant des sauvages, nous faire amitié et assurer que l’anglois, etoit sur la rive opposée. Je ne puis comprendre comme un detachement de 13 a 1400. hommes ait donné dedans avec tant de confiance jusque se faire mettre la bourre dans le ventre; sans doutte qu’on n’avoit point d’avangarde, n’y envoyé des françois a la decouverte, d’un costé et d’autre; de la premiere decharge, la majeure partie des officiers ont pery etant pris en [flanc] et en teste, la surprise a fait faire Volteface a tous ceux qui etoient derriere, la pluspart n’ayant pu faire feu, etant en Colonne sur 12 de hauteur, lors qu’on a été en deroutte il n’a jamais été possible aux officiers qui restoient, de [rallier] le monde; ils ont été poursuivis jusqu’au pied des costes. On Estime la perte du 24. juillet a 344 hommes pris ou tués, duquel nombre sont 17 officiers du canada, aux environs de 200 canadiens ou soldats, 6. de la louisiane, qui sont les S.rs Aubry, Devilliers, Lozy, Desroches, [Devins], Ferrant. Cadets [Desillets], Labarre, deux sergents, deux [caporaux], 30. soldats et 54 habitants, les S.rs berquier Blessé a la hanche et [hemery] demoncharsaux a l’épaule qui vont bien l’un et l’autre; Le reste sont des nations, sauteux, qui ont bien fait, la pluspart de nos nations etant restées derriere, ont été spectateurs, a l’exception des [Cansés/…sés] et petits Osages qui ont donnés, ils n’ont perdus [en ce qu’il] paroit personne; il est a [croire …/craindre] quils n’ayent eu quelques pourparler entre les nations qui nous donnent dans la suitte de la tablatture, si niagara venoit a etre pris. il etoit [detout] assiegé depuis 18 jours on pretend, sans trop assurer la chose, que M.r lacorne avoit pris deux batteaux aux anglais, qui, les reduis où [a manquer], et que, pendant quils etoient occupés du costé de notre detachement, il avoit entré dans niagara. il se repend aussy un bruit, que l’anglais ayant envoyé 100. voiles pour le siege de quebec, la France en avoit envoyé autant pour la defence; J’Espere apprendre bientôt quelque chose de plus positif.



[1] C’est-à-dire, on est tombé dans le piège.

Source:
ANOM, Colonies, C13A 41, F°103-107v. Macarty à Kerlerec. Aux Illinois, le 30 août 1759.

10 April 2016

Le "massacre" de La Belle-Famille

Je suis en train de lire un article sur les prisonniers de la prise de Niagara. Peu de gens savent que cette bataille, du nom de Bataille de La Belle-Famille, a été l'une sinon la plus meurtrière de la guerre de Sept Ans. Pour comparer, je me suis amusé à créer un tableau rapide comparatif avec la bataille des plaines d'Abraham. Ces chiffres ne sont pas absolus, mais donnent une bonne approximation des pourcentages comparés. On parle toujours du fameux massacre de William Henry, mais ça m'étonne que même les contemporains de cette guerre n'ont jamais parlé de massacre dans ce cas-ci... 

Sources: