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La partie de billards, par Jean-Baptiste Chardin, vers 1725.
Musée Carnavalet de Paris.
Source: Wikipaintings |
Le billard se trouve parmi les passe-temps les plus populaires en Nouvelle-France. « En grande vogue en France »
sous Louis XIV, selon Pierre-Georges Roy, « Les anciennes archives judiciaires
de Québec et de Montréal contiennent de nombreuses pièces qui prouvent hors de
tout doute possible que le billard était assez en vogue dans la colonie dès le
milieu du dix-septième siècle. Dès les premières années du dix-huitième
siècle, il y avait des salles de billard publiques à Québec et à
Montréal. » (Roy, p. 244).
C’est le cas d’ailleurs dans le Pays d’en Haut.
Détroit, par exemple, possède au moins un « billard », c’est-à-dire une salle de
billards. Toutefois, des individus peuvent posséder leur propre table aussi, à y croire cette lettre d'un certain Pierre Monbron de Michilimackinac que j'ai trouvée aux archives du Chicago History Museum :
Ma chere anfant
J’espere vous donner encore de nos
nouvelles bientost mais an attandant je profite de celle de Mr Laverandry pour
vous souhaiter une scanté aussi parfaite que la nostre[.] j’ay remit un
certificat a [d’etailly/d’etailles] et comme il est dans le chagrin pour la
perte de son epouse voudray bien vous en charger et tachés de le faire payer sur
qcoy je vous prie de m’envoyer trois ou quatre jeux de Bille de Billard coute
que coute parce que n’a nayant pas cela me foit grand tord et si vous pouvez m’en
envoyer davantage vous me feray encore plus de plaisir vous pranderay nostre
payement et le reste vous pouray vous en servir jusqu’a nouvel ordre vous [m’en]
[obligeray] [fort] si cela [se peu] vous [le] remetray a
Mr Lamagdelaine ou a [guioffon/guiosson] je crois qu’il se feront un plaisir de
san charger
je finis en vous priant de faire nos
compliment a Mr [Guivaud/Guivard] et a [Msd] Rabat et Getant et an attandant le
plaisir de recevoir de nos nouvelles et en ambrassant nostre petite famille de
tout nostre coeur a qui nous souhaitons aussi une parfaite santé nous sommes et
seront toujours
Vostre chere pere et mere Monbron [et
cecile] cousinot
De Michelimakinac ce 20 7bre 1756
Je n'ai pas pu identifier l'auteur de cette lettre, outre l'avoir retrouvé dans les registres paroissiaux du fort. Est-ce que sa commande est pour utilisation personnelle? Ou bien pour la revente au fort? Mystère.
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| Première page de la lettre de Monbron |
Sources et suggestions de lecture :
- Le 20 septembre 1756. Lettre de Pierre Monbron et de son épouse, à Michillimakinac, à leur fille. Chicago History Museum. French America Collection. Box 4. Folder 313.
- BLAIS, Jean-François. 104 Histoires de Nouvelle-France, Épisode 008: Le billard en Nouvelle-France, baladodiffusion, le 24 novembre 2008. Lien.
- MASSICOTTE, E.-Z., «Le jeu de billard sous le régime français», Bulletin de recherches historiques,Vol. XXIII, 1917, pp. 153-154. Lien.
- ROY, Pierre-Georges, «Le billard sous le régime français», dans Petites choses de notre histoire, Vol. III, Lévis, 1919, pp. 242-247. Lien.