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14 December 2021

Carrousel d'images: La destruction des murs de Québec en 1871

Pour leur édition de 2021, les Rendez-vous d'histoire de Québec ont cherché à diversifier les types de présentations virtuelles offerts au public. J'ai eu le plaisir d'être invité à contribuer à leur Carrousel d'images. N'oubliez pas de cliquer sur le lien précédent pour voir d'autres historiens commentant des images!

28 August 2019

Québec néglige son patrimoine

Église Saint-Coeur-de-Marie, quelques jours avant
le début de sa démolition en 2019.

« Ah non, pas un autre crisse de musée. » Voilà les paroles prononcées par un promoteur immobilier alors que nous étions un groupe rassemblé pour discuter l’avenir des Nouvelles-Casernes de Québec. Décidément, mon idée de les transformer en musée de la Nouvelle-France froissait. Pire, je constate que l’histoire et le patrimoine sont devenus gênants pour la ville de Québec en général. Le 21 août 2019, le Globe and Mail publiait un article reconfirmant à nouveau qu’il y a une « vague de destruction » qui s’abat présentement sur le patrimoine architectural de Québec. Je partage le même avis.

La facade du Patro St-Vincent-de-Paul,
détruite en 2010.
Cela fait maintenant onze ans que j’habite à Québec; j’y suis déménagé de l’Ontario justement pour ce que je croyais être à l’époque son amour de l’histoire. Québec est unique non seulement dans la province, mais au monde : rappelons-nous qu’il est classé parmi les sites patrimoniaux de l’UNESCO. Pourtant, depuis la célébration de son 400e anniversaire, j’ai vu ses efforts de conservation s’effriter. On troque l’histoire pour une modernité forcée (le maire Labeaume n’avait-il pas déclaré, après tout, qu’il voulait que Québec devienne le nouveau Montréal?). Les victimes ont été nombreuses et continuent de cumuler. Parmi les exemples les mieux connus se trouvent la façade du Patro St-Vincent-de-Paul détruite en 2010 et cette année, l’église Saint-Cœur-de-Marie, un des plus beaux exemples d’architecture néo-byzantine, quelques mois à peine avant son centenaire. Je rappelle également qu’à Jamestown, lieu de fondation de ce qui deviendra les États-Unis, il n’y a pas un, pas deux, pas trois, mais quatre musées dédiés à ce site historique, alors qu’ici à Québec, nous venons de fermer le Musée de la Place-Royale, qui commémorait le site de la fondation de l’Amérique française. Parlant d’institutions, il semble qu’il faut régulièrement se battre pour avoir accès à nos collections, qu’il s’agisse d’empêcher la fermeture de centres d’archives ou bien le déménagement de nos artefacts dans la région de la capitale fédérale. Enfin, alors que certaines villes comme Schenectady, New York, tentent de renouer avec leur passé architectural en construisant de nouveaux édifices publics qui s’intègrent bien avec la tradition architecturale locale, Québec a une obsession en ce moment avec des projets immobiliers qui s’agencent mal avec le patrimoine du Vieux-Québec (taisons le nom d’un certain bâtiment en vitre dont la construction achève bientôt à la Place d’Youville…).

Le Musée de la Place-Royale, vidée, silencieuse...
Alors que Québec se targue d’être l’Accent d’Amérique, slogan qui « exprime ce qui fait notre singularité, historique et contemporaine, et vise à projeter une image attrayante de la ville. », il faudrait peut-être qu’elle se rappelle ce qui la rend unique et attrayante en premier lieu. Les gens viennent à Québec pour son patrimoine, son histoire, son train de vie. Et pourtant, comme le rappelle l’article du Globe and Mail cette semaine, la ville commence à être victime de son propre succès économique. Il est à se demander si la modernisation de la ville se fait aux dépens de son âme patrimoniale? Je peux déjà témoigner que les fluctuations d’accès au patrimoine archivistique et muséal ont déjà découragé dans le passé plusieurs collègues américains de visiter la ville. Même pour le tourisme en général, c’est donc bien beau d’accueillir des navires de croisière, mais n’oublions pas qu’il faut maintenir leur raison de visiter la ville. C’est ce qu’il y a de sournois avec l’effritement du patrimoine : ça se fait petit à petit et par le temps qu’on le remarque, il est souvent trop tard pour inverser la tendance. Bref, si les promoteurs immobiliers ne se soucient pas de protéger et même de valoriser notre patrimoine, qui le fera? J’encourage donc à mes lecteurs de contacter leur député municipal, provincial et fédéral pour les encourager à non seulement augmenter la protection de notre patrimoine, mais d’encourager sa mise en valeur active.

Et qui sait, peut-être un jour aurais-je enfin mon Musée de la Nouvelle-France…?

20 May 2019

Nouvelle base de données: Fort Ticonderoga

Un nouvel outil pour les chercheurs!

Le fort Ticonderoga, alias le fort Carillon (originalement érigé par les Français en 1755), est aujourd'hui géré par un organisme à but non lucratif. Celui-ci s’occupe non seulement de conserver le site qui est lié à la guerre de Sept Ans et la Révolution américaine, mais cherche également à le mettre en valeur et à promouvoir sa mission éducative. Entre autres, le fort accueille annuellement un colloque portant sur la guerre de Sept Ans au printemps ainsi qu’un autre à l’automne sur la Révolution américaine. Le fort contient également une impressionnante collection d’artéfacts et de documents, dont la plus grande collection privée de canons du 18e siècle au monde.

Sur ce dernier point, l’équipe du fort Ticonderoga a récemment mis en ligne une partie de sa base de données cataloguant ses collections. Cette année, j’ai eu le plaisir d’écouter la directrice des collections, Miranda Peters, nous présenter et expliquer l’utilisation de leur nouveau site internet. Je vous invite à mon tour à le fureter à l’adresse suivante : https://fortticonderoga.pastperfectonline.com/ 

Voici quelques-unes de mes pièces préférées :
Et vous, que trouverez-vous?


A French & Indian War Treasure Discovered

Dean Carlson, the Curator of the Museum of Connecticut History in Hartford, was quoted as having a "cerebral meltdown" when viewing what was uncovered behind a wall in a local old home... and to be honest, so am I! The Hartford Courant published yesterday an article regarding the discovery of an amazing sketch that seems to depict a battle during the Seven Years' War in America, or possibly (though less likely if you ask me) from the American Revolution. You can read the full article here. It isn't known if the art was produced by someone who witnessed the battle or simply by a person illustrating one he heard about.
Though I won't repeat the reporting here, I wish to share details that struck my eye observing this wonderful piece of hidden history. 

The original photo from the Hartford Courant

The use of bows and arrows during the Seven Years Wars was often dismissed
by Historians who believed firearms had long replaced them. Though archival
proof exists proving they were indeed used, this is some of the only
iconography I've ever seen.

A cannon being fired. 

The enemy, both French and Indigenous, represented in black and differentiated
by the French wearing hats.

A victim of arrows.

Working with only two colours, the artist could draw the British
in more detail, with hats, pants and shoes. 


No doubt the British and French commanders, leading with their swords.

I can only hope one day I'll have the chance to take a closer look at this unexpected and wonderful visual representation from the French and Indian War.

14 November 2017

Conférences, édition automne 2017

Ce n'est pas le nord, en tout cas!
La saison des conférences automnales m’a gardé très occupé cette année. J’ai passé une bonne partie du mois d’octobre au Michigan chez de bons amis, entre deux colloques. En tout, j’ai donné trois communications en moins d’un mois.

La rivière Mobile

Marqueur indiquant approximativement où on croyait
se trouvait le premier site de La Mobile

L'archéologue Greg Waselkov nous présentant le chantier archéologique.
Les sillons indiquent l'emplacement des murs des maisons.

Ici se trouvait un des bastions du premier fort de La Mobile

La première fut à La Mobile en Alabama, pour le congrès annuel du Centre pour l’étude du Pays des Illinois. Invité à y participer par l’archéologue Greg Waselkov, j’ai eu l’immense plaisir de découvrir l’ancienne capitale de la Louisiane. La journée du vendredi 6 octobre fut consacrée à la visite de différents sites importants du Régime français dans la région. Pour débuter, nous avons eu le plaisir de visiter le chantier archéologique de la vieille Mobile sur la rivière du même nom. Le site, aussi intéressant et riche en artéfacts soit-il, pose de nombreux défis aux archéologues : son cimetière, par exemple, se trouve sous un marécage qui s’est formé suivant la construction de deux routes sans drainage. C’est d’ailleurs dans ce cimetière où se reposerait Henri de Tonty. N’empêche que le site demeure d’une richesse exceptionnelle pour le patrimoine archéologique du sud des États-Unis.

Le musée d'archéologie de la University of South Alabama.

Malgré sa petite taille, ce musée contient une excellente exposition sur
la présence amérindienne et française à La Mobile.

Greg Waselkov explique les artefacts aux chercheurs présents.

Après, nous avons visité la magnifique University of South Alabama Archaeology Museum. Malgré sa petite taille, il s’agit néanmoins d’un des plus beaux musées dédiés à un site de la Nouvelle-France.

La maison La Pointe-Krebs, la plus vieille maison française encore debout
dans le sud des États-Unis.

Finalement, nous avons eu le privilège d’aller dans l’état voisin, au Mississippi, pour visiter la maison La Pointe-Krebs, sans doute la plus vieille construction française existant toujours dans le bassin du golfe du Mexique. Bien qu’il y ait un doute à savoir si la maison date réellement des années 1750 ou si son bois de construction a été simplement recyclé d’une maison antérieure, son statut patrimonial en demeure intact tout de même.

Cathrine Davis parle au sujet des sceaux de plombs.

Quand on fuit un ouragan, il faut s'approvisionner!
Alors que tous et toutes se plaisaient à visiter ces endroits, on ne pouvait s’empêcher d’être nerveux : on annonçait l’arrivée de l’ouragan Nate pendant la fin de semaine. Dans une tentative de sauver les meubles (le cas de le dire!), nous avons présenté pendant la réception du vendredi soir les conférences qui devaient avoir lieu samedi après-midi. J’y présentais ma recherche sur l’espionnage en Louisiane pendant la guerre de Sept Ans. Le lendemain, nous avons compressé les autres communications en matinée, nous donnant ainsi amplement de temps pour quitter la région. Si l’ouragan, en fin de compte, ne fit que quelques pannes d’électricité (un peu plus de 50 000 habitants) et quelques inondations anticipées, il valait mieux être prévoyant et ne pas tirer le diable par la queue.

Au cas où on oublierait qu'ici, c'est le sud...

Entrée de Mammoth Cave

Des fantômes? Non! Une photo à longue exposition.
(Il fait sombre dans une caverne!)

La cavité à qui on doit le nom de la caverne entière.

Ce qui restait de l'ouragan Nate nous avait rattrapé au Kentucky.

Sur le chemin du retour, j’ai eu l’immense plaisir d’accomplir un rêve d’enfance en visitant le célèbre Mammoth Cave au Kentucky. Le plus long réseau souterrain au monde, cette caverne a toujours frappé mon imaginaire depuis que j’ai écouté avec mon père un documentaire sur les grottes. C’est d’ailleurs l’histoire de cette équipe de spéléologues qui, en 1972, firent la découverte du lien entre la caverne Flint et Mammoth qui m’a toujours hanté en particulier : quelle aventure! Quel courage! Si ma petite visite d’une heure et demie ne se comparaissait pas à leur accomplissement, elle n’était pas moins fascinante. J’ai certainement l’intention de retourner visiter ce parc national à l’avenir.

Cathrine Davis présente sa recherche sur l'artillerie au fort Ticonderoga.
Du 13 au 15 octobre, je me déplaçais pour participer à la 13e édition de la Midwest Historical Archaeology Conference qui avait lieu à la Purdue University à Lafayette, Indiana. C’est avec grand plaisir que j’acceptais l’invitation de l’archéologue Michael Nassaney à venir discuter de mon expérience en tant qu’historien avec des reconstituteurs historiques (Historical reenactors).

J’ai d’ailleurs adoré le format de la conférence. Normalement, dans le déroulement habituel d’un colloque, chaque présentateur donne une communication de 20 minutes avec une période de questions de 20 à 30 minutes à la fin de la séance. Au lieu, nous avions chacun ici 10 minutes pour parler. Après, chaque présentateur s’assoyait à une table et discutait avec les gens qui s’y trouvaient. Après 10 minutes, il y avait une rotation des gens. J’ai trouvé que ce format était plus constructif que celui auquel j’étais habitué. Je craignais d’abord que je me répèterais à chaque table, par peur de sans doute recevoir les mêmes questions. Mais non! Sur les 5 ou 6 rotations, je ne me suis jamais répété. Ce format, selon moi, mène à des discussions plus constructives et enrichissantes que le format traditionnel des colloques.


Le site archéologique du fort Ouiatenon.
Tout près du vrai site du fort Ouiatenon se trouve le "Blockhouse",
une reconstitution anachronique de 1930.
La rivière Wabash, une des routes fluviales les plus importantes sous le
Régime français.
Le clou de la conférence fut la visite du site archéologique du fort Ouiatenon. Bien que le site s’agisse pour l’instant que d’un champ sans vestiges visibles à la surface, la Tippecanoe County Historical Association espère créer un centre d’interprétation. Justement, avant de visiter le site, nous avions eu le plaisir de participer à une séance de remue-méninges en vue de sa construction.

Enfin, du 19 au 21 octobre avait lieu le congrès annuel de l’Institut d’histoire de l’Amérique française à Montréal où je présentais au sujet de l’utilisation du déguisement pour infiltrer et espionner l’ennemi pendant la guerre de Sept Ans. Je suis heureux d’annoncer que ma communication a été bien reçue, et que mon directeur m’encourage d’en faire un chapitre dans ma thèse. On verra!

D’ailleurs, parlant de ma thèse, après trois semaines chargées à courir les conférences, il est maintenant le temps que je m’y remette! À bientôt!

28 April 2017

Sainte-Famille de Cahokia

Écoutez l'archéologue Robert Mazrim parler (en anglais) de l'église Sainte-Famille de Cahokia, la plus vieille église encore debout aux États-Unis. La paroisse a été fondée sous le Régime français. J'ai moi-même eu le plaisir, à deux reprises, de visiter ce précieux vestige du Pays des Illinois dans le Midwest américain.

Site web de Sainte-Famille: http://www.holyfamily1699.org/


Photo: Joseph Gagné, 2013.

25 April 2017

Canon de La Belle

Je viens de découvrir le merveilleux site Sketchfab. Il s'agit d'un dépôt de modèles 3D.  En furetant, on peut parfois trouver des objets en lien avec la Nouvelle-France. Voici un canon retrouvé à bord de l'épave de La Belle, le navire de l'explorateur Cavelier de La Salle. Et vous, que trouverez-vous d'autre?

30 July 2015

Le Griffon retrouvé? Un suivi et une conclusion!

Après mes derniers billets (ici et ici) sur une épave qui serait celle du Griffon, nous avons enfin notre réponse! Il suffit d'écouter le reportage ci-dessous, diffusé le 10 juin dernier (site original ici).

(Si le vidéo ne fonctionne plus, la réponse est : non. Ce n'est pas le Griffon.)

14 February 2015

Suivi: Griffon


Suivi de ce billet, il semblerait que l'état du Michigan songe envoyer des archéologues vérifier l'épave qui serait celle du Griffon de Cavalier de La Salle. Sur l'idendité réelle de l'épave, je demeurre sceptique! Lire: http://www.mlive.com/news/muskegon/index.ssf/2015/02/state_officials_agree_to_arche.html


27 December 2014

Le Griffon retrouvé... encore?


Quelle coïncidence: alors que je suis au Michigan pour les Fêtes, on annonce avoir retrouvé le Griffon, le navire de Cavalier de La Salle. Le hic: ce n'est pas la première fois qu'on le "retrouve". Si vous voulez mon opinion, il s'agit d'un canular, ou tout au plus, d'explorateurs plutôt naïfs. 
Lien ici: 

12 September 2014

Boston Pooper Treasure

I'm a sucker for two things: good archaeology, and good public interpretation of said archaeology. This video has both. This isn't New France-related per say, but it can still apply. I've already followed one or two conference talks on privies and they were some of the most fascinating presentations I've ever attended. Sit back, relax, and enjoy! (no pun intended)