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02 June 2019

La pendaison à Québec post-1763

Aujourd'hui je vous partage un vidéo qui dépasse le cadre temporelle du Régime français mais que je considère tout de même important à écouter. Il s'agit d'une entrevue avec un de mes professeurs préférés, Donald Fyson de l'Université Laval. Je vous invite également à visiter le Morrin Center si vous passez par Québec - ça vaut le détour. Enfin, je vous invite à lire l'article original du Soleil d'où j'ai puisé ce vidéo. Bon visionnement!

08 November 2014

Pas pour les coeurs sensibles...

Voici un court texte de 1760 témoignant la captivité d'un membre des Roger's Rangers qui passe tour à tour entre les mains des Amérindiens et des Français. Néanmoins, je rappelle que certains détails risquent d'être exagérés, vu que les auteurs de ce genre de publications cherchaient le plus souvent à émouvoir, surprendre et même scandaliser. Alors, un peu de scepticisme quand il y a mention d'un prisonnier dont les tripes sont attachées à un arbre alors qu'on le force à courir autour du tronc...
Brown, Thomas. « A Plain Narrativ of the Uncommon Sufferings and Remarkable Deliverance of Thomas Brown, of Charlestown, in New England [...] », dans The Magazine of History, Vol. 1, No. 1-4, New York, William Abbatt, 1908 (1760). pp. 207-221.

25 March 2014

La Corriveau rôde toujours!


La Corriveau : de l'histoire à la légende
Par Catherine Ferland et Dave Corriveau

Éditions du Septentrion

2014

392 p.

Disponible ici.
Un certain jeudi après-midi, je prenais un café avec l’historienne Catherine Ferland, une de mes plus proches amies. Selon ce qu’elle m’a rappelé plus tard, je lui aurai parlé de mon intérêt pour la légende de La Corriveau et du fait que c’était le genre de sujet qui méritait une nouvelle recherche, quitte à devoir moi-même écrire un livre. Malheureusement, en tant qu’étudiant à la maîtrise à l’époque, je n’avais évidemment aucun temps à consacrer à ce projet. N’empêche, nous avons continué de discuter au sujet de l’historiographie et de la légende entourant ce personnage qui, on se le rappelle, avait été encagée en punition du meurtre de son mari en 1763. Et, toujours selon Catherine, c’est notre discussion qui lui a planté l’idée de prendre le relais et d’écrire ce livre d’elle-même, accompagnée de son partenaire, Dave, un Corriveau lui aussi...

Les auteurs avec la présumée cage de la Corriveau
Photo : Joseph Gagné, 2013
Je suis franchement heureux que ça soit eux qui ont se sont donné le devoir de dépoussiérer et de compléter l’histoire de Marie-Josephte Corriveau, dite la Corriveau. Parler de cette dernière prend des auteurs particulièrement habiles : après tout, on peut se perdre dans les méandres de cette histoire avec ses nombreux personnages et les nombreux témoignages conflictuels. Même les historiens les plus aguerris doivent procéder à plusieurs relectures minutieuses d’études précédentes pour bien comprendre le déroulement du procès de Marie-Josephte. Pourtant, avec finesse et élégance, Catherine Ferland et Dave Corriveau ont très bien su relever le défi. Ils dressent justement un portrait clair et précis des événements en évitant le piège de mélanger leurs lecteurs. Ce n’était pas une tâche facile. Je le répète, les faits et les témoignages de l’incident sont compliqués et tordus.

S’aventurant entre une étude historique, ethnologique et anthropologique, les deux auteurs ont pourtant triomphé en produisant ce qui sera probablement à jamais connue comme l’étude définitive sur la Corriveau, son histoire et son influence sur l’imaginaire canadienne-française. Avec sa lecture agréable et naturelle, le livre comprend d’ailleurs une plaisante collection iconographique qui vient complémenter le texte.
Bien que les auteurs et l’éditeur aient cherché à faire paraître ce livre avant la fin de 2013 afin de souligner le 250e anniversaire du destin tragique de Marie-Josephte, la qualité de cet ouvrage compense amplement pour sa sortie « tardive ». Bien qu’à saveur plus scientifique, ce livre saura captiver tant le public savant que général.

Le livre est divisé en deux parties. La première reprend les faits derrière la vraie histoire de la célèbre « meurtrière ». Tout en reprenant l’historiographie scientifique développée depuis la découverte des documents du procès dans les années 1940 (voir ce lien pour les lire), Ferland et Corriveau ont déterré de nouveaux détails importants de cette histoire.

La seconde partie du livre se penche sur la « construction de la légende de la Corriveau ainsi qu’à son singulier retentissement dans la mémoire collective et au niveau patrimonial. » (p. 23) Partant des premiers écrits inspirés par la découverte de la cage vers 1851 jusqu’aux plus récentes incarnations médiatiques de la légende de la Corriveau, Ferland et Corriveau font un ample tour de table qui nous permet de comprendre comment chaque génération à su s’approprier cette légende à sa façon. Évoluant du simple conte à faire peur pour devenir entre autres un symbole féministe et une incarnation d’un peuple en mal de liberté, jamais Marie-Josephte n’aurait cru que son destin serait ainsi revendiqué et imputé à autant de causes…

Notons qu’une telle étude scientifique, qui fait l’analyse rigoureuse de l’histoire de la Corriveau sous tous ses angles objectifs, risquerait de dérober au lecteur une part de l’aura de mystère et de macabre traditionnellement imputée à cette légende… Et pourtant non, d’autant plus que les deux compositions incluses en annexe par les auteurs ne font que réaffirmer que nous avons toujours raison de frissonner à la penser de cette cage accrochée du haut de son support, grinçant dans le vent… ou est-ce plutôt le son d’une lamentation fantôme d’une victime de son temps, nous appelant de l’au-delà?...


19 August 2013

Pilori vs Carcan

Photo: Cathrine Davis 2012

Je fouillais parmi mes vieilles photos des Fêtes de la Nouvelle-France des années passées, lorsque je suis tombé sur celle ci-dessus. Cela m’a fait rappeler que la plupart des gens se trompent entre le carcan et le pilori. Voici deux définitions que j’ai préparées pour un projet personnel (préparées entre autres grâce au Dictionnaire de l'Académie françoise, Quatrième édition, 1762.) :

Pilori
Instrument de punition utilisé pour exposer un criminel à l’humiliation publique. Habituellement composé de planches horizontales avec trois trous qu’on fixe de sorte à immobiliser les mains et la tête du condamné. Souvent confondu avec le Carcan. [Comme l'auteur ci-haut!]

Carcan
Instrument de punition composé d’un anneau de fer, qu’on fixe autour du cou, attaché à un poteau par une chaîne. La mise au carcan peut être accompagnée du port d’un écriteau où est inscrit la nature du délit. La personne châtiée est ainsi exposée à l’humiliation habituellement dans un endroit publique, comme le marché. Souvent confondu avec le Pilori. [Comme ci-dessous]

Carcan. Source: Gallica