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12 November 2021

Historia Nostra: Myth, Memory, and Misconception at the Plains of Abraham

A few weeks ago, I had the great pleasure of hanging out with the amazing historian Erin Isaac, creator of Historia Nostra. If you don't know Erin's work, she is on Facebook (@historianostrayoutube), Twitter (@historia_nostra) and Instagram (@historianostrayoutube). Every month or so, she publishes new videos shedding new light on various topics in colonial history. This time, she invited me to discuss common misconceptions and myths regarding the battle of the Plains of Abraham. You can see the video below, and don't forget to follow Erin's work!

04 May 2021

La signature de Montcalm: une petite anecdote des archives

Lorsqu'on fouille dans les archives, ce n'est pas rare de tomber sur des documents en mauvais état. Les causes sont nombreuses: déchirement accidentel, réactions chimiques, brûlures de chandelle, infiltrations d'eau, champignons, et le plus souvent, tout simplement l'âge du papier. Il arrive même que les coupables soient les premiers archivistes qui, croyant bien faire, ne savaient pas qu'ils abimaient davantage les documents fragiles en y appliquant du ruban gommé (à la longue, la colle finie par brûler le papier chimiquement). Cependant, s'il y a bien une chose qui m'irrite, se sont les mutilations exprès de document. 

Je songe en particulier à la mode des chasseurs d'autographes du 19e et début 20e siècle. Il m'est arrivé plus d'une fois de commander des fonds un document sans description autre que son auteur, constatant avec désarrois à son arrivée qu'il ne s'agissait de rien de plus qu'une simple signature. Découpée d'un document original, il est à craindre que celui-ci a possiblement été jeté à la poubelle une fois la griffe excisée. 

Je vous partage donc une petite découverte alors que je furetais les archives des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec. Il s'agit d'une lettre de Montcalm à l'intention des Sœurs. Bien que sa signature ait été découpée, je vous laisse le plaisir de lire le tout petit commentaire laissé par un illustre inconnu (un archiviste? Un historien frustré? Ou très probablement une religieuse outrée?  Mystère!).

Source: 

Archives du Monastère des Augustines, Fonds Monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, HDQ-F1-G18/14:38. Lettre de Montcalm aux religieuses de l’Hôtel-Dieu de Québec. Le 26 juin 1756. [Lien]

09 April 2019

L'hiver et la guerre de Sept Ans


Les Rogers' Rangers se battent même en hiver

Bon mois d'avril à mon lectorat! Cette tempête de neige tardive m’inspire à vous partager une section qui sera sans doute coupée de ma thèse, mais qui mérite 
tout de même une place ici sans trop d'édition.

L’intensité de l’hiver au Canada vaut à ce dernier la célèbre réputation de n’être que « quelques arpents de neige ». Après tout, comme le rappellent Colin Coates et Dagomar Degroot « La Nouvelle-France, selon les Français, ne devait pas être aussi froide. Située à la même latitude que Paris (presque 49° N), la colonie aurait dû bénéficier en principe d’un climat relativement similaire[i]. » Même si l’hiver au xviiie siècle s’avère plus doux que le siècle précédent[ii], la réputation en demeure intacte.

Habitant, vers 1780
Musée royale de l'Ontario
En réalité, la température varie tout de même de région en région en Nouvelle-France, une colonie qui s’étire sur près d’un tiers du continent. N’empêche que le froid intense du Saint-Laurent pose un désavantage face aux voisins britanniques qui ont plusieurs ports sans glace à l’année longue. Comme le décrit Bougainville, « Les Anglais ont l’hiver un mois plus tard et le printemps un mois plus tôt que nous[iii]. » Au fort Duquesne, en plein milieu de la région contestée par les deux couronnes à la fin du Régime français, le climat y est « doux et tempéré; le mois de janvier seul est froid[iv] ». Toutefois, comme le Mississippi, l’Ohio est une rivière qui risque de déborder au printemps, parfois l’automne. J.C.B. (Joseph-Charles Bonin) témoigne qu’en 1757, « l’eau monta vingt cinq pieds au dessus de son lit ordinaire, de sorte qu’elle se trouva être de cinq pieds sur la berge ou terrain où est établi le fort Duquesne[v] ». Ainsi, à chaque région suffit sa peine liée aux saisons…

Bougainville va commenter à plusieurs reprises sur les dangers de l’hiver[vi].
L’hiver en Canada.— L’hiver est toujours très rude en Canada, le froid y est cependant toujours beau et fort sec, pourvu qu’il n’y ait pas de vent de nord-est, qui produit toujours de la neige l’hiver et de la pluie le printemps. Il est aisé de juger de la rigueur de la saison quand on songe que le fleuve Saint-Laurent prend tous les hivers, à pouvoir le traverser en voiture, et la navigation qui cesse d’être libre à la fin de novembre, ne recommence, pour l’ordinaire, que vers le 20 avril ; une année même la rivière était encore prise, vis-à-vis de Québec, au 3 mai. Cet hiver a été un des plus rudes. Le thermomètre a été jusqu’à 26 degrés et demi, et pendant les mois de décembre, janvier et février presque toujours de 12 à 20 ; on ne peut ensemencer les terres qu’à la fonte des neiges, dans le mois de mai ; cependant la récolte, qui, pour l’ordinaire est abondante, se fait à la fin d’aoust.[vii]
Si on peut sourire en lisant Bougainville dépassé par « le plaisir des femmes de ce pays d’aller en carriole l’hyver sur les neiges, ou sur les glaces dans des tems où il semble qu’on ne devrait pas même sortir par nécessité[viii] », l’hiver présente tout de même un réel danger pour quiconque se fait surprendre par une tempête. Même si Bougainville déteste le froid[ix] (rappelons non sans ironie qu’une île tropicale portera son nom!), sa description des dangers de l’hiver canadien est juste :
La poudrerie est une neige extrêmement fine qui, tombant du ciel et se joignant à celle que le vent enlève des toits et des chemins, vous enveloppe, aveugle et égare l’homme qui connaît le mieux la route. Quand on est surpris dans les champs par cette poudrerie, l’on peut se regarder comme étant dans un vrai danger. On a des exemples de gens qui, la nuit, à cent pas des maisons, ont péri sans pouvoir les gagner.[x]
Même tôt dans la saison, la neige peut empêcher l’accomplissement de missions d’observations, comme est le cas de l’officier Langy en 1756 alors qu’il est envoyé par le chevalier de Lévis espionner les environs du fort William-Henry. Sans oublier que ces mêmes opérations d’observation hivernales ne peuvent plus compter sur le même nombre d’homme qu’en été pour leur venir en aide au besoin; on réduit les garnisons des forts alors que le gros des troupes retourne hiverner dans la Vallée du Saint-Laurent[xi]. De plus, bien qu’idéalement tous les soldats doivent recevoir une paire de raquettes[xii], ils n’en possèdent pas tous[xiii].

L’hiver n’a pas que des désavantages, toutefois : par exemple, il sert à la construction de bateaux. En 1752, cinq charpentiers et deux « sçieurs » sont envoyés au fort Niagara pour y construire (avec l’aide du forgeron déjà sur place) 15 embarcations[xiv]. Plusieurs charrons sont également envoyés pour « faire faire bonne provision de roües et de Charettes[xv] ». D’autre part, les ponts de glace relient plus facilement les deux berges du fleuve. On se sert également de traînes, fournies par l’armée au besoin, pour mener les provisions à bien[xvi]. Si l’hiver semble à première vue compliquer la communication par le tempérament du climat, il peut toutefois la faciliter en plusieurs instances. C’est plutôt la période de transition qui est plus difficile. L’approche des fontes, par exemple, attire la méfiance des gens. En hiver, le déplacement en cheval ne se fait que si la glace est belle. Toutefois, en mars 1757, un détachement qui doit rejoindre le lac Champlain à partir du fort Saint-Jean se voit obligé de renvoyer ses chevaux et ses chiens de traîne puisque le dégel s’est avancé[xvii].

Le témoignage de Mme Bégon nous ouvre une brèche sur les déplacements d’hiver en temps de paix et de la température qui peut changer soudainement. Le 26 décembre 1748, elle écrit : « je suis tout étourdie du temps qu’il fait. Je me suis couchée hier avec une pluie très douce et ce matin, il poudre, neige et fait un froid et une poudrerie comme je n’en ai jamais vu et nous avons eu bien de la peine à aller, les uns après les autres, à la messe, y ayant dans les rues de la neige jusqu’au ventre des chevaux[xviii]. » Le mois suivant, elle soulève le ralentissement ressenti du train train social causé par la saison : « On est ici très tranquille et il y a apparence qu’on l’est autant à Québec, car il n’en vient personne. Je crois que le froid leur fait peur[xix]. »

Toujours est-il que l’hiver facilite le transport sur les rivières glacées; la population, donc, ne reste pas docile longtemps face au froid. En février 1749, Mme Bégon note : « Comme la rivière est prise et assez belle pour venir de près de Québec, ici sur les glaces, nous voyons de nos fenêtres toutes les traînes et carrioles passer[xx]. » À son grand dam, la multitude de passants la gêne : « Les carrioles ont marché une partie de la nuit et à grand bruit, par la pluie qu’il y a eu la gelée, qui rend les chemins très durs, mais quand la jeunesse est en goût, rien ne la distrait. [...] Voici enfin le dernier jour [...] où l’on fera tout ce qu’il faut pour se faire mourir. Je suis si ennuyée d’entendre passer jour et nuit des carrioles qui m’empêchent de dormir que je voudrais être au carême.[xxi] » Au mois de mars de la même année, le beau temps menace de mettre fin rapidement à ces déplacements à cause de la fonte des glaces.

Malgré l’hiver, les opérations militaires continuent. Comme le rapporte Bonin pour le début de 1754, l’état-major organise une levée d’hommes totalisant 500 « tant troupe que milice ». Le déplacement entre Québec et Montréal prend 11 jours par voie terrestre. De Montréal, en plein mois de février, le groupe se déplace toujours à pied, chaque homme portant derrière lui une traîne (ou traîneau), « étant souvent obligé de passer des rivières dans l’eau en dérangeant les glaces trop faibles pour se hasarder à passer dessus, ce qu’il fallait faire en se déshabillant et portant ses hardes sur la tète et après être passé, se réhabiller bien vite et courir pour s’échauffer, ce qui arrivait quelque fois trois fois dans une journée. » J.C.B. continu sa description en spécifiant qu’à l’arrivée sur le lac Ontario, la glace permet à « ceux qui [savent] patiner [de] conduire sept à huit traînes, à la file les unes des autres, avec les hommes dessus en faisant de cette manière jusqu’à vingt lieues ». Ainsi rejoignent-ils la baie de Toronto d’où l’utilisation de bateaux sur l’eau complète le déplacement jusqu’au fort Niagara[xxii]. En fait, à lire les rapports, une expédition hivernale sans incident vaut la peine d’être mentionnée, comme le fait le gouverneur Duquesne en mars 1753 au sujet d’un parti rejoignant le village de la Présentation : « ce Qui m’a infiniment plû […] c’est qu’il n’a pas un Seul malade Evenement que j’avois a craindre […] par l’inhabitude de faire marcher une trouppe dans la plus rigoureuse Saison[xxiii]. »
En hiver, les chiens de traîne sont particulièrement utiles.
Source : CLUNY, Alexander. The American Traveller […]. Londres, E.
and C. Dilly,…, and J. Almon…, 1769. Frontispice.

Le témoignage de J.C.B. indique que la possession d’un chien pouvait être tolérée par l’armée. Bien au-delà qu’un simple animal de compagnie, dans les conditions parfaites, l’animal peut servir comme bête de traîne sur la neige, portant parfois même son maître derrière lui[xxiv].
Montcalm note dans son journal au sujet des chiens :
Les officiers qui seront les plus heureux seront ceux qui auront le moins cherché leurs commodités et qui, pour n’avoir pas la peine de traîner eux-mêmes, n’ont pris que des gros chiens au lieu de chevaux, qui sont accoutumés à traîner jusqu’à cent cinquante ou deux cents [livres]. Le Roi en passe ordinairement un à chaque officier et le lui paye trente livres; et lorsqu’il doit y avoir des partis d’hiver, ces sortes de chiens deviennent hors de prix, comme les cheveux chez les maquignons. Il s’en est vendu jusqu’à soixante et quatre-vingt livres pièce; et, comme dans cette occasion on agit à l’envie des uns des autres, il a tel officier qui a acheté jusqu’à six chiens.[xxv]
Au sujet de la traîne, J.C.B. écrit:
La traine est une planche mince de la longueur depuis six jusqu’à neuf pieds, sur douze à quinze pouces de largeur, elle est recourbée par un bout en demi cercle nommé chaperon et auquel on attache une courroie nommée collier, faite de corde de bois de bouleau de la longueur d’environ trois brasses et dont le milieu a une largeur d’environ trois à quatre pouces, sur une longueur de seize à dix huit pouces. Ce collier sert encore à porter une charge et sa largeur du milieu s’appuie sur le front ou en travers sur la poitrine et les épaules quelques fois en écharpe. La traine a dans sa longueur et sur les bords des nerfs en peau d’animaux dans lesquels passent une corde en façon de lacet pour contenir les effets dont on charge la traîne. On peut faire de cette manière deux ou trois cents lieues, tant sur la neige que sur la glace.[xxvi]
Marcher en hiver est une activité hasardeuse. Les pieds gelés ne sont pas rares. Comment éviter que cela ne se produise? Pouchot indique qu’on s’inspire des Autochtones :
Dans leurs voyages, les Sauvages se précautionnent contre le froid; leurs souliers, quoique d’une simple peau passée, sont fort chauds, parce que la neige est si seche qu’elle ne donne point d’humidité. Ils s’enveloppent les pieds avec des morceaux de couverte, et les côtés du soulier forment un brodequin qui empêche la neige d’y entrer : les pieds geleraient avec des souliers européens, ce que plusieurs ont malheureusement éprouvé.[xxvii]
Encore une fois, c’est un défi que de chercher à anticiper l’arrivée et la fin de l’hiver. Le début des neiges varie d’année en année. Par exemple, en 1757, les gens se déplacent en carriole dès le 3 novembre[xxviii]. L’année suivante, une première petite neige couvre le sol le 4 octobre[xxix]. Il faut aussi se méfier de se faire surprendre par le gèle et rester pris dans la glace. Bougainville écrit en novembre 1758 : « Les bateaux arrivent l’un après l’autre, plusieurs restent pris dans les bancs et les hommes viennent par terre. On en sait déjà cinq morts de froid et on en amène tous les jours qui sont gelés. On est fort inquiet de 3 bateaux qu’on a vus dans le lac Saint-François pris dans les glaces et qu’on paraissait essayer vainement de secourir.[xxx] »

J.C.B. est d’ailleurs un témoin direct de cette difficile réalité. Ayant quitté le fort Duquesne le 22 octobre 1758 pour s’en retourner à Québec, lui et ses compagnons de route sont arrêtés le 12 novembre par le froid et un « vent de nord […] violent ». Leur bateau est rapidement paralysé par les glaces du lac Saint-François : « nous restâmes une bonne heure dans cette situation, pendant laquelle neuf d’entre nous eurent les pieds gelés ». Jugeant la glace devenue assez solide après de laps de temps, le groupe rejoint la terre à deux arpents de leur emplacement, non sans se méfier de la minceur de la glace à certains endroits. « Ce trajet eut lieu vers minuit, nous traînâmes nos neuf gelés, sans autre secours à attendre que de notre courage, nous n’en étions pas moins transis de froid en arrivant à terre où nous ne fûmes pas plus tôt que nous coupâmes du bois pour faire un bon feu qui nous réchauffa nous et nos gelés le reste de la nuit[xxxi]. »

Une fois le jour arrivé, le froid n’est plus le seul danger qui guette : le groupe risque de manquer de nourriture avant son arrivée à Québec, n’ayant apporté des vivres que pour la durée d’un trajet plus rapide par la voie fluviale et non un voyage terrestre d’autant plus ralenti par la présence « d’estropiés ». La décision est prise d’envoyer trois hommes rejoindre un village abénaquis (sans doute le village de Saint-François-du-Lac) pour chercher de l’aide. En moins de trois jours, un parti revient avec des vivres et de quoi fabriquer
[…] des brancards pour porter nos blessés qui le furent tour à tour par les Français et les sauvages jusqu’à leur village où nous restâmes cinq jours, après lesquels les Abénaquis nous firent embarquer dans leurs canots et nous conduisirent par les rapides jusqu’à Montréal où nous arrivâmes le 24 du même mois; nos gelés furent aussitôt transportés à l’hôpital où on fut obligé de couper les pieds à cinq d’entre eux, deux moururent à la suite de l’opération.[xxxii]
Bien entendu, les mésaventures de la sorte existent à l’inverse aussi, où la glace fondante menace les voyageurs sur sa surface[xxxiii]. La transition entre saisons est rapide, comme note Montcalm :
[…] on passe dans ce climat très vite de l’hiver à l’été; on n’y connaît pas le printemps. Les vents du nord peuvent nous donner quelques petits froids d’ici au 15 mai; les chaleurs de juillet, août, partie de septembre seront insupportables. Le thermomètre est souvent comme dans le royaume de Naple.[xxxiv]
Bref, si le changement climatique augmente récemment les variations étrange de notre météo d’année en année, il faut se dire que notre étonnement, quant à lui, ne date pas d’hier!
Bon printemps!




[i] Colin Coates et Dagomar Degroot, « “Les bois engendrent les frimas et les gelées” : comprendre le climat en Nouvelle-France », Revue d’histoire de l’Amérique française, Vol. 68, No. 3‑4 (2015),, p. 198.
[ii] Coates et Degroot, « “Les bois engendrent…” », p. 206.
[iii] Louis-Antoine de Bougainville, Écrits sur le Canada, Québec, Septentrion, 2003, p. 148.
[iv] J.C.B. (Édité par l’abbé H.R. Casgrain), Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale fait depuis l’an 1751 à 1761 par J.C.B., Québec, Imprimerie Léger Rousseau, 1887, p. 149.
[v] J.C.B., Voyage au Canada…, p. 157.
[vi] Au sujet d’un épisode particulièrement inquiétant, voir : Bougainville, Écrits sur le Canada, pp. 328-329.
[vii] Bougainville, Écrits sur le Canada, pp. 78-79.
[viii] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 159.
[ix] Il continue de se plaindre le 11 janvier 1757 : « Les chemins sont presque impraticables, les voitures ne ferment point, c’est un supplice de s’exposer à l’air. » Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 162.
[x] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 160.
[xi] Par exemple, à l’hiver 1756, la garnison du fort Carillon est composée de 315 hommes. François-Gaston de Lévis (Édité par Robert Léger), Le journal du Chevalier de Lévis, Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2008, p. 58.
[xii] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 168.
[xiii] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 164.
[xiv] Varin à Contrecœur. À Montréal, le 3 octobre 1752, dans Fernand Grenier (dir.), Papiers Contrecœur et autres documents concernant le conflit anglo-français sur l’Ohio de 1745 à 1756. Vol. 1, Québec, Presses de l’Université Laval, 1952, p. 13 et Varin à Contrecœur. À Québec, le 4 octobre 1752, dans Grenier (dir.), Papiers Contrecœur..., p. 14. Il est intéressant de noter entre ces deux lettres que Varin écrit être à Québec un jour après avoir écrit une lettre de Montréal. Il est à se demander s’il s’agit d’un lapsus, ou d’une lettre écrite en chemin entre les deux villes.
[xv] Varin à Contrecœur. À Québec, le 17 octobre 1752, dans Grenier (dir.), Papiers Contrecœur..., pp. 15-16.
[xvi] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 164 et Louis-Joseph de Montcalm (Édité par Robert Léger), Le journal du Marquis de Montcalm, Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2007, p. 142.
[xvii] Bougainville, Écrits sur le Canada, pp. 168-169
[xviii] Élisabeth Bégon, Lettres au cher fils. Montréal, Boréal, 1994, p. 76.
[xix] Bégon, Lettres au cher fils, pp. 90-91.
[xx] Bégon, Lettres au cher fils, p. 104.
[xxi] Bégon, Lettres au cher fils, p. 113 et p. 115.
[xxii] J.C.B., Voyage au Canada…, pp. 94-95.
[xxiii] Duquesne à Contrecœur. À Montréal, le 7 mars 1753, dans Grenier (dir.), Papiers Contrecœur..., p. 23.
[xxiv] Il est triste de noter que J.C.B. est contraint d’abandonner son fidèle compagnon, perdu en pourchassant la piste d’un chevreuil, alors que son convoi reprend la route. Somme quoi, l’armée n’attend pour personne. J.C.B., Voyage au Canada…, p. 97.
[xxv] Montcalm, Le journal du Marquis de Montcalm, p. 146.
[xxvi] J.C.B., Voyage au Canada…, p. 76.
[xxvii] Pouchot, Mémoires..., p. 281.
[xxviii] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 248.
[xxix] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 321.
[xxx] Bougainville, Écrits sur le Canada, p. 328.
[xxxi] J.C.B., Voyage au Canada…, p. 168.
[xxxii] J.C.B., Voyage au Canada…, p. 168.
[xxxiii] Voir un exemple dans Pouchot, Mémoires..., pp. 87-88.
[xxxiv] Montcalm, Le journal du Marquis de Montcalm, p. 164.

11 March 2019

18 February 2019

L'espion Quinton Kennedy



Ceux qui ne sont pas historiens ne réalisent pas toujours le travaille qui se cache derrière les écrits des professionnels. Parfois, un seul paragraphe est le fruit de plusieurs jours de recherche. Récemment, alors que je tentais de démêler les événements liés à la capture de l'espion Quinton Kennedy en 1759, j'ai compilé toutes les sources à ma disposition en ordre chronologique afin d'en distiller l'essentiel. Plutôt que de supprimer mon travail de compilation ou de le mettre de côté et oublié, je vous le partage afin de vous laisser vous amuser à votre tour à suivre cette histoire selon les témoins contemporains.
(En passant, ces textes ne sont pas nécessairement au propre puisqu'il s'agit souvent d'extraits copiés directement d'un fichier passé à l'OCR.). 


3 août 1759

Camp of Pointe à la Chevelure
Copy of translation of instructions from H. E. Jeffery Amherst, major general and commander-in-chief, to Captain Quinton Kennedy, of the 17th regiment. He is to go to the villages of the Eastern Indians. Will tell the chiefs that he is marching upon Canada to bring it under the dominion of his king. That he offers them his friendship on condition of their absolute neutrality ; that he does not ask them for any assistance, having an army strong enough to subdue the French, and themselves too, in case of necessity. If their answer is favorable, he is to go to Quebec to inform Major General Wolfe of the fact,' after which he is to return to him, Amherst. (With M. de Vaudreuil's letter of 5 Oct., 1759.) Folio 328, 2 pages.
Richard, E. Supplement to Dr. Brymner’s Report on Canadian Archives by Mr. Edouard Richard 1899. Ottawa, S. E. Dawsom, 1901. p. 179 [ En ligne : http://dx.doi.org/10.14288/1.0308147 ] Consulté le 12 février 2019.


8 août 1759

Kennedy of late Forber’s offered to go through the Country a much nearer way to the River St. Lawrence […]
Extracts from Amhert’s letter to Pitt dated Camp of Crown point October 22d. 1759, dans Doughty et Parmelee (dir.), The siege of Quebec… Sixth Volume, p. 43.

As it is of consequence that I should hear from Gen Wolfe as well as he should likewise hear from me I concluded to send Capt Kennedy with Lt Hamilton, Capt Jacobs, and four Indians to go through the settlements of the Eastern Indians with a proposal from me & take their answer to Mr Wolfe whom I have directed to treat them accordingly.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 153.

Joint à la Lettre de M. de Vaudreuil du 5 8bre 1759.
Aussitôt les présentes reçuës et ainsi que vous en avés déjà reçu mes ordres, vous partirés pour vous rendre aux villages des Sauvages de l’Est; et lorsque vous y serés arrivés vous demanderés à parler aux chefs à qui vous dirés de ma part que je suis en marche avec mon armée pour me rendre en Canada, dans le dessein de reduire ce pays sous l’obéissance de S.M. mais que pour marquer les bonnes dispoisitions où je suis pour ces Sauvages et avant que j’entre dans leurs habitations, je vous envoye vers eux pour leur offrir mon amitié, aux conditions qu’ils demeureront neutres et qu’ils ne se joindront point avec aucuns des ennemis de S.M. ni ne se meleront dans aucun acte d’hostilité contre son armée ou contre aucun de ses sujets, dans lequel cas, comme je ne suis pas venu avec les intentions de les déposséder ne de les incommoder je protégerai et défendrai leurs personnes et leurs biens et je leur en assurerai la paisible possession, que je ne demande ni leur secours ni leur assistance dont je n’ai nul besoin, l’armée qui est sosu mes ordres étant plus que suffisante et forte pour réduire non seuelement les français, mais les Sauvages mêmes s’ils n’acceptoient pas mon amitié que je leur offre actuellement; vous insisterés donc pour qu’ils vous donnent une réponce immédiate, et je ne doute pas qu’il ne consultent leur interêt et qu’ils n’acceptent avec joye et avec sincerité les propositions d’amitié que vous leur ferés de ma part; lorsque vous aurés reçu leur réponce vous irés rejoindre le Major Général Wolfe à Québec et vous lui dirés que je lui ordonne de regarder ces Sauvages de l’Est comme nos amis et nos aliés et qu’il aye soin que les engagnement que j’aurai pris avec eux soient ponctuellement exécutés après quoi vous reviendrés auprès de moi sans délai me rendre compte de la négociation que je vous confie.
Donné au Camp à la pointe à la Chevelure [Crown Point] le 8 aoust 1759
Signé Jeff. Amhesrt.
BAC, Archives des Colonies, MG 1, Série F3, Collection Moreau de Saint-Méry, Vol. 15, partie 2, F°486-488. C-10528. Copie de la traduction de l’Instruction de M. Kennedy cap.ne anglais. De Par […] Jeffery Amherst […], 8 août 1759, jointe à la lettre de M. de Vaudreuil du 5 octobre 1759. [ En ligne : http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_mikan_100163 ] Consulté le 13 février 2019.

11 août 1759

At one o’clock ten men of the Scouting Party of Rangers I had sent under the command of Ensign Wilson to go half to the Right of the Lake & half to the Left to St. Johns, returned with a note from Capt Kennedy that Wilson thought his Party too large so sent these back & to inform me that he saw a Brigantine, a Schooner, and a topsail sloop of the Enemys and about 12 boats that they put in from the Vessels, as he supposed, on discovering his Party, that he got to the eastern side below Corliers Rock from whence he saw the Vessels at Anchor & thinks they have not seen his Party as sent no boats to the Island where he was when he supposed himself discovered.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 154.

19 août 1759

Ensign Wilson returned with his Party of Rangers from St. Johns. Said two of his men who had been Prisoners at St. Johns had been within two miles of it, could not get nearer to it as they heard a great yelling of Indians & were amongst them. There is very little to be depended on all they say as they generally make out a story to come back with, & they came back ignorant of everything this time except that Capt Kennedy parted with them up Mischiscoy Bay, & as they came back they saw three of the Enemys Vessels lying at the same Place as before. Two of Gages light Infantry deserted last night.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, pp. 158-159.

25 août 1759

« Quatre sauvages Loups, servant de guides à trois officiers anglais de l’armée du général Amherst, qui avaient assé par la baie de Missiscoui, ont étésurpris par des Abénaquis et conduits u village de Satin-François. Le P. Riverain, jésuite, a envoyé chercher du monde aux Trois-Rivières, qui a conduit le tout à bord de M. Canon, qui les a mis aux fers, procédé for tsimple puisque les officiers étaient déguisés et porteurs de lettres. Elles sont toutes d’officiers particuliers qui se félicitent du succès de leurs armes. Les fidèles Abénaquis ont résisté aux offres d’argent et de colliers. Ces officiers étaient chargés de traiter avec les sauvages, et leur instruction enjoignait à M. Wolfe de ratifier ce qui aurait été arrêté, ainsi que les arrangements qui lui seraient proposés verbalement. Les letres interceptées sont datées du 8 de ce mois. Il faut en conclure que ce chemin est fort difficile. M. Le marquis de Montcalm n’en a pas moins averti M. de Bourlamaque, afin qu’il prît et renouvelât des précautions. Les Abénaquis seront récompensés. Aucune des lettres ne parle des rapides, ce qui fait bien augurer pour cette partie. » 
Montcalm, Le journal du Marquis de Montcalm, p. 487.

25 août 1759

3 sauvages loups et 2 officiers anglois venant aporter des lettres du général Amerst au général Hwolf ont été pris par des sauvages abénakis, qui les ont amenés à bord de l’Atalente commandée par M. Vauquelin qui est audessus de Richelieu. Ces lettres ont été envoyées à M. de Vaudreuil; on dit que ce général écry à celui d’icy qu’il ne voit pas d’aparence qu’il puisse forcer l’Isle aux Noix et que par conséquent il ne devoit point compter sur la jonction des deux armées.
AnonymeJournal du siège de Québec…, pp. 121-122.

26 août 1759

« Les ennemis construisent une barque de dix-huit canons et deux bateaux plats de quatre pièces de 24 sur le lac Champlain. Leurs préparatifs faits, ils agiront. C’est le rapport de trois déserteurs qui arrivaient à M. de Bourlamaque et qui lui apprenaient en même temps que le capitaine Kennedy était parti sous une escorte de Loups pour apporter des nouvelles du général Amherst à M. Wolfe. C’est le même qui a été pris par les Abénaquis du village de Saint-François. »
Montcalm, Le journal du Marquis de Montcalm, p. 488.

Nos Abénaquis ont donné une grande preuve de leur fidélité ils ont arrêté sept Loups qui guidoient et escortoient deux officiers anglois détachés par le général Amherst. Ils sont tous actuellement aux fers à bord de la frégate du sieur Canon. Suivant les instructions de ces officiers, ils devoient haranguer et porter les Abénaquis à la neutralité du reste ils devoient pénétrer jusqu’au général Wolfe et revenir sur leurs pas pour rejoindre le général Amherst. Il paroît que cette instruction n.étoit qu.un honnête prétexte car, à la vue de nos Abénaquis qu.ils ont rencontrés dans les bois, ils ont fui. Il n.est point d.instance qu.ils n.aient faite et de somme d.argent qu.ils ne leur aient offerte, pour les engager à les mettre en lieu de joindre le général Wolfe mais ils ont été incorruptibles. Vous jugez bien, Monsieur, que je leur donnerai beaucoup au delà de la somme qu.ils ont refusée. Parmi les papiers qui ont été trouvés sur ces officiers, il n.y a pas une seule lettre du général Amherst. Il y en a plusieurs écrites par des officiers, dont une rapporte fort exactement l.affaire de Niagara, l.évacuation de Carillon et de Saint-Fréderic. L.officier qui l.écrit paroît très éclairé; il dit qu.il n.est pas bien décidé si le général Amherst avancera pour nous attaquer au fort Saint-Jean, ce qui donne tout lieu de présumer qu.il ignore le poste que nous occupons àl.Ile-aux-Noix. Il ajoute que ces mouvements dépendent des succès que le général Wolfe aura. Il faut espérer qu.ils ne l.induiront qu.à faire sa retraite. Cependant mon frère m.écrit que trois déserteurs, arrivés à M. de Bourlamaque, lui ont rapporté que les Anglois construisoient à Saint-Frédéric une barque de quatorze à quinze canons et deux bâtiments plats qui porteront chacun quatre canons de 24, et d.après cela on conclut qu.il ne tardera pas d.être attaqué. Vous aurez été à même de questionner ces déserteurs. Aucune des lettres dont ces deux officiers étoient porteurs ne parle en aucune façon des Rapides. Il seroit bien à souhaiter que les Anglois n.eussent point de vues de ce côté-là en tout cas, je n.ai aucune inquiétude, me reposant entièrement sur les arrangements que vous aurez pris.
Vaudreuil à Lévis. Au quatrier général, le 26 août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres du marquis de Vaudreuil…, pp. 89-90.

Vous devez savoir à présent que les Abénaquis de Saint-François nous ont mené sept Loups et deux officiers anglois qui vouloient percer à l’armée de Wolfe. Vous pensez bien que les instructions secrètes de M. Amherst n’ont été données que verbalement à ces officiers aussi, ne leur a-t-on pris qu’une instruction de M. Amherst pour engager les Abénaquis d’être tranquilles qu’il seroit leur protecteur dans ce pays-ci, et autres verbiages. On n’a donc trouvé que deux boîtes de fer-blanc, où il y avoit des lettres de plusieurs officiers de l’armée de M. Amherst à des colonels et autres officiers de celle de M. Wolfe. Il paroît par ces lettres que l’armée de M. Amherst pense que nous sommes retirés à Saint-Jean, où vrai- semblablement, disent-ils, nous les attendrons; qu’on ignore encore si cette armée poursuivra que cela dépendra du succès de M. Wolfe. D’autres lettres disent qu’on croit M. Wolfe paisible possesseur de Québec, et que les officiers des deux armées boiront de bon vin françois ensemble à Montréal sous peu de temps. Mais il paroît par les lettres qu’on ignoroit le 8 de ce mois à l’armée d’Amherst notre position à l’Ile-aux- Noix il n’en est fait’nulle mention, non plus que des Rapides, comme si cette route n’existoit pas. Ils parlent néanmoins beaucoup de Niagara, dont ils font le détail comme d’une grande victoire, ayant totalement défait quinze cents hommes qui venoient pour secourir la place.
Bigot à Lévis. Le 26 août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres de l'intendant Bigot…, pp. 49-50.

Sans date, août 1759

« Votre Excellence en jugera en apprenant ma surprise d’avoir trouvé deux émissaires en la personne du capitaine Kennedy et du lieutenant Hamiltôn. Votre Excellence ne peut disconvenir que, suivant les lois de la guerre, les circonstances de la mission de ces deux officiers les mettoient dans le cas de n’être pas considérés comme tels par nous. Mais que Votre Excellence se rassure sur la générosité inséparable de nos nations. Ils seront gardés avec l’exactitude qu’exige de s’être chargés de pareille commission mais ils seront renvoyés lors de l’échange avec tous les autres prisonniers. »
Amherst à Vaudreuil. Août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, pp. 255-256.

31 août 1759

A French regular deserted, this morning, across the rivulet of Montmorencie; he confirms the intelligence we received before, respecting the great success of he army, under the Commander in chief, and of the corps under the late Brigadier Prideaux; he adds that two Officers, and four Mohawk Indians, who were coming express from General Amherst to this army, were taken by the enemy near Les Trois Rivières. [Note: Tow of these Mohawks were roasted to death by the French at Trois Rivieres, in presence of the other two, who were scalped alive, carried to Montreal, and hanged in chains; the Officers, I have been informed, were put in irons, and otherwise very rigorously treated.
Knox, An Historical Journal… Vol. 2, pp. 36-37.

Les Abénaquis de Saint-François ont arrêté le 24 de ce mois deux officiers anglois et sept Loups, qui leur ont présenté des paroles de la part du général Amherst pour rester sur leurs nattes. Mais le principal objet de la mission de ces officiers étoit de porter des lettres de M. Amherst au général Wolfe. On n’a pas pu avoir ces lettres les officiers ainsi que les sauvages, à ce que l’on dit, se voyant arrêtés, ont mangé leurs lettres.
M. de Rigaud à Lévis. À Montréal, le 31 août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres des divers particuliers…, p. 46.

10 septembre 1759

I rowed round the bay on the west of the Fort and to the ends of the Roads that are terminated by the bay. At my return I found a Flag of Truce was come from Mons Burlemaque by a Capt of La Reine whom Capt Osborne who was out with the Guard boat had stoped 9 miles off & sent me the Letters. One from Mons Montcalm of no date, acquainting me that Capt Kennedy and Hamilton were Prisoners & talking of the Exchange of Prisoners, an Excuse to send to see what we are about and to send several Letters to their officers who are Prisoners; a Letter from Bougainville to Capt Abercromby dated the 30th August at Quebec so that the Town was not taken then.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 167.

10 septembre 1759

« A l’égard du capitaine Kennedy et du lieutenant Hamilton, je m’attends bien que Votre Excellence me les renverra, puisqu’elle ne peut les regarder que comme prisonniers de guerre. »
Amherst à Montcalm. Du camp de Crown-Point, le 10 septembre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, p. 258.

10 septembre 1759

The Captain of the Guard boats sent me some letters, he had stopped Captain d’Isserat of the Regt. de la Reine nine miles off who was very unwilling to part with his despatches without delivering them to himself at Crown Point, contained a letter from Mons. de Montcalm not dated, acquainting me Capt. Kenney ? Lt. Hamilton were prisonners, I answered the letters & sent an Aid de Camp to sift out in what manner Capt. Kenney was taken whether in going to M. General Wolfe or in returning.
Extracts from Amhert’s letter to Pitt dated Camp of Crown point October 22d. 1759, dans Doughty et Parmelee (dir.), The siege of Quebec… Sixth Volume, p. 44

11 Septembre 1759

Captain Kennedy was unluckily taken by some of St. Francis Indians ho were out a hunting, as he was going to M. General Wolfe.
Extracts from Amhert’s letter to Pitt dated Camp of Crown point October 22d. 1759, dans Doughty et Parmelee (dir.), The siege of Quebec… Sixth Volume, p. 44

11 septembre 1759

Twas morning before Capt Abercromby got back. Capt Disserat of the Regt de la Reine who came with the Flag of Truce said Kennedy was taken by some of the St Francois Indians who were hunting.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 167.

12 septembre 1759

« As Capt Kennedy’s Journey was now over I ordered a detachment of 220 chosen men under the command of Major Rogers to go & destroy the St Francois Indian Settlements and the French settlements on the South side of the River St Lawrence, not letting any one but Major Rogers know what about or where he was going. »
AmherstThe Journal of Jeffery Amherst…, p. 168.

29 septembre 1759

Journal de Lévis, 29 septembre 1759 [Kennedy] :
On apprit qu’on avait arrêté à la Présentation un officier anglais avec son détachement; qu’il était parti le 26 de la rivière aux Sables et qu’il comptait aller à Chouagen; il était porteur de lettres du général Amherst au général Gage, qui lui mandait qu’il allait faire un mouvement, qu’il eut à en faire autant; qu’il avait un brigantin de prêt sur le lac Champlain.
LévisLe journal du Chevalier de Lévis, p. 166.

6 octobre 1759

« On m’a dit que le capitaine Kennedy et le lieutenant Hamilton, officiers de l’armée du général Amherst, sont maintenant prisonniers à Batiscan, et qu’ils avoient souffert à cause de la manière dont ils avoient été pris. Lorsque ces officiers ont été pris, ils cherchoient, suivant ce qu’on m’a informé, à venir à notre camp et à éviter les vôtres. Ainsi, Monsieur, je ne conçois pas comment on a pu les regarder comme espions. En considération de ces deux prisonniers qui ont beaucoup souffert, je vous offrirai, Monsieur, de les échanger contre deux officiers du même grade autrement, je désire que Votre Excellence me renvoie sur le champ MM. de Figuiery et de Braux, auxquels j’ai donné permission d’aller à Montréal, pour y vaquer à leurs affaires. »
Monckton à Lévis. À Québec, le 6 octobre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, p. 263

13 octobre 1759

« Le capitaine Kennedy et le lieutenant Hamilton avoient été pris par les Abénaquis, desquels je les ai rachetés. Ils avoient encouru les risques d’être traités différemment que les prisonniers, étant venus en parti bleu [Dictionnaire de 1762 : Un parti de gens qui s’attroupent sans ordre pour piller de côté & d’autre. On pend les partis bleus quand on les attrape.], sans mission ni caractère d’autorité légitime. Ils pourroient être sujets aux plus grandes rigueurs. Ils furent d’abord mis aux fers mais ayant, peu après, été informé de leur naissance et de leur grade, je les ai fait élargir et les ai traités depuis en officiers. Je les renverrai à M. Amherst, qui les a réclamés. Je donne ordre à MM. de Figuiery et de Braux de se rendre incessamment à Québec. »
Vaudreuil à Monckton. À Montréal, le 13 octobre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, pp. 266-267.

20 octobre 1759

« Le renvoi de ces envoyés me paroît comme un prélude nécessaire. L’affaire va au coeur, et ce que j’ai appris, c’est qu’un des deux, M. Kennedy, est parent de M. Murray et fort proche. J’ai eu l’honneur de vous marquer l’espèce de nécessité à les envoyer ici, à moins d’un inconvénient très grand et que je ne pense pas. »
Bernier à Lévis. À l’Hôpital Général de Québec, le 20 octobre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres des divers particuliers…, pp. 19-20

15 novembre 1759

In the night past Major Grant arrived. Had left all the English Prisoners on this side the Otter River to come on in the morning. I ordered the officer of the Guard boats to let them pass & send them by the Eastern Shore, and I sent Capt Abercromby, my Aid de Camp, & the Company of light Infantry of the Royal to stop the Escort 4 or 5 miles off & send the Prisoners in. The Escort was 2 Lieuts & 40 Canadians our Prisoners, M Grant, Capts Kennedy McKenzie & Pringle, Lt Hamilton, Meredith & Roche, Ensign Downing, Jenkins & Mackay, Major Lewis of the Virginians & Ensign Hollar of the Pennsylvanians, Capt Tute, Lts Hone, Dickson & Fletcher of the Rangers, Mr Beach, a Master of a Merchantman, and two midshipmen, Mr Cummings of the Alcide & Mr Windsor of the Squirrel.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 191.

29 août 1760

At night Capt Jacobs who was taken with Capt Kennedy came to me. He arrived with Indians from the French & brought me a Letter from a Priest to offer Peace on the Indian side. I meant to get away, but I must first see the Vessels safe or nothing will be done & I shall have nothing to send for provisions.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 241.

5 février 1762

Two Caghnawaga Chiefs are come from their Castle with a Message from them & the Algonkins & Abenaquis requesting to have a meeting at Albany with me & the Stockbridge or New England Indians, in order to make up an affair concerning a Murther [Murder] committed by them on a River Indian who accompanied Capt. Kenney about 2 years ago to ye village of St. Francis, and which (when I was in Canada) I insisted on their making Satisfaction for.
William Johnson à Amherst. Au fort Johnson, le 6 février 1762, dans Johnson, The Papers of…, Volume 3, p. 623.

Sources

  • Archives nationales, Outre-Mer, Colonies (Aix-en-Provence) :
    • Série F: Collection Moreau de Saint Méry (dont des copies consultées sur http://heritage.canadiana.ca/)
  •  Amherst, Jeffery (Édité par J. Clarence Webster). The Journal of Jeffery Amherst Recording the Military Career of General Amherst in America from 1758 to 1763. Toronto, Ryerson Press, 1931. 341 p. Coll. « The Canadian Historical Studies ».
  • Anonyme (Édité par Bernard Andrès, Patricia Willemin-Andrès et Aegidius Fauteux). Journal du siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759. Québec, Presses de l’Université Laval, 2009. 246 p. Coll. « L’archive littéraire au Québec ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres de l'intendant Bigot au chevalier de Lévis. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1895. 110 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres des divers particuliers au Chevalier de Lévis. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1895. 248 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres du marquis de Vaudreuil au Chevalier de Lévis. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1895. 215 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres et pièces militaires, instructions, ordres, mémoires, plans de campagne et de défense, 1759-1760. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1891. 367 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Doughty, A. et G. W. Parmelee (dir.). The siege of Quebec and the Battle of the Plains of Abraham. Sixth Volume. Québec, Dussault & Proulx, 1901. 346 p. [ En ligne : https://archive.org/details/siegequebecandb09parmgoog ] Consulté le 12 février 2019.
  • Johnson, William (Édité par l’abbé James Sullivan). The Papers of Sir William Johnson. Volume 3. Albany, University of New York, 1921. 458 p. [ En ligne : https://archive.org/stream/paperssirwillia00unkngoog ] Consulté le 12 février 2019.
  • Knox, John. An Historical Journal of the Campaigns in North-America, for the Years 1757, 1758, 1759, and 1760 [Etc.]. Vol. 2. Londres, W. Johnston, 1769. 465 p. [ En ligne : https://archive.org/details/historicaljourna02knox/page/n9 ] Consulté le 8 janvier 2019.
  • Lévis, François-Gaston de (Édité par Robert Léger). Le journal du Chevalier de Lévis. Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2008. 253 p.
  • Montcalm, Louis-Joseph de (Édité par Robert Léger). Le journal du Marquis de Montcalm. Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2007. 512 p.
  • Richard, E. Supplement to Dr. Brymner’s Report on Canadian Archives by Mr. Edouard Richard 1899. Ottawa, S. E. Dawsom, 1901. p. 179 [ En ligne : http://dx.doi.org/10.14288/1.0308147 ] Consulté le 12 février 2019.