Un petit "shout-out" à deux de mes lecteurs qui figurent dans le récent article de la CBC au sujet des pirates présents à la régate des grands voiliers de Québec. Bravo Samuel et Byanka!
Showing posts with label Célébrations. Show all posts
Showing posts with label Célébrations. Show all posts
25 July 2017
Les Pirates sont débarqués!
09 August 2016
Fêtes de la Nouvelle-France 2016
![]() |
| Un Voyageur en compagnie d'une Habitante. |
Comme est mon habitude à chaque année, ce fut un très grand plaisir de participer aux Fêtes de la Nouvelle-France à Québec. Cette année, toutefois, je n'ai pas été très actif tant dans la participation aux activités que l'animation de conférences -j'avais la joie d'être accompagné par mon père en visite pour sa première édition de l'événement. Vous me pardonnerez donc de ne pas avoir donné une présentation ni d'avoir organisé une activité.
N'empêche que j'ai été présent presque tout le long des festivités. Cette année, j'arborais avec fierté ma nouvelle tuque modelée à partir d'un artefact trouvé lors des fouilles archéologiques de l'épave du Machault. Tricotée par mon amie Louise, j'étais étonné de découvrir que la laine pure absorbait quand même assez bien ma sueur et donc me gardait plus frais que mon foulard de soie habituel...
Ma copine, Cathrine, a passé l'année à confectionner son costume d'Habitante. Avec quelques pièces empruntées de son amie Marie-Hélène (voir son blogue!), le tout était réussi!
J'aimerais profiter de ce billet pour mentionner que j'ai adoré l'emplacement temporaire des Fêtes de la Nouvelle-France pour cette année. Le site de la redoute Dauphine s'apprête très bien à l'événement: contrairement à Place Royale, l'endroit offre beaucoup plus d'espace ce qui évite la sensation d'être un festival des sardines entassées. Divisé en plusieurs niveaux, l'endroit est visuellement plus intéressant avec une belle vue d'ensemble. Les reconstituteurs historiques présents ont été unanimes: le parc offre la possibilité d'installer des campements divers, presque impossible en basse-ville. Sans oublier que l'importance historique du site lui donne un cachet irremplaçable! Bref, avec plus d'espace, plus d'ombrage et plus de variété de petits recoins, ce site est l'idéal pour les Fêtes de la Nouvelle-France à l'avenir. Il est à se demander toutefois où se tiendront-elles l'an prochain alors qu'on annonce de la construction à Place Royale et le parc de l'Artillerie où se trouve la redoute Dauphine... les plaines d'Abraham, peut-être?
Enfin, au-delà du plaisir que j'ai eu à rencontrer plein d'amis, anciens autant que nouveaux, j'aimerais souligner ce charmant couple, lecteurs assidus de mon blogue, qui a insisté de venir me dire bonjour!
À eux, ainsi qu'à tous ceux et celles que j'ai eu le plaisir de rencontrer cette année, un gros bonjour aussi!
![]() |
| À l'an prochain! |
19 August 2015
Vivre le passé : la reconstitution historique comme outil de diffusion de l’histoire auprès du public
Pour ce billet, j’aimerais reprendre en
grande partie ma présentation donnée au colloque d’ARTÉFACT à l’Université
Laval le 12 février 2015. Je la publie ici suite à une discussion avec une
collègue portant sur la légitimité de la reconstitution historique aux Fêtes de
la Nouvelle-France.
Il faut se le dire d'abord : le grand public
ne se garroche pas aux colloques historiques. Ce n’est pas étonnant : nous
sommes, après tout, dans un milieu académique où l’on s’attend à ce que
l’auditoire d’un colloque ait acquis certaines bases essentielles pour suivre
le fil des communications. Le public général, lui, n’a pas une telle formation.
Néanmoins, il ne faut pas se leurrer en
croyant que c’est de sa faute : bien au contraire, c’est en quelque sorte
la nôtre!
C’est-à-dire, en tant qu’historiens, n’a-t-on
pas passé des années à développer des bases scientifiques, à comprendre le
jargon académique, et à s’intéresser à des questions complexes et difficiles
qui demandent à l’avance certaines connaissances? Pas étonnant donc que le
public ne soit pas au rendez-vous lorsqu’on organise des colloques et des
conférences scientifiques professionnels! Par extension, on ne s’étonne non
plus que les universitaires ont par conséquent une réputation de vivre dans une
tour d’ivoire!
Et pourtant, il faut se répéter que l’universitaire
à trois responsabilités à remplir : enseigner,
faire de la Recherche, et représenter son domaine et son département auprès de
la communauté.
Bon. Certainement, plusieurs historiens ont
su se faire connaître auprès du public. Je ne suis pas en train de dire que le
lien entre le monde universitaire et le public en général n’existe pas du tout!
Cependant, si j’écris ces mots, c’est pour plaidoyer que nous devons savoir
nous doter de tous les moyens possibles pour parler d’histoire auprès du
public! Et encore plus important, il faut s’assurer que le message fasse
impression! Le médium est le message, comme disait Marshall McLuhan. Chaque
moyen de communication a ses forces et ses faiblesses. La radio, par exemple,
peut faire bonne impression par sa nature intime, particulièrement dans l’auto
ou dans ses écouteurs. La télévision, le média de masse par excellence, peut
diffuser des documentaires extrêmement bien faits (exception ironique du History Channel).
Bref, le public a un accès facile à de
l’information historique par ces médias. Toutefois, le problème avec la plupart
de ces moyens de diffusions, c’est qu’ils sont principalement passifs. Le
public est à la merci de ce qui est présenté. Contrairement à nous,
professionnels dans un milieu universitaire, le public général a rarement
l’occasion d’interagir et de poser des questions.
C’est pourquoi j’évoque un moyen de
diffusion qui fait appel à l’interaction avec le public, et sans doute la
meilleure façon de briser la glace entre l’historien et le milieu
« vulgaire ». Il s’agit de la reconstitution historique, ou comme les
anglophones l’appellent, le « reenacting ».
L’activité s’agit en fait de recréer un moment du passé à l’aide de costumes et
d’accessoires d’époque. Les figurants, ainsi déguisés et pratiquant des métiers
et d’autres activités d’antan, offrent aux visiteurs la chance de s’immerger
dans le passé et d’interagir avec des « personnages » historiques. Ces
reconstitutions ont lieu principalement auprès de musées ou de sites historiques.
On pense par exemple aux villages d’antan en Acadie, à Saint-Marie-au-pays-des-Hurons
en Ontario, Williamsburg en Virginie, ou même à Québec, grâce à Parcs Canada.
Malheureusement, c’est une activité qui est
souvent snobée par les historiens. C’est comme si la reconstitution se faisait
comparer au LARPING (ou Live-Action-Role-Playing), où les
participants se déguisent comme bon leur semblent pour construire des mondes fantastiques,
mais imaginaires à la saveur du Seigneur des anneaux.
L’historien pense trop souvent que le
reconstituteur manque de rigueur scientifique et s’adonne à un libre usage de
son imagination. Pourtant, la vérité est tout autre : En reconstitution
historique, les adeptes se font une vraie obsession d’être le plus fidèle
possible au passé.
En fait, Vanessa Agnew rappelle :
Yet reenactment also speaks directly to the academy. Television and film producers, museum curators, history buffs, and university students are only too ready to remind academics that their authority is compromised: historians must justify their interpretations, and history writing and teaching must meet the needs of the marketplace. With its vivid spectacles and straightforward narratives, reenactment apparently fulfills the failed promise of academic history—knowledge entertainingly and authoritatively presented. […] this charge might be too readily dismissed by academics.[i]
C’est pourquoi je vous soumets que si l’image
qu’on évoque d’un l’historien ressemble le plus souvent à un barbu à lunette derrière
son podium, le vrai historien ne doit pas avoir peur de ressembler au besoin à
un pirate, un soldat, ou tout autre personnage évoqué par la situation ou l’événement.
![]() |
| Le barbu à lunette en question... |
Au Québec, la reconstitution historique existe,
mais ne fait pas l’objet d’un engouement semblable comme celui chez nos voisins
du sud. Effectivement, aux États-Unis, la reconstitution historique est
pratiquement omniprésente sur tous les sites historiques. N’empêche qu’on ne
peut pas dire que la qualité n’est pas au rendez-vous chez nous : il s’agit
que de penser à la Société In Memoriam
ou bien à la garnison de Québec. En plus, comme toute société de
reconstitution, il s’agit de groupes de bénévoles à la passion historienne.
![]() |
| Photos : Joseph Gagné |
Si le Québec souffre d’un problème de
lacune de reconstituteurs, c’est probablement à cause du manque de familiarité auprès
du public. Songeons, par exemple, à la Commission des champs de bataille
nationaux et sa commémoration malhabile de la bataille des Plaines d’Abraham en
2009. Par un vrai manque de tact, les organisateurs n’ont pas expliqué au
public ce qu’est le phénomène de la reconstitution historique. Il n’est pas
étonnant donc que la population locale ait mal perçu l’intention derrière
l’activité. L’événement, qui devait faire appel à un nombre sans précédent de reconstituteurs
québécois et américains, a fini par être interprété (majoritairement par les
souverainistes) comme une gifle contre l’honneur du Québec. Le tout, on se
rappelle, s’est soldé par une annulation de la reconstitution et de la création,
au lieu, du Moulin à parole.
![]() |
| Photo : Cathrine Davis |
J’aimerais en venir donc à un exemple
américain, celui du fort Saint-Joseph, pour illustrer comment une meilleure
intégration de la reconstitution peut affecter la connaissance historique du
public, la protection du patrimoine, et la mise en valeur de notre profession.
Commençons avec un peu d’histoire. Avant de
devenir un lieu fortifié, le fort Saint-Joseph est d’abord fondé peu après 1680
comme une mission entretenue par les Jésuites. Situé sur la rivière
Saint-Joseph, le poste est bien placé pour intercepter les mouvements des Amérindiens
entre le lac Michigan et le portage de Kankakee qui mènent à la rivière des
Illinois et par extension, au fleuve Mississippi.
Malgré sa vocation religieuse, le poste va
rapidement attirer les marchands et les voyageurs. À son apogée, le fort abrite
une quinzaine de maisons, tout en étant avoisiné d’un village Potawatomis et Miamis.
En 1758, Bougainville écrit que le poste produit 400 ballots de fourrures par
année. C’est une somme assez considérable lorsqu’on le compare à la production
de 600 à 700 ballots du fort Michilimackinac, le principal entrepôt de fourrure
du nord du Pays d’en Haut. Malgré la Conquête en 1760, le fort va continuer
d’exister pour quelques décennies encore, non sans passer tour à tour entre mains
britanniques, espagnoles, et américaines (ce qui donne à Niles, son emplacement
actuel, le sobriquet de « City of
Four Flags », ou ville à quatre drapeaux). Après 1781, le fort est plus
ou moins abandonné.
Néanmoins, il ne sera jamais oublié par la
population locale. D’ailleurs, la ville de Niles commémore la présence du fort
avec de nombreuses plaques historiques. Mais, malgré la mémoire locale du fort,
il faut attendre en 1998 pour la redécouverte du site par l’équipe
archéologique de Michael Nassaney de la Western Michigan University.
![]() |
| Photos : Cathrine Davis |
Une fois l’emplacement du fort découvert,
la Western Michigan University et la ville de Niles ont dû faire face à un
choix difficile : est-ce que l’endroit exact du fort doit demeurer secret
pour le protéger de pilleurs et de chasseurs d’artefacts? Ou bien est-ce que le
public a droit de savoir où se trouve ce lieu patrimonial? Peu importe la
réponse, le souci premier est de protéger le site.
Après une longue et mûre réflexion, la décision
est prise de non seulement révéler l’emplacement du fort, mais aussi d’en faire
la promotion active auprès de la communauté. Effectivement, en agissant de la
sorte, on s’assure la valorisation du site en invitant le public de s’en
enorgueillir et de développer un profond respect pour la nécessité de laisser
aux archéologues le soin de fouiller et d’interpréter le site en toute
quiétude.
Mais pour développer cette relation avec la
communauté, l’université doit d’abord développer des bases solides.
Le tout commence en 2002 avec
l’instauration d’un chantier-école où non seulement les étudiants
universitaires peuvent participer, mais les bénévoles de la communauté aussi.
Pour stimuler l’intérêt public pour le
site, l’université, en partenariat avec la ville de Niles et de l’association
Protect the fort, va animer annuellement une fin de semaine baptisée la « Fort Saint-Joseph Open House ».
![]() |
| Photo : Cathrine Davis |
Pendant l’événement, les archéologues du
site déroulent le tapis rouge pour permettre au public de venir observer leur
travail. Les gens peuvent donc observer les méthodes de fouilles pratiquées par
les étudiants, tout en leur posant des questions.
Des échantillons d’artéfacts trouvés
pendant l’année courante, ainsi que les plus belles trouvailles du passé sont mises
de l’avant au profit de la curiosité des visiteurs. D’ailleurs, non seulement
peuvent-ils observer le travail des archéologues, mais le Fort Saint-Joseph Archaeological Project invite chaque année des
historiens tant Américains que Canadiens pour venir donner des communications
dans divers musées et bibliothèques de la région. (Ceci dit, je me vante
d’avoir été invité en 2013 pour parler de miliciens canadiens.)
Toutefois, ce qui donne une dimension
supplémentaire à l’expérience des visiteurs, c’est de pouvoir interagir non
seulement avec les archéologues et les historiens du site, mais également avec
les personnages qui ont vécu à l’époque.
Pendant l’événement, le site est divisé
entre le chantier archéologique d’un côté, et un campement de reconstituteurs
de l’autre. Le concept est que le visiteur peut non seulement apprendre au
sujet de la méthode archéologique, mais également « voyager » dans le
temps en quelque sorte et avoir une vive impression des mœurs d’époque.
Le visiteur peut se promener et rencontrer
d’innombrables personnages, en particulier des voyageurs. Pourquoi ne pas
s’arrêter pour écouter de la musique d’époque? Le visiteur est même invité à
s’embarquer dans un canot de maître où il peut apprendre davantage sur la
production de chapeaux à base de feutre de castor.
![]() |
| Photos : Joseph Gagné |
Bref, l’impression que se fait le visiteur
en arrivant sur le site dépasse l’habituel chantier archéologique avec ses
pelles, ses fosses, et ses artefacts souvent méconnaissables à l’œil de
monsieur et madame tout le monde.
L’intégration de la reconstitution historique
au « open house » du fort
Saint-Joseph attire annuellement de plus en plus de participants bénévoles et
de plus en plus de visiteurs, ces derniers se chiffrant dans les milliers.
Cela dit, il ne faut pas négliger d’ajouter
que la reconstitution historique a un apport économique important pour la
région : en effet, les gains sont énormes par rapport à un investissement
presque négligeable. Rappelons-le : les reconstituteurs au fort
Saint-Joseph sont tous des bénévoles provenant d’un peu partout dans le Midwest.
Ils se rassemblent à cet endroit que pour l’amour de l’histoire.
Pour illustrer le gain, puisque je n’ai pas
les chiffres exacts pour le fort Saint-Joseph, évoquons le cas du fort Niagara
dans l’état de New York. Selon un courriel du directeur du site, Bob Emerson,
il est estimé qu’en moyenne chaque visiteur va dépenser 80$ par jour. Avec les
120 000 visiteurs, cela représente 9.6 millions de dollars dépensés dans
la région. À lui seul, leur événement commémorant la guerre de Sept Ans
rapporte 600 000 dollars. Ainsi, même si le fort Saint-Joseph n’est pas
aussi connu que le fort Niagara, l’événement du « open house » rapporte quand même à la ville de Niles des
centaines de milliers de dollars en revenus touristiques. C’est pour cette même
raison que la ville espère moderniser son musée dédié au fort, et un jour
peut-être reconstruire le fort selon les données archéologiques afin de créer
un site permanent qui attirera les touristes à longueur d'année.
![]() |
| Photos : Joseph Gagné |
Avec le franc succès vécu par les
reconstituteurs au fort Saint-Joseph, j’ai pris l’initiative en 2012 de
contacter la direction des fêtes de la Nouvelle-France pour savoir s’ils
seraient intéressés d’inviter quelques bénévoles du Midwest américain pour venir
représenter le fort Saint-Joseph à Québec. En effet, chaque année, les Fêtes de
la Nouvelle-France invitent une région de l’Amérique à se représenter à
l’événement, le plus souvent l’Acadie ou la Louisiane. Cette fois-ci, c’était
l’occasion parfaite de faire connaître aux gens l’histoire de la
Nouvelle-France dans la région des Grands Lacs.
Animé par une poignée de reconstituteurs
arrivés du Michigan, de l’Indiana et du Missouri, notre petit camp du fort
Saint-Joseph fut un succès : placés devant la maison Chevalier à Place
Royale, nous étions bien placés pour accueillir les festivaliers et les
touristes. En même temps, j’aimerais noter que notre présence était importante
dans le contexte des Fêtes de la Nouvelle-France.
On ne peut pas le cacher, ces dernières
sont une fête populaire, l’histoire de la Nouvelle-France est à la merci des
distorsions causées par la mémoire collective. Alors que certains participants
démontrent un profond respect pour la quête d’authenticité dans leurs costumes,
c’est loin d’être la norme : pirates et princesses envahissent
annuellement les rues de Québec.
Notre petit campement à l’entrée de Place
Royale nous permettait donc d’avoir le bénéfice de donner auprès du public une
première impression plus authentique de la Nouvelle-France. Il faut également
souligner que nous étions deux historiens et une archéologue parmi les
bénévoles. C’est un point important à soulever, car ceci permettait de répondre
aux questions pour lesquelles les reconstitutions n’avaient pas de réponses.
Cela dit, je stresse que les reconstituteurs sont des gens très doués en
histoire, passionnés, et avides d’informations. Mais ces connaissances portent
le plus souvent sur la culture matérielle. N’empêche que ces gens sont
également les meilleurs élèves qu’on puisse souhaiter! Et on peut dire la même chose
du public : à l’aide de nos costumes, de cartes, et d’accessoires
d’époque, on offrait au public une expérience interactive qui faisait souvent
appel aux cinq sens.
En guise de conclusion sommaire, la
reconstitution historique peut servir d’outil très utile pour briser la glace entre le monde académique et le
public en général. On ne peut qu’en profiter, et ce, sur les deux fronts.
D’une par, notre implication auprès de
reconstituteurs ne peut que nourrir leur quête d’authenticité et de sources
utiles. C’est par un effort d’intégration auprès de la culture de la
reconstitution que nous pourrons les aider à atteindre leurs lettres de
noblesse longuement dues, particulièrement au Québec, et assurer leur
légitimité historienne.
De notre côté, les retombés ne seront que
positifs pour la profession, particulièrement dans un temps où les mesures d’austérité
nous affectent gravement. Il faut se rappeler qu’avec l’appui du public, on
peut éviter certains désastres comme des coupures dans nos départements
universitaires. Par exemple, il ne s’agit de penser à la revue des
Débrouillards, justement un outil de vulgarisation scientifique auprès d’un
jeune public, sauvé par l’opinion publique. Nous devons savoir reconnaître et
nous doter de tous les outils de diffusion possibles, qu’il s’agisse de la
radio, de la télé, ou même de la reconstitution historique, pour non seulement
propager nos connaissances au public, mais développer chez lui une appréciation
et même une valorisation de notre profession.
Notons que le succès de la présence du fort
Saint-Joseph aux Fêtes de la Nouvelle-France pendant deux années de suite
démontre que la reconstitution historique sert non seulement à transcender les
époques, mais également les cultures. En effet, des bénévoles qui sont venus,
deux d’entre eux seulement parlaient le français. Si la langue était une
barrière, c’est l’amour de l’histoire qui rassemblait.
Bref, la reconstitution historique est un
mouvement à apprécier, et à bien promouvoir (en particulier pour éviter un
autre fiasco comme celui des plaines d’Abraham). Et avec ces efforts, nous
finirons par donner une plus grande conscience historique permanente à la
mémoire populaire.
![]() |
| Les intéressés peuvent lire mon autre article sur le sujet ici. |
[i] Vanessa Agnew,
« Introduction: what is reenactment? », Criticism, Vol. 46, No.
3 (2005), pp. 329-330.
Labels:
Célébrations,
Commémoration,
Critiques,
Fêtes de la Nouvelle-France,
Fort Saint-Joseph,
Reconstitution historique
05 August 2015
Concours #TrouveTonChamplain
Je n'ai pas pu résister de "trouver mon Champlain" pour la campagne de commémoration de son passage en Ontario il y a 400 ans... Voir http://champlain2015.ca/ pour plus d'informations!
Champlain, c'est un bon ami à moi. #TrouveTonChamplain pic.twitter.com/kWL81yM9kx
— Joseph Gagné (@blindtetra) August 5, 2015
Labels:
Célébrations,
Champlain,
Commémoration,
Ontario
04 August 2015
Habillez-vous pour les Fêtes de la Nouvelle-France 2015!
Vous serez dans le coin de Québec cette semaine? Pourquoi ne pas venir participer aux Fêtes de la Nouvelle-France!
Si vous cherchez quelques inspirations de costumes d'époque, visitez Nouvelle-France électronique (www.novafrancia.org) et cliquez sur la rubrique "Reconstitution". Au plaisir de vous y voir!
Pour plus d'informations sur l'événement, visitez: http://www.nouvellefrance.qc.ca/
Si vous cherchez quelques inspirations de costumes d'époque, visitez Nouvelle-France électronique (www.novafrancia.org) et cliquez sur la rubrique "Reconstitution". Au plaisir de vous y voir!
Pour plus d'informations sur l'événement, visitez: http://www.nouvellefrance.qc.ca/
![]() |
| Photo : Cathrine Davis, 2012 |
11 June 2015
Vlogue 400e Ontario
Ceux qui me connaissent savent que je suis originaire du nord de l'Ontario. Ils savent également à quel point je suis fier de mes origines franco-ontariennes. Comment alors ne pas partager ce vlogue créé par et mettant en vedette plusieurs de mes amis de Sudbury, mon ancien patelin?
Labels:
Célébrations,
Champlain,
Commémoration,
Ontario,
Pays d'en Haut
10 November 2014
400 ans de présence française en Ontario!
Pour ceux qui ne le savent pas, 2015 marquera l'année choisie pour souligner les 400 ans de présence francophone en Ontario. Pour l'occasion, je vous ai préparé une liste alphabétique des meilleurs liens sur le sujet, tous tirés de Nouvelle-France électronique. N'oubliez-pas de cliquer sur le logo ci-dessus pour les activités liées aux commémorations!
MENTIONS SPÉCIALES :
2015 Meeting of the Center for French Colonial Studies, Windsor, Ontario
-Site : https://www.facebook.com/Windsor2015
Quatre siècles de présence française en Ontario - Colloque, juin 2015
-Site : http://ifolaurentienne.ca/2014/05/16/colloque400/
Archives publiques de l'Ontario
- Site : http://www.archives.gov.on.ca/
Base de données des engagements des Voyageurs - Sous-liens d'intérêt particulier :
- L'Ontario français durant les 17e et 18e siècles : http://www.archives.gov.on.ca/french/on-line-exhibits/franco-ontarian/index.aspx
- L'Ontario français [...] Sources archivistiques : http://www.archives.gov.on.ca/french/on-line-exhibits/franco-ontarian/learn.aspx
- Site : http://shsb.mb.ca/engagements_voyageurs
Centre de recherche en civilisation canadienne-française (Université d'Ottawa)
- Site : http://www.crccf.uottawa.ca/
Champlain : Commémorations 2015
- Site : http://champlain2015.ca/accueil/
The Champlain Society
- Site : http://www.champlainsociety.ca/
Le Chaînon (Réseau du patrimoine franco-ontarien)
- Site : http://www.rpfo.ca/fr/Le-Chainon_26
La Collection numérisée de la Société Champlain
- Site : http://link.library.utoronto.ca/champlain/search.cfm?lang=fre
Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française
- Site : http://www.ameriquefrancaise.org/
The French Period (The Ontario Archaeological Society)
- Site : http://www.ontarioarchaeology.on.ca/summary/french.php
The Jesuit Relations and Allied Documents 1610 to 1791
- Site : http://puffin.creighton.edu/jesuit/relations/
Le Musée canadien du canot
- Site : http://www.canoemuseum.ca/
Musée royal de l'Ontario
- Site : http://www.rom.on.ca/index_fr.php
Les oeuvres de Samuel de Champlain
- Site : http://oeuvres.champlain.free.fr/index.htm
L'Ontario français durant les 17e et 18e siècles
- Site : http://www.archives.gov.on.ca/french/on-line-exhibits/franco-ontarian/index.aspx
L'Ontario français et ses premiers textes
- Site : https://uwaterloo.ca/premiers-textes/
Ontario's Historical Plaques
- Site : http://ontarioplaques.com/
- Site : http://ontarioplaques.com/
- Mots-clés dans l'index : Champlain (et aussi Samuel de...), De Troyes Expedition 1686, Étienne Brûlé, Father Pierre Potier, Fort De Levis, Fort Frontenac, Fort Kaministiquia, Fort Lac La Pluie, Gateway to Huronia, The Grand Portage, Jesuit Mission to Manitoulin, Jesuit Mission to the Hurons, The Kaministikwia Route, La Salle (et aussi René-Robert Cavelier de...), La Vase Portages, Louis Hennepin, The Michipicoten Canoe Route, Mission to the Nipissings, Nipigon Canoe Route, Pointe au Baril, Ren.-Amable Boucher, Saint-Louis, Sainte-Marie Among the Hurons, Sainte-Marie Among the Hurons, The Seigneury of L'Orignal, The Siege of Detroit 1763, Sieur de La Verendrye, The Voyage of the "Griffon", The Wilkins Expedition 1763, Wintering Site (Dollier et Galinée), The Wyandot.
Parcs Ontario
- Site : http://www.ontarioparks.com/
- Site : http://www.ontarioparks.com/
- Mots-clés : La Verendrye, Michipicoten Post, Petroglyphs, Rivière des Français, Samuel de Champlain, Voyageur.
Points de vue sur Samuel de Champlain (Fiducie du patrimoine ontarien)
- Site : http://www.heritagetrust.on.ca/Ressources-et-apprentissage/Expositions/Points-de-vue-sur-Samuel-de-Champlain.aspx?lang=fr-CA
La présence française en Ontario : 1610, passeport pour 2010
- Site : http://www.crccf.uottawa.ca/passeport/index.html
Les Relations des jésuites : aux sources de l'histoire de la Nouvelle-France
- Site : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/206/301/lac-bac/jesuit_relations-ef/relations-des-jesuites/index-f.html
Réseau du patrimoine franco-ontarien
- Site : http://www.heritagetrust.on.ca/Ressources-et-apprentissage/Expositions/Points-de-vue-sur-Samuel-de-Champlain.aspx?lang=fr-CA
La présence française en Ontario : 1610, passeport pour 2010
- Site : http://www.crccf.uottawa.ca/passeport/index.html
Les Relations des jésuites : aux sources de l'histoire de la Nouvelle-France
- Site : http://epe.lac-bac.gc.ca/100/206/301/lac-bac/jesuit_relations-ef/relations-des-jesuites/index-f.html
Réseau du patrimoine franco-ontarien
- Site : http://www.rpfo.ca/
Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons (Midland, Ontario)- Sous-liens d'intérêt particulier :
- Quelques lieux de mémoire de la Nouvelle-France en Ontario : http://www.rpfo.ca/fr/Historique-Nouvelle-France_35/Quelques-Lieux-De-Memoire-De-La-Nouvellefrance-En-Ontario_35
- Sur les traces de la fleur de lys : Champlain et les sites historiques en Ontario :http://www.rpfo.ca/fr/Survol_Historique_35/Sur_Les_Traces_De_La_Fleur_De_Lys__Champlain_Et_Les_Sites_Historiques_En_Ontario_31
- Site : http://www.saintemarieamongthehurons.on.ca/
La Société historique du Nouvel-Ontario
- Site : http://societehistorique.ca/
Labels:
Célébrations,
Champlain,
Commémoration,
Ontario
13 August 2014
Another Year, Another Success for Fort St. Joseph in Québec!
*cette semaine, mon billet est en anglais pour accommoder les lecteurs du Midwest américain.
![]() |
| Photo: Le Journal de Québec (article here) |
Last week (August 6-10), visitors to Québec
arriving at Place Royale by bus or by ferry were greeted by a small group of
people seemingly ripped out of the past. Not just any people or any time: these
were inhabitants of Fort St. Joseph, circa 1760.
| All ages were represented Photo: Jos Gagné |
Indeed, for a second consecutive year, reenactors
from Michigan and Indiana were invited to the Fêtes de la Nouvelle-France (or New France Festival) to represent
the Upper Country, or Great Lakes Region. As a reminder that the French colony
was not only comprised of the St. Lawrence valley but also stretched west to
the Prairies and then as far south as New Orleans, this group was a lively and
varied one at that. A village represented in a nutshell, our little group was
made up of a French Marine, a Jesuit missionary, a Canadian voyageur and his captured English bride,
and of course, a variety of Habitant
folk. Even all ages were represented: from the delightful young girl to the
wise elderly man, a wide age spectrum was to be found under our tent.
Of course, our weeklong experience was an
adventure in cross-cultural exchanges: not only were we mingling past and
present, but languages as well. After all, most of these American reenactors do
not speak French. Nonetheless, they knew how to share their passion for a
common history. I was there the whole week helping with these exchanges, acting
as a go-between, an interpreter. What a coincidence, really, considering the
character I was embodying was a voyageur
who would have done the same between French merchants and their Native clients.
![]() |
| Well, at least my costume gets better every year... (Photo: Jos Gagné) |
The occasion was particularly important this year
since French Ontario had also sent a delegation to highlight the 400th anniversary of French presence in the province. One might say the Great Lakes
were put on a pedestal this year!
An exchange between Michigan and Québec City is
not unheard of: there is already an exchange program between Laval University
and Western Michigan University’s archaeology departments (underused, alas). But
these two years have probably had the biggest impact on breaking the barrier
between both regions. We created public awareness of the American fascination
for French colonial life (more than English Canada has ever cared to show). Not
only did we promote Fort St. Joseph, but we also gave out flyers and
information regarding Fort Michilimackinac and the Illinois Country as well.
Who knows how many people will visit the American Midwest thanks to our
suggestions?
Inversely, we kept tabs on where visitors were
coming from. In a nutshell: everywhere. All Canadian provinces except
Newfoundland had visited our setup; many American states came to say hi to
their compatriots, and travelers from as far as Australia enjoyed talking to us
as well. I also feel confident in saying we had many more visitors than last
year.
![]() |
| Dunno if Joe is pouting because of the rain or because the festival is almost over (Photo: Jos Gagné) |
If fort St. Joseph is being represented in Québec,
it’s because three years ago, I had contacted M. Stéphan Parent, head director
of the Festival. I had proposed doing a shindig with the Upper Country with
either Ontario or Michigan (I’m originally from the Great Lakes; I felt I had
to wave the flag, so to speak!). Well, sure enough, the idea sparked interest.
This is where my involvement ends: the real credit comes back to M. Parent and
his team who not only came up with the idea of bringing reenactors to Québec,
but also kindly asked me last year to give a talk on the region. We were
already impressed with last year’s experience, so you can imagine how delighted
we were to be invited a second year in a row! Here’s to hoping a third
invitation is in the works!
![]() |
| Rob having a bit too much fun... (Photo: Stacy Chriswell) |
All in all, it was a week well spent. I like to
think the presence of our group was especially important in regards to
historical accuracy. Americans are rabid sticklers when it comes to reenacting
(I don’t know if they invented this hobby, but they sure as heck perfected it).
Authenticity is always strived for. And in a festival that is understandably
subject to popular interpretation of history (as we say in French, la mémoire n’égale pas l’histoire),
costumes can sometimes seem closer to fantasy renaissance fairs than anything remotely
resembling French colonial life. Then again, I’ll admit sheepishly that a
friend of mine had poked holes in my belief that I was accurately dressed. Most
of my props were somewhat closer to the 19th century than the 18th. Proof once
again that I might be a historian, but I’m no cultural material specialist... But,
as the point I was getting to, our Michigan gang was a refreshing glimpse of
accuracy and public awareness of it. This said, despite a few observations of
the group regarding what I’ve just described, I did have them realize that
every year the festival gets historically better as more and more people share
in the challenge of trying to be true to the past.
| Beaver love. (Photo: Jos Gagné) |
As a historian, I can’t help adding my observation
that though I don’t usually practice it outside of the Fêtes de la Nouvelle-France, reenacting is by far one of the best
teaching tools available. Joe, our French Marine, regularly uses his uniform to
teach kids back in Indiana and Michigan about the French colonial past. I find
that walking around in period garb inviting people to touch my beaver pelt is
an instant icebreaker to discussions about the fur trade and its history. Kids
in particular are especially curious with their innumerable questions. Their
bright-eyed queries have stumped me more than once: these are great occasions
for the historian to track down answers to simple but obvious questions he might
never have otherwise thought of in the first place.
The sharing experience was reciprocal. These
reenactors all participate regularly at the Fort St. Joseph open house. During
this event, they recreate colonial life as visitors come to Niles, Michigan, to
visit the ongoing archaeological digs. Coming to Québec, as one of my friends
put it, gave them a new perspective on how important this history is to modern
Québec and French Canada. We are not talking about a distant, inconsequential
past. This is a past that has created our present, the culture of a/many
people, and the pride of a nation. If the field of history must pride itself in
rigorous scientific study, it must not forget its impact on the public memory
and psyche. These two years of exchanges were opportunities to share what New
France means to each other across the border, and how we will commemorate this
common history together.
That said, our encampment has been the occasion to
develop new friendships as well. Whether last year with Philippe, a historian
with plenty of public history experience from colonial Williamsburg, or this
year with Marie-Hélaine, a local reenactor (who was big help, by the way, in
translating!) or our dear Monique who would come around, obsessed with our
sashes (thank you by the way for the blue one you made for me!), we had plenty of
occasions to exchange knowledge, contacts, and laughter.
Once again, here’s to hoping the Fêtes de la Nouvelle-France will invite
us once more next year!
![]() |
| One last goodbye... Photo: Stacy Chriswell |
Labels:
Célébrations,
Fort Saint-Joseph,
La vie d'Historien,
Pays d'en Haut,
Pays des Illinois,
Québec,
Reconstitution historique
19 November 2013
Au seuil des 4000 visiteurs! Merci!
Wow!
Je ne croyais jamais attirer un tel nombre de lecteurs à mon blogue! Je sais
que récemment mon débit a ralenti à cause de mes études qui doivent prendre le
dessus sur ma liste de priorités, mais quand même! Alors, pour vous remercier,
je vous partage cette animation que j’ai créée de l’arsenal de Rochefort. Il s’agit
d’un de mes premiers essais d’animation de GIFs. J’espère en créer d'autres
pour agrémenter mon blogue. Au plaisir de vous partager de nouvelles
découvertes dans les archives!31 October 2013
Joyeuse Halloween!
Joyeuse Halloween à tous ceux et celles qui lisent mon blogue! J'aimerais m'excuser: je voulais vraiment vous écrire un blogue sur les histoires de fantômes de la Nouvelle-France, mais je suis vraiment dans le jus: j'ai deux travaux à remettre pour mes séminaires doctoraux, un atelier de paléographie à préparer, des articles à écrire pour ci et pour ça, bref... J'espère me faire pardonner en vous donnant quand-même l'image que j'ai "photoshoppé" pour l'occasion à partir du dessin original de Dirk Gringhuis, parut originalement dans son livre Were-Wolves and Will-O-The-Wisps: French Tales of Mackinac Retold (Mackinac Island, Michigan, Mackinac State Historic Parks, 1974. 105 p.).
Entretemps, je vous partage le lien à l'émission de radio à Catherine Ferland du samedi dernier où j'ai eu l'occasion à nouveau de parler de lycanthropie dans un cadre colonial : http://cferland.wordpress.com/tu-parles-dune-histoire/emission-du-26-octobre-2013-halloween/
Ne mangez pas trop de friandises!
Labels:
Art,
Célébrations,
Insolite,
Légendes,
Loup-garou,
Michilimackinac
15 April 2013
La Monnaie royale canadienne s'est-elle rachetée?
Mon dernier blogue portait sur une commémoration
ratée de la guerre de Sept Ans par la Monnaie royale canadienne (lire l’article
ici). Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la MRC vient de produire
une autre pièce commémorative.
Mon verdict? Superbe!
La pièce, tirée en 500 exemplaires, est composée d’argent
pur à 99,99% d’un poids colossal d’un kilogramme. On la décrit ainsi :
Conçu par l’artiste canadien Luc Normandin, le motif au revers représente une carte ancienne inspirée de celles que produisait Didier Robert de Vaugondy au milieu des années 1700. Elle montre la région où la guerre de Sept Ans s’est déroulée en Amérique du Nord. Au centre de la pièce, une bannière commémorative est entourée des armoiries royales de la France (à gauche) et de celles de l’Angleterre (à droite).
Décidément,
l’artiste a compris que pour commémorer un événement aussi important ainsi que controversé,
la simplicité doit régner. J’applaudis donc l’idée de mettre de l’avant que les
armoiries des pays impliqués pendant la Conquête et une carte du territoire.
Reste-t-il
que je suis désolé de ne pas avoir les 2250$ demandés pour l’ajouter à ma
collection!
Pour les intéressés, elle est disponible ici.
Labels:
Art,
Célébrations,
Commémoration,
Compte rendu,
Critiques,
Guerre de Sept Ans
07 April 2013
Nouvelle pièce de la guerre de Sept Ans : Une commémoration manquée?
L’année
2013 marque le 250e anniversaire de la fin de la guerre de Sept Ans.
Ce conflit est sans aucun doute l’événement le plus marquant de notre
histoire : après tout, sa conclusion ampute à la France ses plus larges
possessions en Amérique du Nord. La Nouvelle-France n’est plus. Les frontières
du continent sont radicalement redessinées et réparties le long des nouvelles
possessions britanniques et espagnoles. Mais le conflit persiste : les
nouvelles tensions soulevées par la nouvelle répartition des pouvoirs coloniaux
mèneront entre autres à la transformation de la société canadienne. C’est la
genèse d’une nouvelle culture palpablement distincte de la France et de l’Angleterre.
Aujourd’hui, alors que le gouvernement Harper dépense (gaspille?) des millions
de dollars sur la commémoration de la guerre de 1812, il est désolant de voir
que la guerre Sept Ans passe presque entièrement sous silence.
Pourtant,
nos voisins du sud se donnent à cœur joie de commémorer cette guerre (connue chez
eux comme la « French & Indian
War »). Partout aux États-Unis, les lieux historiques liés à ce
conflit ont hébergé des reconstitutions historiques (« Reenacting » chez les Anglophones)
et des conférences publiques pour rappeler l’importance de cette « guerre
qui créa l’Amérique ». C’est d’ailleurs le titre donné à l’excellent
documentaire de la chaîne PBS, The War
That Made America. Pendant plusieurs semaines, l’auditoire de la télévision
publique américaine a eu la chance de se renouer avec la mémoire de cette
guerre trop souvent éclipsée par celle de leur révolution.
Aucun
engouement de la sorte au Canada. Bien sûr, les historiens ont fait leur part
de publier de nouvelles recherches et d’animer des conférences, mais le public
n’était pas au rendez-vous. Au Québec, la plaie laissée par le souvenir de la
Conquête saigne toujours, et au Canada anglais, l’ignorance crasse de l’histoire
canadienne-française relègue le tout aux oubliettes.
Tâchons
aussi d’oublier la commémoration malhabile de la Commission des champs de
bataille nationaux. Par un vrai manque de tact, les organisateurs ont raté l’occasion
parfaite de faire mieux connaître et comprendre l’importance de ce conflit
auprès du public à l’aide d’une reconstitution massive du siège de Québec sur
les plaines d’Abraham. Leur première erreur a été de n’avoir pas expliqué au
public ce qu’est le phénomène de reconstitution historique. Le passe-temps de « reenacting » est plus populaire
chez les Américains qu’ici : il n’est pas étonnant donc que la population
locale ait mal perçu l’intention derrière l’activité. Celle-ci, qui devait
faire appel à un nombre sans précédent de « reenactors » québécois et américains, a fini par être interprétée
(majoritairement par les souverainistes) comme une gifle contre l’honneur du Québec.
Au lieu de comprendre que les reconstituteurs historiques animent de telles
activités par amour de l’histoire,
certains ont même proféré des menaces de violence, comparant à tord le contexte de la reconstitution proposée à celui de recréer la Shoah pour les juifs. L’atmosphère était d’ailleurs plus tendue
du fait que les organisateurs donnaient à l’activité un air de célébration au
lieu de commémoration (les critiques s’étaient surtout accrochés aux publicités
illustrant un Montcalm et un Wolfe souriants, se donnant la main). Le tout, on
se rappel, s’est soldé par une annulation de la reconstitution et de la
création au lieu du Moulin à parole.
Bref,
le souvenir de la guerre de Sept Ans n’a pas fait le même objet de pompe que la
guerre de 1812, pourtant quasi insignifiante dans notre histoire. Ceci nous mène au vif de notre sujet d’aujourd’hui : comme nous
l’avions espéré, la Monnaie royale canadienne vient enfin de produire une pièce
commémorant la guerre de Sept Ans. Le résultat, toutefois, laisse à désirer. Voici
la description du design :
Œuvre de l’artiste canadien Tony Bianco, le motif représente l’ensemble des peuples qui ont pris part à la guerre de Sept Ans et qui y ont été exposés. Les soldats britanniques et français, les peuples des Premières Nations et les colons y sont représentés, de même qu’un enfant qui symbolise l’espoir en l’avenir. Les personnes sont tournées vers l’est, au-delà de l’océan Atlantique, en direction de l’ancien monde. La carte à l’arrière-plan montre la région où le conflit a eu lieu en Amérique du Nord, et les bannières et les décorations au haut et au bas de la pièce reprennent les styles typographiques en vigueur dans les cartes et les documents officiels des XVIIe et XVIIIe siècles.
Initialement,
avant de porter mon jugement final sur la pièce, j’avais consulté quelques
collègues et amis pour connaître leur avis. L’unanimité de leurs opinions reflétait
le mien. Je résume en paraphrasant une amie : le design nous laisse froids.
Bien
que nous ne doutions pas de l’effort de l’artiste d’avoir voulu être le plus
inclusif et neutre possible, cette représentation demeure toutefois qu’une « vision
d’artiste ». L’angoisse et le tumulte de la Conquête y sont effacés pour
faire place à une scène bénigne, dépourvue de la complexité réelle de la
situation.
Notons
d’abord les détails qui nous sautent aux yeux : reconnaissant
immédiatement le soldat britannique, le soldat français et l’Amérindien, on se
demande qui sont les deux autres personnages. L’explication officielle ne fait
que nous confondre d’autant plus : on les décrit comme un colon et « un
enfant qui symbolise l’espoir en l’avenir ». De quel colon s’agit-il?
Selon ses habits, il nous paraît être britannique… où se trouve donc le colon
de la Nouvelle-France, nouvellement annexé à la couronne britannique? Et que
dire de l’enfant, symbole « d’espoir »? Difficile de parler d’espoir
alors que les Habitants de la colonie canadienne doivent choisir entre rester
en Amérique sous l’égide d’une langue et d’une religion étrangère, ou de
quitter pour une France tout aussi étrangère par sa culture métropole… Sans
oublier les Acadiens qui continuent d’être déportés à mesure que les
Britanniques les trouvent. On ne peut non plus prétendre que la pièce commémore
la paix, car l’Amérindien qui y figure peut tout autant symboliser la guerre de
Pontiac qui va rager pendant trois autres années. Et quelqu’un peut-il bien m’expliquer
pourquoi le soldat français semble porter un demi-sourire?
« La
carte à l’arrière-plan montre la région où le conflit a eu lieu en Amérique du
Nord » : pourtant, on n’y voit que l’Acadie, et à peine l’entrée du
Saint-Laurent. Nulle part ne voit-on la vallée de l’Ohio ni le corridor du lac
Champlain et de la rivière Richelieu où a eu lieu la majeure partie de la
campagne militaire. Nous pouvons même critiquer des détails normalement anodins,
car on précise « les bannières et les décorations au haut et au bas de la
pièce reprennent les styles typographiques en vigueur dans les cartes et les
documents officiels ». En réalité, les décorations ont plus un semblant de
celles du XIXe siècle et ne ressemblent aucunement aux cartouches et
ornements des cartes de la guerre de Sept Ans.
À
l’inverse, il faut toutefois se demander : qu’aurait-t-on pu faire de mieux?
Encore une fois, je précise que la tâche de l’artiste en question n’était pas
facile. Comment évoquer une guerre dont la question de commémoration est si
délicate? Il ne faut pas chercher à vexer qui que ce soit, ni glorifier personne
en particulier. En cherchant à rendre tout le monde heureux, on peut finir par ne
pas satisfaire qui que ce soit. Peut-être que la clef de l’énigme est la
simplicité? Je reproduis ici le logo conçu par l’État de la Pennsylvanie dans
le cadre de ses propres commémorations : sobre, mais excitant, simple,
mais évocateur, il est neutre, mais permet à chacun d’y tirer sa propre
interprétation personnelle. Peut-être la Monnaie royale canadienne aurait pu s’en
inspirer?
Ma
conclusion finale : Bien que je sois un collectionneur de pièces de monnaie, je
vais m’abstenir d’acheter celle-ci, étant franchement déçu. Cette commémoration
est, comme disent les Anglais, « too
little, too late ».
Sources et suggestions de lecture :
- Dollar en argent épreuve numismatique édition limitée - 250e anniversaire de la fin de la guerre de Sept Ans. Monnaie royale canadienne. Lien.
- The Fine Art of Tony Bianco. http://tonybiancoart.com/
- French & Indian War Commemoration: 250 Years. (État de la Pennsylvanie). http://www.warforempire.org/
- « La reconstitution est annulée ». Radio-Canada. Le mardi 17 février 2009. Lien.
Labels:
Art,
Célébrations,
Commémoration,
Compte rendu,
Critiques,
Guerre de Sept Ans,
Reconstitution historique
19 February 2013
Accident de feux d'artifice
Je viens de commencer la lecture des seuls mémoirs connus d'un soldat des troupes de la Marine du Canada. L'auteur est sans doute Joseph-Charles Bonin, dit Jolicoeur (voir à son sujet pages 4 et 5 de ce lien). Il capte immédiatement l'attention du lecteur alors qu'il décrit son parcours au Canada tout en insérant de croustillantes anecdotes sur les moeurs des gens qui l'entourent. J'ai loin d'avoir terminé de lire son livre, toutefois je me permets de citer une histoire qui m'a particulièrement accroché:
[Année 1752]
Source : CASGRAIN, H.R. (éditeur). Voyage au Canada dans le nord de l'Amérique septentrionale fait depuis l'an 1751 à 1761 par J.C.B., Québec, Imprimerie Léger Rousseau, 1887. pp. 41-23Peu après cette époque, on ordonna une fête à l’occasion de la naissance du Duc de Bourgogne fils du Dauphin […]. Des préparatifs furent faits pour tirer un feu d’artifice, ce furent les canonniers qui en eurent la direction, sous les ordres de leur commandant ; je fus par conséquent du nombre des travailleurs, ce qui m’obligea de quitter le négociant chez lequel je travaillais et où j’étais comme un enfant adoptif ; nous fûmes occupés trois mois à la préparation de cet artifice. Le 13 juillet était le jour fixé pour tirer le feu, douze canonniers furent chargés de l’exécution, j’en fis partie. Le jour arrivé, on nous revêtit d’habits et de casques de peau par précaution, ce qui ne fut pas inutile, car au moment où nous n’attendions que le signal pour mettre le feu, une mêche allumée et portée sans précaution, mit en passant le feu à une fusée qui par son explosion la communiqua à une boîte où il avait cent fusées, lesquelles partant mirent le feu à plusieurs autres et bientôt tout l’artifice du théâtre fut enflammé et brûla une partie de la charpente. Ce fut l’ouvrage d’un quart d’heure; cinq canonniers furent entièrement brûlés et quatre grièvement blessés. Comme mon poste se trouvait à des accessoires un peu éloignés du théâtre, je fus moins exposé et cependant pas assez éloigné pour ne pas me sentir de l’explosion, car les fusées portèrent dans tous les sens et m’enveloppèrent de telle sorte qu’il me fallut rester immobile à ma place, je n’en fus pas moins blessé, mais légèrement à l’épaule et mon vêtement en partie brûlé. La violence du feu étant apaisée, je pus alors quitter ma place pour m’approcher du théâtre à moitié brûlé ; je ne fus pas peu surpris de trouver autant de morts et de me voir troisième de sauvé. Beaucoup de spectateurs furent pareillement surpris, de ce que nous n’étions pas tous péris ; chacun nous en témoigna sa joie. L’intendant nous fit donner à chacun une gratification de cinquante francs.Cet artifice n’ayant pas eu le succès désiré, il fut décidé d’en commencer un autre pour être exécuté sur la rivière Saint-Charles, vis-à-vis l’intendance, le premier septembre suivant. Il fut beaucoup plus tôt prêt que le premier, parce que tous les matériaux étaient préparés ainsi que de l’artifice qui restait du premier feu. Je fus encore employé à ce travail ; le jour arrivé pour tirer ce feu, j’y éprouvai encore un petit accident qui ne fut pas moins périlleux, mais qui était l’opposé du premier. Mon poste était d’aller en bateau mettre le feu à de l’artifice fait en dauphin et posé à une des distances latérales du théâtre, le moment arrivé je me pressai trop vite à sauter dans le bateau qui devait me conduire et je tombai dans l’eau. Heureusement que le batelier me retira promptement et j’en fus quitte pour être mouillé et sans me décourager je remplis ma mission ; ensuite je me fis conduire à terre, où je fus obligé de changer d’habillement. Mon aventure ayant été rapportée à l’intendant, il me gratifia de deux louis, en sus des vingt quatre francs qu’il accorda à chacun des canonniers employés au nombre de vingt, à cette réjouissance.
Note: Pour les intéressés, le livre entier est disponible gratuitement sur Archive.org suivant ce lien.
Labels:
Bonin,
Célébrations,
Insolite,
Moeurs,
Morts tragiques,
Québec,
Source publiée
Subscribe to:
Comments (Atom)













.jpg)








