12 April 2021

Deuil pour l'Université Laurentienne

En réaction à l'éradication la suppression entre autres des programmes d'histoire et de littérature à l'Université Laurentienne où j'ai obtenu mon bac. 


C’était en 2002. Je m’apprêtais à quitter, l’année suivante, mon chez-moi pour vivre indépendamment pour la première fois. J’avais fait le tour de la foire universitaire venue à mon école. J’avais passé mes soirées à lire les brochures et les catalogues de cours des universités et des collèges qui m’intéressaient. Mais c’est en visitant le campus de l’Université Laurentienne que j’ai fait mon choix. Tout le monde m’avait courtisé, avait cherché à me séduire. Mais ces autres institutions me semblaient froides, distantes, à la fois géographiquement et humainement. Il faut se le dire, avant même d’y mettre les pieds, je reconnaissais déjà l’aura de la Laurentienne. La mythique Laurentienne. Le p’tit cul que j’étais connaissait déjà son terreau fertile qui avait donné naissance entre autres à la Nuit sur l’étang, à la maison d’édition Prise de parole... Je comprenais aussi qu’il s’agissait d’un des seuls endroits où je pouvais poursuivre mes études en français en Ontario. Mais c’est en visitant le campus que je me reconnaissais et réalisais que peut-être je n’avais pas à m’expatrier du Nord pour m’épanouir. Ces paroles de Robert Paquette et d’André Paiement ne cessaient de se répéter dans mon esprit : « Moi, j’viens du Nord ». Et la Laurentienne, c’était le Nord. C’était nos gens, nos voisins, nos paroles, nos préoccupations, nos exclamations, nos réclamations, nos désirs, notre génie, notre action. Je me souviens encore de la longue route du retour vers Chapleau, admirant et méditant sur ces paroles de Jean-Marc Dalpé inscrites sur mon dossier de bienvenue : « Apprendre c’est prendre... c’est prendre de la place : sa place. Toute sa place sans demander la permission. » Ces paroles devinrent pour moi un mantra, un cri de guerre. Et j’ai pris ma place. Toute ma place. En septembre 2003 commençait mon aventure académique. J’ai eu le plaisir de connaître à la fois les sciences pures et les sciences sociales. J’ai côtoyé entre autres le grand Robert Dickson et le vénérable Gaétan Gervais. J’ai appris à m’assumer et à prendre en main ma langue minoritaire, à souffler sur sa petite braise pour m’assurer qu’elle s’enflammerait et deviendrait un atout au lieu d’un stigmate. J’étais un orignal déchaîné, j’étais un U of S, et j’étais plus qu’un potentiel, j’étais un devenir. En somme, la Laurentienne fut pendant cinq merveilleuses années mon nouveau chez-moi et un tremplin vers de nouvelles aventures dans le milieu académique. Un chez-moi, oui, où j’espérais revenir un jour y enseigner. Et pourtant... alors que j’ai fait le deuil des nombreux profs qui nous ont quittés au fil du temps (Dickson et Gervais), jamais je ne croyais devoir faire le deuil de ma communauté d’accueil. Ce qu’elle subit cette semaine n’est rien de moins qu’un refus de la place de la francophonie en Ontario, de la place du Nord et de ses gens, et ce refus marque une irresponsabilité abjecte de l’administration qui place les conséquences sur le dos de ses plus fidèles serviteurs.

Je n’ai pas de réponse facile sur ce qu’il faut faire à partir de maintenant. Mais je suis de tout cœur avec les gens affectés. J’espère qu’on pourra un jour bientôt reprendre notre place, toute notre place, sans demander la permission.

11 April 2021

Quand un historien se laisse emporter par son imagination

Extrait du journal personnel que je tiens pendant la pandémie.

7 avril 2021

Il y a quelque chose de magique que de marcher sur les plaines d’Abraham recouvertes de brouillard. La ville s’efface et il ne reste plus que le son des oiseaux et de ses propres pas. On oublie le xxie siècle et on se mêle aux fantômes du passé.

Après un long moment de marche sans mes écouteurs pour mieux apprécier le silence, les bruits de la ville étant étouffés par la forte humidité ambiante, je remets mon casque d’écoute. La musique de Bear McCreary (Outlander) ne fait qu’accentuer l’aura surnaturelle du matin. Nous sommes en avril. On s’approche du deux-cent-soixante-et-unième anniversaire de la bataille de Sainte-Foy. J’y songe longuement alors que je marche rapidement, haletant avec l’exercice. Je me perds dans mon imagination, tout comme mon regard se perd dans le brouillard alors qu’il cherche l’horizon en vain. Avec la cornemuse plaintive à l’oreille, mes yeux me jouent des tours. Du haut du glacis de la citadelle, je crois voir dans l’instant des figures d’Écossais à la course pour rejoindre le front contre l’armée de Lévis qui s’approche, défiant le sort du 13 septembre. Ou peut-être n’était-ce que de simples joggeurs...

Je ne crois pas nécessairement aux fantômes, mais je suis présentement hanté par l’émotion. Ma digue interne qui contrôle mes excès commence à céder. J’ai les yeux humides. Mon cœur bat, j’ai le rythme de mes pas dans mes tympans, comme un battement de tambour alors que des hommes du passé se préparent à revivre leur affrontement à nouveau, le souvenir public refusant de laisser ces spectres se reposer enfin. L’émotion continue de s’accumuler dans ma poitrine. Est-ce du brouillard qui m’entoure ou bien de la fumée de la guerre? Je sens le roc du cap sous mes pieds. J’oublie l’asphalte moderne. Deux larmes me coulent sur les joues pour se perdre dans ma barbe, déjà rendue moite par l’humidité ambiante. Tout comme mon imagination se laisse confondre entre le passé et le présent, je me demande, dans un bref moment de lucidité, si mes émotions se confondent entre la lourde angoisse de mes revenants imaginés, intimidés par l’idée d’avoir survécu Culloden et les plaines d’Abraham rien que pour se faire tuer dans une nouvelle bataille, ou bien si c’est ma fatigue de la pandémie qui remonte à la surface.

Je me laisse emporter dans le temps. Le brouillard m’enveloppe. Le jeu d’ombres et de lumières danse comme autant d’apparitions. Je suis comme ivre, titubant entre le mirage d’un passé que je n’ai jamais vécu, mais qui m’habite et me possède, et la réalité devenue aussi intangible qu’un distant appel...

...jusqu’à ce que je me retrouve immobile, debout à côté du canon solitaire de la pointe du sentier pédestre. Le Saint-Laurent est soudainement visible. Et il n’est pas le seul. Je tourne la tête et vois que le brouillard s’est presque complètement levé. Au loin, les ponts et les gratte-ciels sont visibles à nouveau. Le brouillard est parti si rapidement, j’aurais cru à un rêve. Sans être ensoleillé pour autant, le jour, complètement levé, me dépouille de mes phantasmes et je reprends ma marche vers la banalité de mon quotidien.

03 March 2021

Threads Across the Atlantic: Cathrine Davis

Cathrine Davis is a good friend and colleague currently pursuing her doctoral degree at the College of William & Mary in Williamsburg, Virginia. On February 11, 2021, she gave a talk titled "Threads Across the Atlantic: Exploring Lead Seals from Fort St. Joseph." This talk will be of particular interest to anyone studying or researching Indigenous peoples and the fur trade, the Midwest under the French Regime, textiles, and how the colonial market influenced French producers of merchandise. Enjoy!

22 February 2021

Compte rendu : Voyage au Canada [...] L’imposture


Pierre Berthiaume, Voyage au Canada dans le nord de l’Amérique septentrionale fait depuis l’an 1751 à 1761 par J.C.B. : L’imposture, Québec, Septentrion, 2021. 116 p.

Il est difficile de faire une meilleure recension de ce livre que ce qui a déjà été fait par mon cher collègue Michel Thévenin, doctorant, sur son blogue Tranchées & Tricornes. Néanmoins, j’aimerais partager à mon tour mes propres impressions complémentaires de cette récente publication aux éditions du Septentrion (éditeur de mon premier livre, soit dit en passant par souci de transparence).

Sur une centaine de pages, Pierre Berthiaume analyse et évalue l’authenticité du journal de J.C.B., le seul témoignage publié d’un soldat en Nouvelle-France. Certes, il existe de nombreux mémoires d’officiers métropolitains de passage dans la colonie, mais ces écrits ne nous offrent qu’une perspective vue du « haut » de la hiérarchie militaire. L’importance du journal de J.C.B., publié à Québec en 1887 et édité par l’abbé Casgrain, est qu’il est notre plus important témoignage de l’autre extrémité de cette échelle.

Berthiaume, cependant, nous met en garde contre le texte. Avec raison, il soulève qu’il comporte de nombreux emprunts d’autres écrits contemporains. Plus problématique encore, le texte contient d’innombrables erreurs factuelles et chronologiques. Cependant, il n’y a rien de nouveau en soi dans l’avertissement de l’auteur : les historiens savent déjà que le livre est truffé d’erreurs. Comment s’étonner, alors que le manuscrit a très probablement été écrit trente ans après les faits, s’appuyant sur des notes incomplètes? Voilà donc aussi ce qui explique les nombreux emprunts d’autres ouvrages sur le Canada. Loin d’être un plagiat comme tel, c’est une pratique commune à l’époque à la fois dans les mémoires et les traités militaires.

L’innovation de Berthiaume est d’avoir cherché à pousser l’identification de ces emprunts et ces erreurs. Bien qu’il soit intéressant de lire les nombreuses pistes soulevées par l’auteur pour analyser le côté factuel du texte, l’argumentaire quant à lui est beaucoup moins étoffé et même très diffus, voire confus. Lui-même admet dans sa (trop brève) conclusion : « nous avons relevé nombre de faits qui mettent en jeu l’authenticité de “Voyage au Canada”, sans pour autant parvenir à démontrer hors de tout doute qu’il s’agit d’un faux. » (p. 105). Comment alors justifier le titre, elle-même une imposture alors? De plus, je ne peux m’empêcher de penser qu’en se concentrant sur les arguments plus concrets et moins circonstanciels, L’imposture aurait fait un meilleur article scientifique au lieu d’un livre.

De plus, la majorité des sources secondaires citées sont datées. Ce n’est pas un péché en soit (un vieux livre n’est pas nécessairement désuet), mais où sont les plus récentes études sur lesquelles s’appuyer et avoir une meilleure idée des dires de J.C.B.? Pour ne donner qu’un seul exemple, je ne comprends pas l’inclusion d’ouvrages de la première moitié du xixe siècle pour aborder l’histoire de la vallée de l’Ohio, alors qu’il existe de nombreux incontournables plus récents comme les livres d’Eric Hinderaker.

Le problème central dans cette évaluation du texte de J.C.B. est que Berthiaume, comme l’explique sa notice biographique, est un « professeur émérite de l’université d’Ottawa et spécialiste de la littérature française du xviiie siècle et des relations de voyage en Amérique du Nord », sans pour autant être spécialiste de la littérature militaire du xviiie siècle. En effet, un coup d’œil rapide sur la liste de ses publications, aussi admirable soit-elle, confirme le fait. Il arrive donc qu’un spécialiste de la guerre de Sept Ans puisse avoir des impressions contraires à celles de Berthiaume. Par exemple, un tel spécialiste ne trouverait pas étrange de trouver autant d'emprunts intertextuels, discutés plus haut. Autre exemple, Berthiaume cite certains passages qu’il accuse de n’être que des « épisodes romanesques ». Pourtant, celles-ci font écho à d’autres anecdotes vérifiées dans les sources. Au contraire, il accorde plus d’importance à certains détails qu’un spécialiste militaire aurait traités comme étant banals (le chien de J.C.B, par exemple).

Je dois également souligner que dans sa liste d’éditions du mémoire de J.C.B., Berthiaume cite la traduction de 1941, mais pas la version de 1993 augmentée de notes et éditée par Andrew Gallup (Andrew Gallup, Memoir of a French and Indian War Soldier, Westminster MD, Heritage Books, 2007 (1993). 240 p.)

Au final, l’ouvrage n’est pas inintéressant en soi. Il a certainement son utilité pour quiconque s’intéresse davantage à J.C.B. de manière académique. Cependant, par les méandres qui tournent parfois en rond (sans être trop sévère : le défi que Berthiaume cherche à relever n’est pas facile, après tout), nous avons plus l’impression de lire une réflexion à voix haute qu’une analyse finale bien assise. Il est d’autant plus étrange que ce livre soit publié sous l’égide de la Collection V des éditions du Septentrion puisque celle-ci est composée justement d’éditions critiques de sources premières. Or, ce livre n’est pas une édition critique. Contrairement à son titre qui peut confondre, il ne s’agit que d’une critique, tout simplement, sans le texte analysé... L'exercice de Berthiaume est louable dans sa tentative, mais méritait une plus longue maturation du projet. Il aurait également été plus intéressant, par exemple, de pousser l’exploration du contexte historique entourant le récit de J.C.B. Pourtant, il n’y a aucune discussion sur les Troupes de la Marine ni de la guerre de Sept Ans au-delà de ce que soulève J.C.B. à la base.

Paradoxalement, c’est d’ailleurs là la plus grande faiblesse de l’ouvrage : Berthiaume passe souvent tellement de temps à citer les propos de J.C.B. pour les remettre en question qu’on se met à se demander pourquoi on n’est pas en train de lire l’original au lieu, tant qu’à faire. L’analyse aurait donc mieux servi en étant intégrée dans une édition critique de « Voyage au Canada ». Compte tenu de la juste remarque de Berthiaume que l’édition de 1887 de Casgrain comporte de nombreuses erreurs de transcription, pourquoi ne pas avoir justement repris le manuscrit disponible en ligne depuis 2019 et en faire une édition solidement éditée et commentée? Épaulé par un co-auteur spécialiste de la guerre de Sept Ans et des écrits militaires du xviiie siècle, Berthiaume aurait eu un produit final plus intéressant et plus étoffé non seulement pour le monde académique, mais plus aussi pour le grand public en général. Pour terminer sur une note plus positive, L’imposture sera certainement un point d’ancrage important pour quiconque (Berthiaume lui-même?) se lancera dans la création de cette édition critique tant désirable.

04 January 2021

Paleography workshop for the Société Généalogique Virtuelle du Québec

On January 15, I gave a paleography workshop for the Société Généalogique
Virtuelle du Québec. This blog post essentially translates the one I wrote for the Rendez-vous d’histoire de la Nouvelle-France a while ago, with a few updates. Here, then, are a few useful documents that were mentionned during the activity.

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To find documents and sources dating to the French Regime, many useful finding aids exist:
  • Dechêne, Louise. Inventaire analytique des documents relatifs à l’histoire du Canada conservés en France au Service historique de l’Armée. Québec, Ministère des Affaires Culturelles, Vol. 1 et 2, 407 p.
  • Lessard, Rénald. Guide des copies d’archives d’origine française. Québec, Gouvernement du Québec, 1990. 488 p.
  • Menier, Marie Antoinette, Etienne Taillemite, et Gilberte De Forges. Correspondance à l’arrivée en provenance de la Louisiane. Tome I (articles C13 38 à 54, C13 B 1, C13 C 1 à 5). Paris, Archives Nationales, Inventaire des Archives coloniales, 1976. 479 p.
  • New France Archives: https://nouvelle-france.org/eng/Pages/new-france-archives.aspx
Bibliothèque et Archives nationales du Québec also offers many useful finding aids:
  • Index of notary and parish records
    • Notary records: available up to 1932
    • 653 original collections at the Québec branch, most having been microfilmed
  • Advitam (https://www.banq.qc.ca/archives/)
    • Digitized documents available online
  • Parchemin
    • https://www.archiv-histo.com/apropos.php
    • The onsite version at BAnQ is considerably more user-friendly than the online version.
    • Complete index of French-Canadien notarial records between 1626 and 1789. (That is, a complete index of records having survived to today.)
  • Programme de recherche en démographie historique (The Research Program in Historical Demography), Université de Montréal (www.genealogie.umontreal.ca)
  • Ancestry.com
  • Electronic New France (https://electronicnewfrance.wordpress.com/)
  • Etc.

Never hesitate to consult archivists!

Before jumping into your sources, read other transcriptions to help you get acquainted with the various habitual formulas.
  • For exemple : Marcel Trudel. La Nouvelle-France par les textes. Les cadres de vie. Montréal, Bibliothèque québécoise, 2011 [2003]. 399 p.
Also available on Gallica:
  • Ferrière, Joseph-Claude. La science parfaite des notaires, ou Le parfait notaire : contenant les ordonnances, arrests & réglemens rendus touchant la fonction des notaires, tant royaux qu'apostoliques. Tome 1 / . Avec les stiles, formules & instructions pour dresser toutes sortes d'actes... Nouvelle edition. Revûë, corrigée & augmentée sur celle de feu Me Claude-Joseph de Ferriere... Par le sieur F. B. De Visme. Tome premier. Paris, Saugrain, père, libraire, 1752. 2 volumes.
  • Ranconnet, Aimar. Thresor de la langue francoyse tant ancienne que moderne […] revu et augmenté... par Jean Nicot [et al]. Paris, D. Doucet, 1606

While reading your sources, you can consult these works to help you decipher difficult writing:
  • Académie française. Le dictionnaire de l'Académie françoise, dédié au Roy. Deux tomes. Paris, Veuve J. B. Coignard et J. B. Coignard, 1694.
  • Académie française. Dictionnaire de l'Académie françoise. Deux tomes. Paris, Veuve B. Brunet, 1762.
  • Audisio, Gabriel et Isabelle Rambaud. Lire le français d’hier. Manuel de paléographie moderne XVe – XVIIIe siècle. Paris, Armand Collin, 2011 (1997, 1991). 278 p.
  • Fournet-Fayard, Alain. Pratique de paléographie moderne. Saint-Étienne, Cedex, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2002. 150 p.
  • Lafortune, Marcel. Initiation à la paléographie franco-canadienne. Les écritures des notaires aux xviie—xviiie siècles. 3 tomes. Montréal, Société de recherche historique Archiv-Histo Inc., 1982. Coll. « Méthode ». 
  • Lapointe, Vicky. Déchiffrer un document historique sans douleur (ou presque)- Ressources en paléographie. En ligne:  http://tolkien2008.wordpress.com/ (faites une recherche pour paléographie)
  • National Archives – Palaeography: Reading old handwriting 1500-1800: A practical online tutorial. http://www.nationalarchives.gov.uk/palaeography/
  • Scripto (www.scripto.org)
Remember: reading paleography requires patience and practice. Take your time and, most importantly, have fun!




Atelier de paléographie: Société Généalogique Virtuelle du Québec

Le 14 janvier dernier, j'animais un atelier de paléographie pour la Société Généalogique
Virtuelle du Québec. Ce billet reprend essentiellement celui que j'ai déjà publié dans le cadre des Rendez-vous d’histoire de la Nouvelle-France, avec quelques mises à jour. Voici donc quelques documents utiles évoqués pendant l'activité.

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Pour trouver des documents et des sources datant du Régime français, il existe des outils de recherche utiles:
  • Archives de la Nouvelle-France: http://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/exploration-colonisation/archives-nouvelle-france/Pages/archives-nouvelle-france.aspx
  • Dechêne, Louise. Inventaire analytique des documents relatifs à l’histoire du Canada conservés en France au Service historique de l’Armée. Québec, Ministère des Affaires Culturelles, Vol. 1 et 2, 407 p.
  • Lessard, Rénald. Guide des copies d’archives d’origine française. Québec, Gouvernement du Québec, 1990. 488 p.
  • Menier, Marie Antoinette, Etienne Taillemite, et Gilberte De Forges. Correspondance à l’arrivée en provenance de la Louisiane. Tome I (articles C13 38 à 54, C13 B 1, C13 C 1 à 5). Paris, Archives Nationales, Inventaire des Archives coloniales, 1976. 479 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec offrent également plusieurs outils:
  • Répertoire des notaires et registres paroissiaux
    • Greffes de notaires : disponibles jusqu’en 1932
    • 653 greffes originaux au centre de Québec, la majorité microfilmés
  • Advitam (https://www.banq.qc.ca/archives/)
    • Accessible à distance
  • Parchemin
    • Accessible seulement dans les salles de recherche de BAnQ
    • Inventaire complet des minutes notariales canadiens entre 1626 à 1789. (Bémol: que les documents originaux qui ont survécus à aujourd’hui)
  • Programme de recherche en démographie historique, Université de Montréal (www.genealogie.umontreal.ca)
  • Ancestry.com
  • Nouvelle-France électronique (https://nouvellefranceelectronique.wordpress.com/)
  • Etc.

N’hésitez surtout pas à demander de l’aide des archivistes!

Avant de plonger dans les sources, lisez d’autres transcriptions afin de vous familiariser avec les formules habituelles
  • Par exemple : Marcel Trudel. La Nouvelle-France par les textes. Les cadres de vie. Montréal, Bibliothèque québécoise, 2011 [2003]. 399 p.
Et disponibles sur sur Gallica:

  • Ferrière, Joseph-Claude. La science parfaite des notaires, ou Le parfait notaire : contenant les ordonnances, arrests & réglemens rendus touchant la fonction des notaires, tant royaux qu'apostoliques. Tome 1 / . Avec les stiles, formules & instructions pour dresser toutes sortes d'actes... Nouvelle edition. Revûë, corrigée & augmentée sur celle de feu Me Claude-Joseph de Ferriere... Par le sieur F. B. De Visme. Tome premier. Paris, Saugrain, père, libraire, 1752. 2 volumes.
  • Ranconnet, Aimar. Thresor de la langue francoyse tant ancienne que moderne […] revu et augmenté... par Jean Nicot [et al]. Paris, D. Doucet, 1606

Pendant vos lectures, vous pouvez consulter ces livres de référence pour vous aider à déchiffrer la graphie difficile:
  • Académie française. Le dictionnaire de l'Académie françoise, dédié au Roy. Deux tomes. Paris, Veuve J. B. Coignard et J. B. Coignard, 1694.
  • Académie française. Dictionnaire de l'Académie françoise. Deux tomes. Paris, Veuve B. Brunet, 1762.
  • Audisio, Gabriel et Isabelle Rambaud. Lire le français d’hier. Manuel de paléographie moderne XVe – XVIIIe siècle. Paris, Armand Collin, 2011 (1997, 1991). 278 p.
  • Fournet-Fayard, Alain. Pratique de paléographie moderne. Saint-Étienne, Cedex, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2002. 150 p.
  • Lafortune, Marcel. Initiation à la paléographie franco-canadienne. Les écritures des notaires aux xviie—xviiie siècles. 3 tomes. Montréal, Société de recherche historique Archiv-Histo Inc., 1982. Coll. « Méthode ». 
  • Lapointe, Vicky. Déchiffrer un document historique sans douleur (ou presque)- Ressources en paléographie. En ligne:  http://tolkien2008.wordpress.com/ (faites une recherche pour paléographie)
  • National Archives – Palaeography: Reading old handwriting 1500-1800: A practical online tutorial. http://www.nationalarchives.gov.uk/palaeography/
  • Scripto (www.scripto.org)
Rappelez-vous: la paléographie requiert de la patience et de la pratique. Prenez votre temps et amusez-vous!




11 November 2020

Nouveau livre: Changer le système de la guerre

Bonjour tout le monde! 


Je tiens à vous partager que mon très cher collègue et ami Michel Thévenin (que vous pouvez suivre sur le blogue Tranchées & Tricornes) vient de publier son tout premier livre aux Presses de l'Université Laval. Je le recommande fortement puisqu'il nous oblige de repenser l'évolution de la guerre coloniale au 18e siècle.

Pour reprendre la description sur la page de l'éditeur: 

1759. Le chevalier de La Pause, un officier français combattant en Nouvelle-France depuis 1755, note dans son journal : « Toute la science de la guerre en Canada consiste dans l’attaque ou la défense des postes qui ferment ou ouvrent la communication d’une frontière à l’autre. » Cette remarque révèle, dans l’esprit des officiers européens, la place occupée par la guerre de siège dans la conduite de la guerre en Amérique. Par extension, elle montre également l’importance de cette pratique particulière de la guerre dans la culture militaire des armées européennes au milieu du xviii e  siècle. Ce livre met en lumière la pratique de la guerre de siège en Nouvelle-France lors de la guerre de Sept Ans, en la comparant avec le modèle théorique du siège en vigueur dans l’Europe du siècle des Lumières. 

Vous pouvez vous le procurer en format papier ou numérique ici: https://www.pulaval.com/produit/changer-le-systeme-de-la-guerre-le-siege-en-nouvelle-france-1755-1760.

Bonne lecture!