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20 November 2019

Nouvelles transatlantiques en 1757


Un petit billet lâche aujourd'hui. Je cherchais une information dans un texte qui s'est avéré inutile pour ma recherche. N'empêche, au lieu d'avouer que je viens de gaspiller 30 minutes de mon temps, je vous partage ce document tout de même intéressant. Bonne lecture!

(Notez toutefois qu'il ne s'agit que d'une transcription rapide sans relecture approfondie. Donc désolé à l'avance s'il s'y trouve des coquilles ou des erreurs de transcription!)

Notes ou mémoire - conjectures au sujet du Canada et de l'île Royale (escadres de Dubois de La Motte, Bauffremont et Du Revest, etc); projet d'y envoyer des corvettes pour avoir des nouvelles.

COL C11A 102/fol.263-264


Source: Archives de la Nouvelle-France, http://nouvelle-france.org/fra/Pages/item.aspx?IdNumber=27256&

Folio 263

19 Juin 1757
1.      On ne sait point encore combien il
2.      sera passé de Bâtiment en Canada et
3.      a L’Isle Royalle de ceux qui ont esté
4.      expediés pour porter des troupes et des
5.      approvisionnements a ces deux Colonies. on
6.      pourra bientost savoir a quoy s’en tenir,
7.      ou du moins on sera en estat de juger
8.      de ce qu’elles auront reçu
9.      ///
10.  on doit avoir des nouvelles du Canada
11.  dans les courant du mois prochain mais
12.  en attendant il est a presumer que s’il
13.  y avoit eu durant l’hyver des evenements
14.  interessans de ce costé là, on l’auroit
15.  sçu par l’Angleterre, ou l’on a seulement
16.  publié que les françois ayant attaqué un
17.  fort anglois, ont estés repoussés. Si cela
18.  est vrai, il ne peut estre question que de
19.  quelques petit fort, que quelque Detachement
20.  françois aura tenté de surprendre : tentative
21.  qui aura esté abandonnée, parce que le
22.  detachement aura esté decouvert
23.  ///
24.  on devroit avoir déjà reçu des nouvelles
25.  de Loüisbourg. [Ce retardement] ne peut
26.  estre attribüé qu’a deux causes : L’une
27.  que Le Gouverneur et L’Ordonnateur
28.  attendoient eux mesmes des Bâtiments de
29.  France; Et l’autre que des l’ouverture de
30.  la navigation les Ennemis auront bloqué
31.  le port avec des fregates et de petits
32.  Bâtiments; car ils doivent avoir pris cette
33.  precaution, qu’elles qu’ayent esté leurs [vües]
34.  ///
35.  Dans tous les cas, on ne doit pas [naturellement]
36.  tarder a avoir des depesches de cette Colonie
37.  M. Du Rever doit estre arrivé a Loüisbourg
38.  dans les 8. ou 10. p.rs jours de May
39.  ///
40.  Les deux fregates commandés par le S.r Maccarty
41.  et parties de Brest le 16. avril, se seront
42.  [rendües] vers la fin de may au plus tard.
43.  ///
44.  M. Le Ch.er de Bauffremont y sera

Folio 263v

1.      arrivé vers le 15 de mesme mois de May. on
2.      n’a point de nouvelles diretes de lui, ni de [son]
3.      [escadre] mais les negociants des ports ont […]
4.      des lettres de leurs correspondants de S.t Domingue
5.      qui marquent que ce commandant avoit
6.      averti les navires marchands qui se trouvoient
7.      au cap de se tenir prêts a mettre a la [v…]
8.      du 20 au 25 d’Avril, [parce] qu’il les feroit
9.      escorter dans le debarquement; ce qui doit
10.  faire penser qu’il avoit [fixé] a ce temps […]
11.  son depart pour Loüisbourg
12.  ///
13.  Ces differentes divisions ne doivent pas
14.  avoir trouvé d’obstacles de la part des
15.  ennemis pour leur entrée en ce port. Il est
16.  mesme a croire que la premiere qui se
17.  sera presentée aura acosté leurs Bâtiments
18.  sur la Côte. Et en attendant M. Dubois de la Motte
19.  qui estant parti le 3 de May doit arriver vers
20.  le 15 de Juin. M. Du Rever et M. de […]
21.  auront tenu des Bâtiment dehors pour […]
22.  les [atterages] de L’Isle Royalle, et avoir de
23.  nouvelles des Ennemis.
24.  ///
25.  Mais soit qu’on en reçoive ou non, de
26.  L’Isle Royalle, il paroit a propos d’envoyer
27.  une corvette à M. Du Bois de la Motte. [Ce]
28.  n’est pas qu’on ait rien de bien interessant
29.  a lui mander mais il peut soupçonner
30.  que les Ennemis auront envoyé contre lui
31.  plus de forces qu’il n’y en a effectivement
32.  du moins suivant ce qu’on en sait […] Et
33.  il est  […] […] de [fixer] ses  […]  à
34.  cet egard
35.  ///
36.  Au surplus il paroit puisqu’a present qu’il
37.  doit se confirmer dans l’esperence qu’il
38.  aura la superiorité sur les forces navalles
39.  des Ennemis, et qu’ils pourront mesme
40.  abandonner les projets qu’ils auroient
41.  formés contre Loüisbourg et contre Quebec
42.  mais dans ce cas, il est a presumer qu’ils
43.  [remettent] l’execution de ces projets a
44.  l’année prochaine, ils auront destiné, [sinon]
45.  la totalité, du moins, la plus grande partie
46.  des troupes embarqués sur l’Escadre de
47.  l’Amiral[…burne] pour agir par terre

Folio 264

1.      contre les frontieres du Canada […]
2.      pourroit encore faire croire qu’ils ont […]
3.      ce Dernier party, c’est que […] qu’on a sçu
4.      en Angleterre la destination de M.
5.      Dubois de Lamotte, on a envoyé des nouveaux
6.      ordres au général […] qui commande
7.      ces troupes, et au general Loudon, qui
8.      commande celles qui sont employées contre
9.      le Canada.
10.  Quoiqu’il en soit, il paroit convenir aussi
11.  d’envoyer une corvette a Quebec, ne fut-ce
12.  que pour avoir une occasion de plus pour
13.  […] procurer des nouvelles de ce païs là.

18 February 2019

L'espion Quinton Kennedy



Ceux qui ne sont pas historiens ne réalisent pas toujours le travaille qui se cache derrière les écrits des professionnels. Parfois, un seul paragraphe est le fruit de plusieurs jours de recherche. Récemment, alors que je tentais de démêler les événements liés à la capture de l'espion Quinton Kennedy en 1759, j'ai compilé toutes les sources à ma disposition en ordre chronologique afin d'en distiller l'essentiel. Plutôt que de supprimer mon travail de compilation ou de le mettre de côté et oublié, je vous le partage afin de vous laisser vous amuser à votre tour à suivre cette histoire selon les témoins contemporains.
(En passant, ces textes ne sont pas nécessairement au propre puisqu'il s'agit souvent d'extraits copiés directement d'un fichier passé à l'OCR.). 


3 août 1759

Camp of Pointe à la Chevelure
Copy of translation of instructions from H. E. Jeffery Amherst, major general and commander-in-chief, to Captain Quinton Kennedy, of the 17th regiment. He is to go to the villages of the Eastern Indians. Will tell the chiefs that he is marching upon Canada to bring it under the dominion of his king. That he offers them his friendship on condition of their absolute neutrality ; that he does not ask them for any assistance, having an army strong enough to subdue the French, and themselves too, in case of necessity. If their answer is favorable, he is to go to Quebec to inform Major General Wolfe of the fact,' after which he is to return to him, Amherst. (With M. de Vaudreuil's letter of 5 Oct., 1759.) Folio 328, 2 pages.
Richard, E. Supplement to Dr. Brymner’s Report on Canadian Archives by Mr. Edouard Richard 1899. Ottawa, S. E. Dawsom, 1901. p. 179 [ En ligne : http://dx.doi.org/10.14288/1.0308147 ] Consulté le 12 février 2019.


8 août 1759

Kennedy of late Forber’s offered to go through the Country a much nearer way to the River St. Lawrence […]
Extracts from Amhert’s letter to Pitt dated Camp of Crown point October 22d. 1759, dans Doughty et Parmelee (dir.), The siege of Quebec… Sixth Volume, p. 43.

As it is of consequence that I should hear from Gen Wolfe as well as he should likewise hear from me I concluded to send Capt Kennedy with Lt Hamilton, Capt Jacobs, and four Indians to go through the settlements of the Eastern Indians with a proposal from me & take their answer to Mr Wolfe whom I have directed to treat them accordingly.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 153.

Joint à la Lettre de M. de Vaudreuil du 5 8bre 1759.
Aussitôt les présentes reçuës et ainsi que vous en avés déjà reçu mes ordres, vous partirés pour vous rendre aux villages des Sauvages de l’Est; et lorsque vous y serés arrivés vous demanderés à parler aux chefs à qui vous dirés de ma part que je suis en marche avec mon armée pour me rendre en Canada, dans le dessein de reduire ce pays sous l’obéissance de S.M. mais que pour marquer les bonnes dispoisitions où je suis pour ces Sauvages et avant que j’entre dans leurs habitations, je vous envoye vers eux pour leur offrir mon amitié, aux conditions qu’ils demeureront neutres et qu’ils ne se joindront point avec aucuns des ennemis de S.M. ni ne se meleront dans aucun acte d’hostilité contre son armée ou contre aucun de ses sujets, dans lequel cas, comme je ne suis pas venu avec les intentions de les déposséder ne de les incommoder je protégerai et défendrai leurs personnes et leurs biens et je leur en assurerai la paisible possession, que je ne demande ni leur secours ni leur assistance dont je n’ai nul besoin, l’armée qui est sosu mes ordres étant plus que suffisante et forte pour réduire non seuelement les français, mais les Sauvages mêmes s’ils n’acceptoient pas mon amitié que je leur offre actuellement; vous insisterés donc pour qu’ils vous donnent une réponce immédiate, et je ne doute pas qu’il ne consultent leur interêt et qu’ils n’acceptent avec joye et avec sincerité les propositions d’amitié que vous leur ferés de ma part; lorsque vous aurés reçu leur réponce vous irés rejoindre le Major Général Wolfe à Québec et vous lui dirés que je lui ordonne de regarder ces Sauvages de l’Est comme nos amis et nos aliés et qu’il aye soin que les engagnement que j’aurai pris avec eux soient ponctuellement exécutés après quoi vous reviendrés auprès de moi sans délai me rendre compte de la négociation que je vous confie.
Donné au Camp à la pointe à la Chevelure [Crown Point] le 8 aoust 1759
Signé Jeff. Amhesrt.
BAC, Archives des Colonies, MG 1, Série F3, Collection Moreau de Saint-Méry, Vol. 15, partie 2, F°486-488. C-10528. Copie de la traduction de l’Instruction de M. Kennedy cap.ne anglais. De Par […] Jeffery Amherst […], 8 août 1759, jointe à la lettre de M. de Vaudreuil du 5 octobre 1759. [ En ligne : http://heritage.canadiana.ca/view/oocihm.lac_mikan_100163 ] Consulté le 13 février 2019.

11 août 1759

At one o’clock ten men of the Scouting Party of Rangers I had sent under the command of Ensign Wilson to go half to the Right of the Lake & half to the Left to St. Johns, returned with a note from Capt Kennedy that Wilson thought his Party too large so sent these back & to inform me that he saw a Brigantine, a Schooner, and a topsail sloop of the Enemys and about 12 boats that they put in from the Vessels, as he supposed, on discovering his Party, that he got to the eastern side below Corliers Rock from whence he saw the Vessels at Anchor & thinks they have not seen his Party as sent no boats to the Island where he was when he supposed himself discovered.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 154.

19 août 1759

Ensign Wilson returned with his Party of Rangers from St. Johns. Said two of his men who had been Prisoners at St. Johns had been within two miles of it, could not get nearer to it as they heard a great yelling of Indians & were amongst them. There is very little to be depended on all they say as they generally make out a story to come back with, & they came back ignorant of everything this time except that Capt Kennedy parted with them up Mischiscoy Bay, & as they came back they saw three of the Enemys Vessels lying at the same Place as before. Two of Gages light Infantry deserted last night.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, pp. 158-159.

25 août 1759

« Quatre sauvages Loups, servant de guides à trois officiers anglais de l’armée du général Amherst, qui avaient assé par la baie de Missiscoui, ont étésurpris par des Abénaquis et conduits u village de Satin-François. Le P. Riverain, jésuite, a envoyé chercher du monde aux Trois-Rivières, qui a conduit le tout à bord de M. Canon, qui les a mis aux fers, procédé for tsimple puisque les officiers étaient déguisés et porteurs de lettres. Elles sont toutes d’officiers particuliers qui se félicitent du succès de leurs armes. Les fidèles Abénaquis ont résisté aux offres d’argent et de colliers. Ces officiers étaient chargés de traiter avec les sauvages, et leur instruction enjoignait à M. Wolfe de ratifier ce qui aurait été arrêté, ainsi que les arrangements qui lui seraient proposés verbalement. Les letres interceptées sont datées du 8 de ce mois. Il faut en conclure que ce chemin est fort difficile. M. Le marquis de Montcalm n’en a pas moins averti M. de Bourlamaque, afin qu’il prît et renouvelât des précautions. Les Abénaquis seront récompensés. Aucune des lettres ne parle des rapides, ce qui fait bien augurer pour cette partie. » 
Montcalm, Le journal du Marquis de Montcalm, p. 487.

25 août 1759

3 sauvages loups et 2 officiers anglois venant aporter des lettres du général Amerst au général Hwolf ont été pris par des sauvages abénakis, qui les ont amenés à bord de l’Atalente commandée par M. Vauquelin qui est audessus de Richelieu. Ces lettres ont été envoyées à M. de Vaudreuil; on dit que ce général écry à celui d’icy qu’il ne voit pas d’aparence qu’il puisse forcer l’Isle aux Noix et que par conséquent il ne devoit point compter sur la jonction des deux armées.
AnonymeJournal du siège de Québec…, pp. 121-122.

26 août 1759

« Les ennemis construisent une barque de dix-huit canons et deux bateaux plats de quatre pièces de 24 sur le lac Champlain. Leurs préparatifs faits, ils agiront. C’est le rapport de trois déserteurs qui arrivaient à M. de Bourlamaque et qui lui apprenaient en même temps que le capitaine Kennedy était parti sous une escorte de Loups pour apporter des nouvelles du général Amherst à M. Wolfe. C’est le même qui a été pris par les Abénaquis du village de Saint-François. »
Montcalm, Le journal du Marquis de Montcalm, p. 488.

Nos Abénaquis ont donné une grande preuve de leur fidélité ils ont arrêté sept Loups qui guidoient et escortoient deux officiers anglois détachés par le général Amherst. Ils sont tous actuellement aux fers à bord de la frégate du sieur Canon. Suivant les instructions de ces officiers, ils devoient haranguer et porter les Abénaquis à la neutralité du reste ils devoient pénétrer jusqu’au général Wolfe et revenir sur leurs pas pour rejoindre le général Amherst. Il paroît que cette instruction n.étoit qu.un honnête prétexte car, à la vue de nos Abénaquis qu.ils ont rencontrés dans les bois, ils ont fui. Il n.est point d.instance qu.ils n.aient faite et de somme d.argent qu.ils ne leur aient offerte, pour les engager à les mettre en lieu de joindre le général Wolfe mais ils ont été incorruptibles. Vous jugez bien, Monsieur, que je leur donnerai beaucoup au delà de la somme qu.ils ont refusée. Parmi les papiers qui ont été trouvés sur ces officiers, il n.y a pas une seule lettre du général Amherst. Il y en a plusieurs écrites par des officiers, dont une rapporte fort exactement l.affaire de Niagara, l.évacuation de Carillon et de Saint-Fréderic. L.officier qui l.écrit paroît très éclairé; il dit qu.il n.est pas bien décidé si le général Amherst avancera pour nous attaquer au fort Saint-Jean, ce qui donne tout lieu de présumer qu.il ignore le poste que nous occupons àl.Ile-aux-Noix. Il ajoute que ces mouvements dépendent des succès que le général Wolfe aura. Il faut espérer qu.ils ne l.induiront qu.à faire sa retraite. Cependant mon frère m.écrit que trois déserteurs, arrivés à M. de Bourlamaque, lui ont rapporté que les Anglois construisoient à Saint-Frédéric une barque de quatorze à quinze canons et deux bâtiments plats qui porteront chacun quatre canons de 24, et d.après cela on conclut qu.il ne tardera pas d.être attaqué. Vous aurez été à même de questionner ces déserteurs. Aucune des lettres dont ces deux officiers étoient porteurs ne parle en aucune façon des Rapides. Il seroit bien à souhaiter que les Anglois n.eussent point de vues de ce côté-là en tout cas, je n.ai aucune inquiétude, me reposant entièrement sur les arrangements que vous aurez pris.
Vaudreuil à Lévis. Au quatrier général, le 26 août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres du marquis de Vaudreuil…, pp. 89-90.

Vous devez savoir à présent que les Abénaquis de Saint-François nous ont mené sept Loups et deux officiers anglois qui vouloient percer à l’armée de Wolfe. Vous pensez bien que les instructions secrètes de M. Amherst n’ont été données que verbalement à ces officiers aussi, ne leur a-t-on pris qu’une instruction de M. Amherst pour engager les Abénaquis d’être tranquilles qu’il seroit leur protecteur dans ce pays-ci, et autres verbiages. On n’a donc trouvé que deux boîtes de fer-blanc, où il y avoit des lettres de plusieurs officiers de l’armée de M. Amherst à des colonels et autres officiers de celle de M. Wolfe. Il paroît par ces lettres que l’armée de M. Amherst pense que nous sommes retirés à Saint-Jean, où vrai- semblablement, disent-ils, nous les attendrons; qu’on ignore encore si cette armée poursuivra que cela dépendra du succès de M. Wolfe. D’autres lettres disent qu’on croit M. Wolfe paisible possesseur de Québec, et que les officiers des deux armées boiront de bon vin françois ensemble à Montréal sous peu de temps. Mais il paroît par les lettres qu’on ignoroit le 8 de ce mois à l’armée d’Amherst notre position à l’Ile-aux- Noix il n’en est fait’nulle mention, non plus que des Rapides, comme si cette route n’existoit pas. Ils parlent néanmoins beaucoup de Niagara, dont ils font le détail comme d’une grande victoire, ayant totalement défait quinze cents hommes qui venoient pour secourir la place.
Bigot à Lévis. Le 26 août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres de l'intendant Bigot…, pp. 49-50.

Sans date, août 1759

« Votre Excellence en jugera en apprenant ma surprise d’avoir trouvé deux émissaires en la personne du capitaine Kennedy et du lieutenant Hamiltôn. Votre Excellence ne peut disconvenir que, suivant les lois de la guerre, les circonstances de la mission de ces deux officiers les mettoient dans le cas de n’être pas considérés comme tels par nous. Mais que Votre Excellence se rassure sur la générosité inséparable de nos nations. Ils seront gardés avec l’exactitude qu’exige de s’être chargés de pareille commission mais ils seront renvoyés lors de l’échange avec tous les autres prisonniers. »
Amherst à Vaudreuil. Août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, pp. 255-256.

31 août 1759

A French regular deserted, this morning, across the rivulet of Montmorencie; he confirms the intelligence we received before, respecting the great success of he army, under the Commander in chief, and of the corps under the late Brigadier Prideaux; he adds that two Officers, and four Mohawk Indians, who were coming express from General Amherst to this army, were taken by the enemy near Les Trois Rivières. [Note: Tow of these Mohawks were roasted to death by the French at Trois Rivieres, in presence of the other two, who were scalped alive, carried to Montreal, and hanged in chains; the Officers, I have been informed, were put in irons, and otherwise very rigorously treated.
Knox, An Historical Journal… Vol. 2, pp. 36-37.

Les Abénaquis de Saint-François ont arrêté le 24 de ce mois deux officiers anglois et sept Loups, qui leur ont présenté des paroles de la part du général Amherst pour rester sur leurs nattes. Mais le principal objet de la mission de ces officiers étoit de porter des lettres de M. Amherst au général Wolfe. On n’a pas pu avoir ces lettres les officiers ainsi que les sauvages, à ce que l’on dit, se voyant arrêtés, ont mangé leurs lettres.
M. de Rigaud à Lévis. À Montréal, le 31 août 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres des divers particuliers…, p. 46.

10 septembre 1759

I rowed round the bay on the west of the Fort and to the ends of the Roads that are terminated by the bay. At my return I found a Flag of Truce was come from Mons Burlemaque by a Capt of La Reine whom Capt Osborne who was out with the Guard boat had stoped 9 miles off & sent me the Letters. One from Mons Montcalm of no date, acquainting me that Capt Kennedy and Hamilton were Prisoners & talking of the Exchange of Prisoners, an Excuse to send to see what we are about and to send several Letters to their officers who are Prisoners; a Letter from Bougainville to Capt Abercromby dated the 30th August at Quebec so that the Town was not taken then.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 167.

10 septembre 1759

« A l’égard du capitaine Kennedy et du lieutenant Hamilton, je m’attends bien que Votre Excellence me les renverra, puisqu’elle ne peut les regarder que comme prisonniers de guerre. »
Amherst à Montcalm. Du camp de Crown-Point, le 10 septembre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, p. 258.

10 septembre 1759

The Captain of the Guard boats sent me some letters, he had stopped Captain d’Isserat of the Regt. de la Reine nine miles off who was very unwilling to part with his despatches without delivering them to himself at Crown Point, contained a letter from Mons. de Montcalm not dated, acquainting me Capt. Kenney ? Lt. Hamilton were prisonners, I answered the letters & sent an Aid de Camp to sift out in what manner Capt. Kenney was taken whether in going to M. General Wolfe or in returning.
Extracts from Amhert’s letter to Pitt dated Camp of Crown point October 22d. 1759, dans Doughty et Parmelee (dir.), The siege of Quebec… Sixth Volume, p. 44

11 Septembre 1759

Captain Kennedy was unluckily taken by some of St. Francis Indians ho were out a hunting, as he was going to M. General Wolfe.
Extracts from Amhert’s letter to Pitt dated Camp of Crown point October 22d. 1759, dans Doughty et Parmelee (dir.), The siege of Quebec… Sixth Volume, p. 44

11 septembre 1759

Twas morning before Capt Abercromby got back. Capt Disserat of the Regt de la Reine who came with the Flag of Truce said Kennedy was taken by some of the St Francois Indians who were hunting.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 167.

12 septembre 1759

« As Capt Kennedy’s Journey was now over I ordered a detachment of 220 chosen men under the command of Major Rogers to go & destroy the St Francois Indian Settlements and the French settlements on the South side of the River St Lawrence, not letting any one but Major Rogers know what about or where he was going. »
AmherstThe Journal of Jeffery Amherst…, p. 168.

29 septembre 1759

Journal de Lévis, 29 septembre 1759 [Kennedy] :
On apprit qu’on avait arrêté à la Présentation un officier anglais avec son détachement; qu’il était parti le 26 de la rivière aux Sables et qu’il comptait aller à Chouagen; il était porteur de lettres du général Amherst au général Gage, qui lui mandait qu’il allait faire un mouvement, qu’il eut à en faire autant; qu’il avait un brigantin de prêt sur le lac Champlain.
LévisLe journal du Chevalier de Lévis, p. 166.

6 octobre 1759

« On m’a dit que le capitaine Kennedy et le lieutenant Hamilton, officiers de l’armée du général Amherst, sont maintenant prisonniers à Batiscan, et qu’ils avoient souffert à cause de la manière dont ils avoient été pris. Lorsque ces officiers ont été pris, ils cherchoient, suivant ce qu’on m’a informé, à venir à notre camp et à éviter les vôtres. Ainsi, Monsieur, je ne conçois pas comment on a pu les regarder comme espions. En considération de ces deux prisonniers qui ont beaucoup souffert, je vous offrirai, Monsieur, de les échanger contre deux officiers du même grade autrement, je désire que Votre Excellence me renvoie sur le champ MM. de Figuiery et de Braux, auxquels j’ai donné permission d’aller à Montréal, pour y vaquer à leurs affaires. »
Monckton à Lévis. À Québec, le 6 octobre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, p. 263

13 octobre 1759

« Le capitaine Kennedy et le lieutenant Hamilton avoient été pris par les Abénaquis, desquels je les ai rachetés. Ils avoient encouru les risques d’être traités différemment que les prisonniers, étant venus en parti bleu [Dictionnaire de 1762 : Un parti de gens qui s’attroupent sans ordre pour piller de côté & d’autre. On pend les partis bleus quand on les attrape.], sans mission ni caractère d’autorité légitime. Ils pourroient être sujets aux plus grandes rigueurs. Ils furent d’abord mis aux fers mais ayant, peu après, été informé de leur naissance et de leur grade, je les ai fait élargir et les ai traités depuis en officiers. Je les renverrai à M. Amherst, qui les a réclamés. Je donne ordre à MM. de Figuiery et de Braux de se rendre incessamment à Québec. »
Vaudreuil à Monckton. À Montréal, le 13 octobre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres et pièces militaires …, pp. 266-267.

20 octobre 1759

« Le renvoi de ces envoyés me paroît comme un prélude nécessaire. L’affaire va au coeur, et ce que j’ai appris, c’est qu’un des deux, M. Kennedy, est parent de M. Murray et fort proche. J’ai eu l’honneur de vous marquer l’espèce de nécessité à les envoyer ici, à moins d’un inconvénient très grand et que je ne pense pas. »
Bernier à Lévis. À l’Hôpital Général de Québec, le 20 octobre 1759, dans Casgrain (dir.), Lettres des divers particuliers…, pp. 19-20

15 novembre 1759

In the night past Major Grant arrived. Had left all the English Prisoners on this side the Otter River to come on in the morning. I ordered the officer of the Guard boats to let them pass & send them by the Eastern Shore, and I sent Capt Abercromby, my Aid de Camp, & the Company of light Infantry of the Royal to stop the Escort 4 or 5 miles off & send the Prisoners in. The Escort was 2 Lieuts & 40 Canadians our Prisoners, M Grant, Capts Kennedy McKenzie & Pringle, Lt Hamilton, Meredith & Roche, Ensign Downing, Jenkins & Mackay, Major Lewis of the Virginians & Ensign Hollar of the Pennsylvanians, Capt Tute, Lts Hone, Dickson & Fletcher of the Rangers, Mr Beach, a Master of a Merchantman, and two midshipmen, Mr Cummings of the Alcide & Mr Windsor of the Squirrel.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 191.

29 août 1760

At night Capt Jacobs who was taken with Capt Kennedy came to me. He arrived with Indians from the French & brought me a Letter from a Priest to offer Peace on the Indian side. I meant to get away, but I must first see the Vessels safe or nothing will be done & I shall have nothing to send for provisions.
Amherst, The Journal of Jeffery Amherst…, p. 241.

5 février 1762

Two Caghnawaga Chiefs are come from their Castle with a Message from them & the Algonkins & Abenaquis requesting to have a meeting at Albany with me & the Stockbridge or New England Indians, in order to make up an affair concerning a Murther [Murder] committed by them on a River Indian who accompanied Capt. Kenney about 2 years ago to ye village of St. Francis, and which (when I was in Canada) I insisted on their making Satisfaction for.
William Johnson à Amherst. Au fort Johnson, le 6 février 1762, dans Johnson, The Papers of…, Volume 3, p. 623.

Sources

  • Archives nationales, Outre-Mer, Colonies (Aix-en-Provence) :
    • Série F: Collection Moreau de Saint Méry (dont des copies consultées sur http://heritage.canadiana.ca/)
  •  Amherst, Jeffery (Édité par J. Clarence Webster). The Journal of Jeffery Amherst Recording the Military Career of General Amherst in America from 1758 to 1763. Toronto, Ryerson Press, 1931. 341 p. Coll. « The Canadian Historical Studies ».
  • Anonyme (Édité par Bernard Andrès, Patricia Willemin-Andrès et Aegidius Fauteux). Journal du siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759. Québec, Presses de l’Université Laval, 2009. 246 p. Coll. « L’archive littéraire au Québec ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres de l'intendant Bigot au chevalier de Lévis. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1895. 110 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres des divers particuliers au Chevalier de Lévis. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1895. 248 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres du marquis de Vaudreuil au Chevalier de Lévis. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1895. 215 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Casgrain, H. R. (dir.). Lettres et pièces militaires, instructions, ordres, mémoires, plans de campagne et de défense, 1759-1760. Québec, L.-J. Demers & Frères, 1891. 367 p. Coll. « Manuscrits du maréchal de Lévis ».
  • Doughty, A. et G. W. Parmelee (dir.). The siege of Quebec and the Battle of the Plains of Abraham. Sixth Volume. Québec, Dussault & Proulx, 1901. 346 p. [ En ligne : https://archive.org/details/siegequebecandb09parmgoog ] Consulté le 12 février 2019.
  • Johnson, William (Édité par l’abbé James Sullivan). The Papers of Sir William Johnson. Volume 3. Albany, University of New York, 1921. 458 p. [ En ligne : https://archive.org/stream/paperssirwillia00unkngoog ] Consulté le 12 février 2019.
  • Knox, John. An Historical Journal of the Campaigns in North-America, for the Years 1757, 1758, 1759, and 1760 [Etc.]. Vol. 2. Londres, W. Johnston, 1769. 465 p. [ En ligne : https://archive.org/details/historicaljourna02knox/page/n9 ] Consulté le 8 janvier 2019.
  • Lévis, François-Gaston de (Édité par Robert Léger). Le journal du Chevalier de Lévis. Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2008. 253 p.
  • Montcalm, Louis-Joseph de (Édité par Robert Léger). Le journal du Marquis de Montcalm. Montréal, Éditions Michel Brûlé, 2007. 512 p.
  • Richard, E. Supplement to Dr. Brymner’s Report on Canadian Archives by Mr. Edouard Richard 1899. Ottawa, S. E. Dawsom, 1901. p. 179 [ En ligne : http://dx.doi.org/10.14288/1.0308147 ] Consulté le 12 février 2019. 


20 November 2017

À l'abordage en Acadie

Détail d'une toile de Claude Joseph Vernet
Deux anecdotes croustillantes puisées d'un même document des archives françaises, portant sur des Britanniques qui kidnappent un pilote et des Acadiens qui en ont plein le casque de se faire déporter:
Le 8. fevrier [1756] un Bâtiment Anglois vint dans le bas de la Riviere S.t Jean, il fit des signaux françois et envoya sa chaloupe à terre pour demander un pilote disant qu’il revenoit de Loüisbourg chargé de vivres. Un acadien eut la legerté d’aller a son bord; mais il n’y fut pas plutôt que le capitaine fit hisser son pavillon et fit une decharge de son artillerie sur les Acadiens qui êtoient a terre, aprés quoy il se rendit dans le havre. Mais les acadiens s’embusquerent, et firent un feu si vif de leur mousqueterie qu’ils l’obligerent à s’en retourner à Port Royal.
Les Anglois ayant pris et fait embarquer de force a Port Royal 36. familles Acadiennes faisant nombre de 226. personnes pour les conduire à la Caroline, ces Canadiens se revolterent et S’êtant rendus maîtres du Bâtiment le menerent a la Riviere S.t Jean le 12. fevrier [1756]. Il sera rendu un compte particulier de cette avanture parce que le Capitaine du Bâtiment pretend qu’il est Portugais. 
[Mise à jour du 2024-03-04: Le navire serait le Pembrooke]

Source:

ANOM, Colonies, C11A 100, F° 376-383. Feuille au roi à propos de ce qui s'est passé en Amérique depuis le mois de février (lettres apportées par la frégate la Sauvage). Juillet 1756.

26 April 2017

Relation de la prise de Niagara, 1759

Extrait d'une lettre de Macarty, commandant au fort de Chartres, à Kerlerec, gouverneur de la Louisiane, le 30 août 1759:
J’aprend par M.rs de Belestre, et girardeau, la defaitte de notre detachement au moment d’entrer dans Niagara. les Anglais au nombre de 2000 i compris des sauvages des cinq feux, leur ayant tendu une embuscade et trahis, par les dittes nations; on a donné dedans[1]. on pretend qu’une lettre Ecritte a M.r Pouchot, commandant, de se tenir prest a abattre les [ponts levis] un tel jour, a été portée a l’anglois qui en consequence s’est retranché sur le passage et envoyé audevant des sauvages, nous faire amitié et assurer que l’anglois, etoit sur la rive opposée. Je ne puis comprendre comme un detachement de 13 a 1400. hommes ait donné dedans avec tant de confiance jusque se faire mettre la bourre dans le ventre; sans doutte qu’on n’avoit point d’avangarde, n’y envoyé des françois a la decouverte, d’un costé et d’autre; de la premiere decharge, la majeure partie des officiers ont pery etant pris en [flanc] et en teste, la surprise a fait faire Volteface a tous ceux qui etoient derriere, la pluspart n’ayant pu faire feu, etant en Colonne sur 12 de hauteur, lors qu’on a été en deroutte il n’a jamais été possible aux officiers qui restoient, de [rallier] le monde; ils ont été poursuivis jusqu’au pied des costes. On Estime la perte du 24. juillet a 344 hommes pris ou tués, duquel nombre sont 17 officiers du canada, aux environs de 200 canadiens ou soldats, 6. de la louisiane, qui sont les S.rs Aubry, Devilliers, Lozy, Desroches, [Devins], Ferrant. Cadets [Desillets], Labarre, deux sergents, deux [caporaux], 30. soldats et 54 habitants, les S.rs berquier Blessé a la hanche et [hemery] demoncharsaux a l’épaule qui vont bien l’un et l’autre; Le reste sont des nations, sauteux, qui ont bien fait, la pluspart de nos nations etant restées derriere, ont été spectateurs, a l’exception des [Cansés/…sés] et petits Osages qui ont donnés, ils n’ont perdus [en ce qu’il] paroit personne; il est a [croire …/craindre] quils n’ayent eu quelques pourparler entre les nations qui nous donnent dans la suitte de la tablatture, si niagara venoit a etre pris. il etoit [detout] assiegé depuis 18 jours on pretend, sans trop assurer la chose, que M.r lacorne avoit pris deux batteaux aux anglais, qui, les reduis où [a manquer], et que, pendant quils etoient occupés du costé de notre detachement, il avoit entré dans niagara. il se repend aussy un bruit, que l’anglais ayant envoyé 100. voiles pour le siege de quebec, la France en avoit envoyé autant pour la defence; J’Espere apprendre bientôt quelque chose de plus positif.



[1] C’est-à-dire, on est tombé dans le piège.

Source:
ANOM, Colonies, C13A 41, F°103-107v. Macarty à Kerlerec. Aux Illinois, le 30 août 1759.