12 March 2026

Plaidoyer contre l’utilisation de l’IA dans la recherche et la rédaction

(Cette image ne fut pas créée avec l'aide d'IA. -JG)

 « I don’t participate in my own murder. » Je ne participe pas à mon propre meurtre. Paroles glanées sur BlueSky, leur autrice anonyme décriait l’obsession de vouloir nous obliger à adopter l’intelligence artificielle dans notre quotidien professionnel. Je ne peux être qu’en accord avec cette dame. Dès les débuts de l’apparition de l’IA (quelque part entre les premiers mèmes de Will Smith mangeant un spaghetti et l’omniprésence de Copilote dans le moindre logiciel de Microsoft), je sentais déjà un profond malaise vis-à-vis cette technologie qui aujourd’hui menace de nombreuses professions. J’aimerais éclaircir ici mes réserves face à son intrusion dans nos vies.

Je vous fais fi des nombreux arguments déjà énumérés par des gens plus érudits que moi. Ceux-ci comprennent en premier lieu le fait indéniable que l’industrie de l’IA repose sur un socle fondé sur le vol intellectuel pour entraîner la machine. S’ajoutent à cela les entraves à la vie privée, et le montant extraordinaire de pollution, d’usurpation de réserves d’eau fraîche et de gaspillage énergétique taxant l’environnement déjà fragilisé par nos activités économiques. Et enfin, point sur lequel je m’arrime, plusieurs ont décrié le danger existentiel que pose l’IA en étant un accélérant aux Fake news.

Ce que je ressens aujourd’hui, nous l’avons pourtant vu venir. Mon profond malaise existentiel se fonde sur l’effacement de la ligne entre réalité et artifice. Ne nous faisons pas d’illusions : nous sommes rendus au-delà de l’ère de la post-vérité, nous entrons maintenant d’un pied ferme dans l’ère de la post-réalité, où le virtuel s’immisce dans le réel, oblitérant progressivement toute démarcation entre les deux. Je vous fais grâce des nombreux exemples d’abus de l’IA à des fins politiques, racistes et sexistes. Elles font déjà les manchettes. L’angoisse que je veux soulever ici est d’abord et avant tout celle vécue dans la salle de classe.

Il devient de plus en plus évident que nous ne formons plus des élèves; nous évaluons leurs prompts, tant et si bien que même si je pousse mes étudiants à me promettre de ne pas se servir d’IA dans leurs travaux, tous deviennent suspects. En effet, comment voulez-vous que je fasse confiance à mes étudiants? Au-delà du fond de leurs travaux, même la forme pose problème lorsque la qualité des textes devient louche… Dois-je conclure que mes étudiants gardent tous leur promesse de me rendre que leur travail brut, pondu sans l’aide d’IA, tout en ayant soudainement fait fit des tendances d’écritures que j’ai observées pendant mes années d’expérience d’enseignement avant l’apparition de ChatGPT? Même si un texte s’appuie sur une intervention minime de cette technologie, comment faire la part entre son auteur et la machine qui lui a craché des phrases sur son écran?

Dans tous les cas, ces textes artificiels ne sont pas le produit d’un génie humain, mais d’un brassage des probabilités que tel mot suive tel mot. Donc, comment juger la qualité d’un texte, même à contribution minime de l’IA, si je ne peux pas déterminer ce qui provient de l’auteur et ce qui provient d’une agglomération statistique (et très possiblement plagiaire) du hachoir informatique des connaissances humaines? Encore une fois, tout est dorénavant suspect dans les épreuves remises par mes étudiants, même de la part de ceux et celles qui n’auront pas du tout touché à l’IA — comment puis-je différencier le texte bien écrit d’une étudiante douée d’un texte artificiel pondu à la demande d’un étudiant médiocre? Je dois constamment résister l’impulsion de vouloir simplement tout rejeter, jusqu’à preuve du contraire qui pourra m’assurer que l’étudiant que j’évalue sait effectivement écrire et faire de la recherche.

Une précision s’impose : je souligne que je ne suis pas contre le progrès. Je rappelle aussi que le nom « IA » est un terme fourre-tout. Ainsi, je peux certainement apprécier des plateformes d’IA comme Transkribus pour accomplir des tâches chronophages comme la transcription automatisée de milliers de documents. Je ne critique donc pas l’utilisation de l’informatique pour accomplir des tâches ennuyeuses de compilation ou de transcription de masse (comme l’OCRisation ou, encore une fois, Transkribus). Ma hargne vise plutôt les systèmes autonomes et génératifs comme les ChatGPT de ce monde. Je rappelle encore une fois que l’IA générative, par sa nature même, fonctionne par le plagiat et l’usurpation de tâches intellectuelles d’humains, le résultat étant en sus souvent criblé d’hallucinations numériques.

Pour tous ceux qui pourraient m’accuser d’exagérer et de reprendre les vieux arguments critiquant l’invention de la calculatrice, je souligne que la comparaison est aussi ridicule que celle entre un vulgaire pétard et une bombe nucléaire. D’ailleurs, les « Brogrammeur » ou Tech bros de ce monde ont déjà avoués qu’ils veulent nous faire gaver leurs IA afin de paver la voie vers un monde huxleyen... Voilà déjà une raison existentielle pour résister, de tuer cette dystopie dans l’œuf.

De surcroît, j’ajoute une raison très pratico-pratique pour faire acte de refus : au-delà des implications philosophiques, politiques, économiques, éthiques, environnementales, légales, et quoi d’autre encore à l’échelle de la planète, la simple vérité est que même au niveau personnel, l’utilisation de l’IA demeure criblée de problèmes. Par exemple, si une image vaut mille mots, une image IA vaut mille maux: allant du plagiat à l’anachronisme, aux représentations étranges ou instrumentalisées, ces images sont problématiques. Imaginez : Noël dernier, même le « p’tit Jésus » n’était pas à l’abri de se retrouver avec pas deux, mais trois pieds dans le dépliant de la messe de minuit de la paroisse de Québec! Comme quoi, même l’Église catholique n’est pas au-dessus de la tentation de la paresse, pourtant l’un de ses sept péchés capitaux... Blague à part, cet exemple illustre que nous avons plus de facilité à reconnaître les défauts de l’IA dans l’iconographie qu’elle produit, alors qu’elle commet tout autant d’erreurs dans les textes qu’elle recrache aux usagers.

Plus important encore, la principale faille de vouloir minimiser l’impact de l’IA est qu’elle prétend que cette dernière est un outil d’écriture au service de l’étudiant. En réalité, c’est l’inverse : c’est plutôt l’étudiant qui est l’outil de l’IA — et un outil, cela n’a pas d’agentivité. En effet, l’étudiant n’est pas en train de transposer ses idées sur un support; il se soumet à l’IA, l’aidant à peaufiner le texte recraché pour le rendre plus « humain », et de facto, aider la machine à s’entraîner et à s’améliorer pour passer complètement outre de l’étudiant à l’avenir (oui, les Microsoft et Google de vos appareils espionnent vos moindres frappes du clavier). Il est d’autant plus important de se rappeler aussi que l’IA est une sorte de renversement du parcours de l’hypothèse à la conclusion : logiquement, on rejoint une conclusion après avoir cogité et recherché afin de comprendre. Mais avec l’IA, on demande la conclusion avant même de comprendre, et souvent, sans même chercher à comprendre.

Ce ne sont donc pas les talents de l’étudiant qui se trouvent sur la page. L’étudiant est marginal dans la production du résultat invoqué par incantations « pomptiques ». Comble de l’ironie, la maladresse et le manque d’expérience de l’étudiant deviennent encore plus évidents à la lumière de ses ajustements au texte : combien de profs sont restés surpris à soudainement lire une phrase totalement bancale et boiteuse au milieu d’un texte autrement grammaticalement immaculé? L’inexpérience de l’étudiant est donc trahie par ses rares contributions honnêtes dans un texte autrement généré par la machine. À la fin, ce processus (ou manque de processus) n’encourage pas l’étudiant à exercer sa plume pour s’améliorer, mais à mieux cacher ses interventions, à s’effacer devant la machine, en somme, à abdiquer sa capacité de réfléchir et de s’épanouir, capacité passant forcément par l’effort et la pratique. Je rejette donc du revers de la main la prémisse que les professeurs doivent dorénavant aider les étudiants à bien se servir de l’IA dans la rédaction de leurs travaux tout simplement parce que « l’IA est ici pour rester »…

J’ai longtemps cherché les paroles pour exprimer cette méfiance que je ressens au fond de moi-même contre l’IA. Je les ai enfin trouvées, formulées à merveille par la politologue et essayiste Asma Mhalla (pour les temps qui courent, je recommande fortement d’accorder priorité à son livre et de le placer sur le dessus de votre pile de lecture) : 

« La métamorphose technologique redéfinit les verbes structurants de nos régimes de subjectivité. Penser, par exemple, relevait d’un processus actif : douter, formuler, bifurquer. Aujourd’hui, c’est cliquer. L’IA prend en charge l’effort intellectuel : elle trie, hiérarchise, recommande, visibilise certains récits, invisibilise d’autres savoirs. Le sujet pensant est atrophié. Il n’élabore plus, il consomme des contenus prêts à l’usage. » [Asma Mhalla, Cyberpunk : le nouveau système totalitaire, Paris, Seuil, 2025, p. 154.]

À la lumière de cette dure vérité, la question que nous devons nous poser est la suivante : qu’est-ce que l’éducation universitaire et à quoi sert-elle? Dans un monde moderne, pressé, impulsif et superficiel comme le nôtre, où les corporations et les politiciens se font compétition pour nos moindres moments d’attention, il n’a jamais été aussi important de prendre le temps de ralentir, de ralentir et d’apprendre à réfléchir au lieu de simplement réagir. À l’image du « slow food » pour contrer la médiocrité du « fast-food », nous devons améliorer notre nutrition intellectuelle à l’aide de la « slow thinking », c’est-à-dire cultiver le processus délibéré de prendre le temps de réfléchir pour contrer les mauvaises idées. L’université se doit d’être l’endroit où développer ces aptitudes. La réflexion, après tout, n’est pas une activité naturelle, innée : c’est un talent qui requiert de l’entraînement, de l’effort et de la volonté. Pour ces raisons, je dis à mes étudiants que je me fiche de leurs résultats : je veux voir et sentir le processus derrière leur travail.

De surcroît, je crois très sincèrement que nous avons tort de penser que l’utilisation de l’IA nous épargne du temps, bien au contraire. En effet, tant qu’à passer notre temps à contre-vérifier ce que l’IA nous a recraché, autant effectuer le travail soi-même. D’ailleurs, est-ce vraiment épargner du temps si le temps supposément « épargné » fut retiré d’un apprentissage important ou d’une période de réflexion nécessaire? Encore une fois, ce n’est pas tant le résultat de la recherche qui compte, mais la méthode et le processus, et ceux-ci prennent du temps. Un chercheur porte bien son nom : il cherche. C’est le temps consacré à mener ses recherches qui est le médium de son excellence. C’est cet effort qui permet de tomber sur des sources inconnues et insoupçonnées; de facto, ces découvertes font brasser les idées et donnent naissance à de nouvelles avenues de réflexion; en suivant ces différents filons pour déterminer leur potentiel, on écarte les faiblesses de notre thèse et on accumule des bases solides. En somme, on fait ce que la machine ne sait pas faire : innover. Et l’innovation ne passe pas toujours par des raccourcis.

À défaut de pouvoir convaincre les étudiants de s’éloigner de l’IA, il faudra trouver moyen de les encadrer. Comment, je ne le sais pas encore; je caricature à peine en proposant un retour aux machines à écrire pour les éloigner de l’ordinateur… Autrement, nos étudiants devront se poser sincèrement la question : comment convaincrons-t-ils leurs futurs employeurs que leur baccalauréat, obtenu entièrement à l’aide d’IA, fera d’eux des candidats supérieurs par opposition à ceux tout frais sortis du secondaire, sachant « pitonner » tout aussi bien, sinon mieux qu’eux sur ChatGPT?

Alors que certains collègues s’avouent vaincus et abandonnent l’idée de confier à leurs étudiants des travaux de réflexion et de rédaction pour faire place à des examens et d’autres exercices misant sur l’apprentissage par cœur (et souvent oraux), j’y vois une sérieuse dérive : pour paraphraser Montaigne, le but du séjour universitaire des étudiants n’est pas de se retrouver avec une tête bien pleine, mais une tête bien faite. Nous devons trouver moyen de réconcilier les étudiants avec le monde physique des bibliothèques, des archives, du réseautage, de la recherche, de la méthode, de l’effort.

Enfin, loin de moi l’idée de dénoncer mes collègues qui, personnellement, adoptent l’IA de plein gré, y voyant au minimum un moyen de combattre le syndrome de la page blanche en y « puisant inspiration ». Toutefois, pour ma part, je refuse même de faire cela : je tiens à garder jalousement la fierté de ce que je produis. Et voilà peut-être mon dernier argument dans mon plaidoyer à mes étudiants : avez-vous si peu confiance en vos propres compétences et aptitudes que vous vous avouez immédiatement vaincu sans avoir essayé de vous améliorer? Je vous assure, dans le monde professionnel des sciences humaines, rien n’égale la fierté de tenir une publication entre ses mains, sachant que tu en es le créateur et qu’on l’aura trouvé assez important pour se mériter la dignité d’être imprimée et diffusée dans le monde. Voulez-vous vraiment concéder cette fierté à une machine?

En somme, l’IA générative ne contribue pas à l’éducation. Elle crée un simulacre d’éducation, un mirage d’impression d’avoir produit des connaissances et d’en avoir accumulé. Au risque du cliché, j’emprunte cette citation tirée du roman Dune de Frank Herbert : « Les hommes ont autrefois confié la pensée aux machines dans l’espoir de se libérer ainsi. Mais cela permit seulement à d’autres hommes de les réduire en esclavage, avec l’aide des machines. »  Chers étudiants, je vous lance un cri du cœur : n’abdiquez pas votre humanité à une machine, et votre capacité de penser à des psychopathes huxleyens. Vous êtes plus que la somme d’algorithmes et la proie de la cupidité des technofascistes de ce monde. Visez à l’enrichissement de votre esprit plutôt que l’enrichissement des poches de brogrammeurs.

 

N.B. Si vous tenez à le savoir, ce texte m’aura pris 546 minutes à écrire et éditer.

28 December 2025

Danger: Glissade!

Image tirée de la légende montréalaise
 Nips Daimon, par C.E. Bockus,
publiée dans Once a Week,
vol. 6, 24 mai 1862, p. 602-208.


Saviez-vous qu’il était illégal de glisser dans les rues de Québec sous le Régime français? Voici une transcription tirée des ordonnances des intendants :

24 [décembre 1748] qui deffend de glisser dans la ville

François Bigot &.ca.

Sur ce qui nous a esté représenté que les Enfans et même de grandes personnes glissent En traines, En patins et autrement dans les differentes Costes de cette ville, ce qui Expose les passants à des accidents (comme il est déja arrivé par la vitesse avec laquelle Ils peuvent tomber sur Eux), n’ayant pas le temps de se ranger pour les Eviter, a quoy Estant nécéssaire de remedier.

Nous faisons tres Expresses Inhibitions et deffenses a toutes personnes, et aux Enfans de glisser dans les rües de cette ville, soit En traines, En patins ou autrement, a peine contre Les grandes personnes de Dix Livres d’amende payable sans deport et aplicable aux hopitaux Et quant aux Enfans qui seront pris En Contravention, declarons que leurs peres et meres seront contraints au payement de pareille amende de Dix Livres pour chacun de leurs Enfans, Lesquels [dits] Enfans garderont prison jusques à ce que leurs [dits] peres et meres ayent Satisfait a [ladite] amende Et à l’Egard des Enfans qui n’auroient ni peres ni meres, Nous prévenons leurs maitres, Leurs tuteurs, parens ou autres particuliers chez Lesquels Ils demeureront qu’ils Seront également contraints au payement de l’amende que s’ils Estoient leurs propres Enfans. Mandons aux Officiers de Police de tenir Exactement la main a l’Exécution de la présente ordonnance qui sera Lüe, publiée et affichée partout ou besoin sera à ce que personne n’En puissent prétendre cause d’Ignorance. fait à Quebec le vingt quatre Decembre 1748 Bigot




 Source :

Archives nationales à Québec, E1,S1,D36, Fonds Intendants, Cahier 36 : Registre des commissions et ordonnances rendues par Monsieur Bigot, intendant de justice, police, finances et de la marine de la Nouvelle-France. Folio 28v-29v. Ordonnance du 24 décembre 1748 qui défend de glisser dans la ville de Québec. En ligne : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/4924966?docref=Bq0cpdNPNAtAhQ31zqwnXA

07 July 2025

La Compagnie de la Baie d’Hudson : 350 ans de commerce

Ancien magasin de la Compagnie de la
Baie d’Hudson à Lachine, vers 1925.
Archives nationales à Québec,
Collection initiale (P600, S6, D5, P246).
Photo : Edgar Gariépy.

Lisez mon plus récent billet pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)! Je vous parle de l'histoire en bref de la Compagnie de la Baie d'Hudson et des documents à son sujet aux Archives nationales.

 https://www.banq.qc.ca/explorer/articles/la-compagnie-de-la-baie-hudson-350-ans-commerce/

13 June 2025

La Revue d'histoire de la Nouvelle-France

Je suis très honoré d'avoir été choisi par la Revue d'histoire de la Nouvelle-France pour sa plus récente chronique "La Nouvelle-France selon..."

Si je vous encourage à acheter la revue et même de vous y abonner, ce n'est pas pour ma binette, mais plutôt la qualité des articles et la beauté de la revue. C'est une lecture agréable tout en étant rigoureux avec les recherches. L'intersection parfaite entre le savant et la vulgarisation, bref. Bonne découverte!

Pour acheter votre/vos copies:

https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/recherche/collection/revue-d-histoire-de-la-nouvelle-france



27 January 2025

MonsterTalk S04E17: The Ghost of Ticonderoga with Joseph Gagné

Once again, I had the pleasure of being invited on MonsterTalk by the ever wonderful Blake Smith and Dr. Karen Stollznow. This time, I got to prattle on an on about one of my favourite ghost stories: the Ghost of Ticonderoga. You can listen to the episode here! (And don't forget to subscribe to this terrific podcast!)



06 January 2025

Rions un peu

Rien de bien sérieux pour ce premier billet de 2025: je vous partage le "bêtisier" de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. L'équipe de BAnQ s'est vraiment dépassée l'an dernier à vous produire des capsules informatives. Voici quelques extraits des prises "ratées" lors du tournage. Peut-être y reconnaîtrez-vous quelqu'un de loufoque? ;)

N.B. Faites-vous un cadeau cette année, abonnez-vous aux fil des réseaux sociaux de BAnQ! (Si vous ne l'avez pas encore fait!)


31 December 2024

La chasse-galerie

La chasse-galerie
(Collection personnelle)

Bien assis dans ma nouvelle chaise berçante, je sirote paisiblement un bon thé noir. Entre deux gorgées, je dépose ma plus récente lecture des Fêtes : The Dead of Winter: Beware of the Krampus and Other Wicked Christmas Creatures, de l’historienne Sarah Clegg. Comme l’indique son titre, l’ouvrage porte un œil historique sur les légendes européennes du temps des Fêtes. Alors que je continue de me bercer, je fixe l’œil sur la neige qui recouvre à peine ma petite cour arrière et je me mets à réfléchir sur notre propre patrimoine folklorique des Fêtes. En particulier, les recherches de Clegg au sujet de la légende de la « Wild Hunt » (chasse fantastique, chasse aérienne, ou chasse sauvage) me font immédiatement penser à notre bonne vieille chasse-galerie.

La Chasse-Galerie selon C. Lepine
L'Opinion publique, le jeudi 19 août 1875, p. 394.

Ceux qui me connaissent savent que j’adore la légende de la chasse-galerie. D’ailleurs, ma première bière fut une Maudite, attiré comme je l’étais par son étiquette reprenant la légende de damnés volant dans le ciel dans un canot enchanté par le Diable en personne. Je viens également de m’acheter une sculpture de chasse-galerie chez Sculpteur Flamand dans le Petit-Champlain à Québec. En somme, j’aime beaucoup la chasse-galerie. Mais au fait, il faudrait plutôt parler des légendes de la chasse-galerie!


En effet, sa légende, telle qu’on la connaît de nos jours, est en quelque sorte fossilisée : la mémoire populaire ne retient que la version mise sur papier par Honoré Beaugrand en 1891, dans les pages du journal La Patrie (vol. XIII, No. 260, 31 décembre 1891, p. 1-2). La popularité de cette version a fait oublier à peu près toutes les versions orales qui circulaient déjà au xixe siècle, elles-mêmes des versions de la chasse-galerie originale qui remonte jusqu’au Moyen Âge. Il faut quand-même rendre à César ce qui revient à César : peut-être sans le savoir, Beaugrand avait tout de même sut sauvegarder la mémoire de la chasse-galerie à une époque où les cercles intellectuels cherchaient à la faire disparaître ainsi que toutes les autres superstitions populaires. Citons qu'un seul exemple de la première moitié du xixe siècle :

« Dans ce siècle philosophe, impie, voltairien en effet, on ne croit plus ni au sabbat, ni aux sorciers, ni aux incubes, ni aux succubes, ni aux revenans, ni aux loups-garoux, ni aux grands veneurs (ce qu’on appelle ici chasse-galleries) ni aux vampires; et l’on croit que les feux follets sont tout simplement des exhalaisons de la terre et par conséquent un phénomène très naturel, Quant à moi je me réjouis que toutes ces folles croyances disparaissent. Le sort de la pauvre humanité est déjà assez triste sans le rendre encore plus mauvais par la foi dans ces extravagances, qu’on doit encore au moyen âge. » Signé B., Compté de H., le 24 décembre 1849. [« Dimes », L’Avenir. Journal républicain, le jeudi 17 janvier 1850, p. 1. https://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/4334611 ]

J. Grignon qui nous rappelle des traditions canadiennes.
Le Journal des Trois-Rivières, le lundi 20 novembre 1882, p. 1.
Très peu d’histoires de chasse-galerie existent à l’imprimé : pour la plupart du temps dans les périodiques du xixe siècle, la légende n'est nommée que de nom, évoquée par nostalgie ou, curieusement, souvent comme outil de critique politique. Je peux me vanter toutefois — en tant que « ti-gars » originaire du Nord de l’Ontario — que la plus ancienne version de la légende imprimée dans un livre ne provient pas du Québec, mais de la frontière entre l’Ontario et le Michigan! Je cite mon ancien professeur de folklore à l’Université de Sudbury, Marcel Bénéteau, au sujet de l’autrice qui nous a préservé cette version :

Les écrits de Marie Caroline Watson Hamlin nous offrent une perspective privilégiée sur le folklore des Pays d’en haut [Note de JG : Lire, la région des Grands Lacs], montrant à la fois des liens évidents avec la culture de la vallée laurentienne et des innovations et des adaptations typiques de la vie à l’intérieur du continent. Décédée à l’âge de trente-cinq ans, Watson Hamlin n’a laissé qu’un ouvrage important – Legends of le Détroit (1884), un recueil de 31 récits et légendes portant sur les Canadiens français des deux rives de la rivière Détroit – ainsi qu’un seul article, « Old French Traditions », texte d’une allocution livrée aux membres de la Wayne County Pioneer Society en 1878 et publié plus tard dans le Report of the Pioneer Society of the State of Michigan (1883). Descendante d’une famille pionnière du Détroit, Watson Hamlin fait partie de l’élite bilingue de l’époque et fonde plusieurs de ses récits sur les traditions orales circulant dans sa famille. Elle livre, entre autres, la plus ancienne version publiée de « La chasse-galerie » en Amérique du Nord. En plus des légendes qu’elle rapporte, ses écrits foisonnent de détails ethnologiques concernant les coutumes des fêtes calendaires et des rites de passage, les croyances populaires et la culture matérielle de la région du Détroit. Bien que son public ait été largement états-unien et anglophone et qu’aucune traduction française de ses légendes n’ait paru avant la fin du xxe siècle (Watson Hamlin, 1991, 2000), elle mérite sans aucun doute une place parmi les préfolkloristes du Canada français. [Marcel Bénéteau, « Le folklore des Pays d’en haut au xixe siècle : le témoignage de Marie Caroline Watson Hamlin », dans Francophonies d’Amérique no 40‑41 (2015), p. 163.]

Il est possible d’acheter une traduction française de cette version de la chasse-galerie auprès de la Société d’histoire du Nouvel-Ontario ici (#88-89 : Le Détroit des légendes). Néanmoins, je vous fais un petit cadeau de fin d’année : une transcription de l'édition anglaise originale de « LA CHASSE GALERIE: A Legend of the Canadian Shore », tirée du livre de Watson Hamlin Legends of Le Détroit (pages 126-133).

Je vous souhaite santé et prospérité pour 2025! À la vôtre!

LA CHASSE GALERIE
A Legend of the Canadian Shore

THERE is a strange resemblance in the legends of the different countries which leads one to believe that they derive their source from the same fountain. History places its signet on some, mythology throws its classic veil over others, while the rest, like floating islands which ever and anon appear as bits of stray fairy-land in our large bodies of water, dazzle us by their beauty, charm us by their uniqueness, and glide away as magically as they came, to seek a sheltered nook in some picturesque haven. So with regard to many of these legends once current along “La Cote du Nord”* history is silent. [* “La Cote du Nord.” The name by which that section lying east of what is now Woodward avenue was called.]

The charming ideas conveyed in them seem akin to the classic, but it is only in the memory of some old habitante who has outlived her age and generation that they find a revered niche. Seated by the side of one of these, whose hair the frosts of ninety years have bleached, and who has never left the banks of the beautiful lake where she first drew the breath of life, one can pick up many of these legends, carelessly thrown aside by this progressive age.

Among the traditions related by this survivor of a past generation, the best known and oldest is that of “La Chasse Galerie,” or “The Spectral Aerial Hunt.” Many honest, upright people still living will testify to having seen this phenomenon at some period of their lives. It does not always appear under the same form. Sometimes a canoe is visible, manned by twelve men, and in its prow is a dog whose incessant barking attracts the attention or the person who is to see the vision. Always to the north flies the phantom boat. At other times, dogs of a shaggy black, with drooping ears, are constantly seen running on the water, barking as if in the scent of game. Once in seven years a solitary horseman, with gaunt, bronzed face, rifle in hand, followed by his pack of dogs, is seen in the sky after sunset. He who sees the “chasse galerie”* knows that it betokens death either to himself or to others dear to him. [* Galerie is a corruption of galere [sic], a low, flat built vessel with one deck, and propelled by sails or oars.]

There once dwelt at Askin Pointe, on the Canadian shore, a Nimrod of the forest called Sebastien Lacelle. So devoted to the chase was he that his friends said that he was born with a gun in his hand, and no persuasion of theirs could induce him to join them in other sports. For weeks at a time he would be gone, and then return laden with game. After one of these excursions it was noticed that Sebastien was more silent than usual, had little to say of his hairbreadth escapes, nor did he boast, as was his wont, of the fruits of his trusty rifle.

The mystery was soon solved. One day, tired and weary, baffled by a deer he was pursuing, Sebastien came to a cabin in the woods. A young girl was caressing a deer and deftly dressing a wound in its side. Sebastien recognized it as the one at which he had shot. She was Zoé de Mersac, who had accompanied her father to help him extract the maple syrup from the trees. In the magic witchcraft of her smile Sebastien buried his heart. Zoé admired the strong arm and the vigorous manhood which could shield her from the rough blasts of the world.

It was on a glorious September day that Sebastien and Zoé were strolling along the beach, discussing the morrow, which was to be their wedding day. Zoé was possessed of a highly nervous organization which, like the Æolian harp, is played upon by each passing zephyr, and is peculiarly susceptible to superstition. She was telling her lover how she feared her happiness could not last and spoke of that serrement du cœur which seemed prophetic of evil. Sebastien, in the superb enjoyment of his healthy physique, could not sympathize with her, and only laughed at her fears.

What had presentiments to do with him, he thought; would he not be obliged to relinquish his bachelor habits and become a serious, home-staying man? An unconscious sigh escaped him. Raising his eyes, he abruptly left Zoé. He returned shortly afterwards accompanied by several men, guns in hand, whom he had called from the “seines” near by, and followed by Sebastien’s dog, Chasseur. Whilst his friends were loosening the boat from its moorings Sebastien joined his fiancée who asked him to explain the cause of his sudden departure. He pointed to a flock of ducks flying towards the flats (an unusual occurrence at that season) and said he was going for a farewell hunt. As soon as she heard this she hid her face in her hands, and the slender, girlish figure was convulsed. In accents tremulous with unshed tears, she besought him not to leave her, for if he did, he would never return. Sebastien tried to reason with her, but it was of no avail. He petted her and tried those arts in which the lover is so proficient. She told him that she had heard the past night the screech-owl in the willow tree near her window, at the same time the barking of dogs and ringing of bells in the air— doleful foreshadowings of approaching disaster.

Sebastien gazed tenderly into the upturned face, so pathetic in its tearful appeal, and felt his resolve melting away. But the impatient call of his friends and a shy feeling of being laughed at prompted him to hastily say good-bye to his promised bride. “When shall you return?” asked Zoé. “To-morrow at dawn, dead or alive, sure,” he jestingly added, to quiet her fears. Soon the hunters were off. Sebastien waved the end of his red sash and Chasseur barked a jubilant farewell, for he seemed to share his master’s love of the chase.

At early dawn Zoé came to the shore to welcome the returning hunters. She seated herself on one of the great boulders which are strewn upon the shores of the lake, thrown there by the Indian spirit Manabozbo, who cast them at his father in his memorable combat. Seldom had so glorious a scene burst on her view and all was in harmony with her nature. The dark forests melted with azure softness, the magical veil of misty golden haziness hung over everything, transforming the scene into a sea of gold dissolved in rainbow tints. Lake, sky, land, all seemed flooded and transfigured. The indescribable shades flowed into each other with a beauty which, while enchanting, was the despair of the artist. The girl drank in the delicious draught of loveliness, and thought if this was the dawn of a perfect earthly day which must die in all its splendor, what must be that of the eternal one in its undying beauty. To-day was her wedding day! Why did Sebastien tarry? Had he not a loving impatience to meet his bride? Hour after hour she waited, sending forth her petitions to Ste. Anne, the patroness of mariners, to guide her Sebastien back. Others whose husbands and brothers had gone with Sebastien joined her in her weary watchings. Night came but brought no returning hunters. Day after day Zoé still came to the beach, questioning the vast waters and the horizon for Sebastien. Winter passed, spring again hung her bright blossoms on the trees, but Sebastien came not to gladden the sorrow-haunted heart of the girl. Yet she seemed cheerful, as if buoyed up by some inward hope. She constantly said that her lover would return to claim her,—he had promised and he had never deceived any one. Once, shortly after he left, she had heard Sebastien’s voice, and looking up saw him in a boat in the clouds. Chasseur was with him, and Sebastien said: “I will come for you in a year and a day.” Then towards the north the mystic apparition glided and the voice died away in the moaning wind.

It was a year and a day. The pale cheek with its hectic flush, the fragile figure, the transparent hand told that this was a blossom for the grave.

Zoé desired that she should be dressed as a bride and carried to the beach to watch for her bridegroom. Her chair was brought to the place she designated. The scene was by a strange coincidence of nature, nearly the same as on the bright day she waited Sebastien’s return. Nature seemed anxious that the dying girl should take the sweetest and most beautiful memories of earth with her. The wakening waves chanted their low matins as they broke at her feet, the birds greeted her with jubilant notes and the soft, balmy air played hide and seek through the meshes of her hair.

The maiden heeded not the beauty of the scene; her eyes were intently fixed on a spot in the skies. Suddenly an ecstatic expression crept over her face, and raising herself up she exclaimed, “See! see! there is Sebastien in the boat; he beckons to me, and Chasseur is barking so joyously! Did I not tell you he would come for me? Sebastien, I come, I come.” And the pure spirit of the girl leaped from its mortal tenement to rejoin that of her spirit bridegroom. Her awe-stricken friends looked where she pointed and saw a phantom boat drifting on a billow of clouds and distinctly heard the echo of a barking dog as the vision melted into the boundless blue.

Lectures suggérées :

  • Beaugrand, Honoré. La chasse-galerie. Montréal, Bibliothèque québécoise, 1991. 105 p.
  • Bénéteau, Marcel. « Le folklore des Pays d’en haut au xixe siècle : le témoignage de Marie Caroline Watson Hamlin », Francophonies d’Amérique, No. 40‑41 (2015), p. 163‑184. En ligne : https://doi.org/10.7202/1043702ar.
  • Clegg, Sarah. The Dead of Winter: Beware the Krampus and Other Wicked Christmas Creatures, First edition. Chapel Hill, North Carolina, Algonquin Books of Chapel Hill, 2024. 193 p.
  • Gonthier, Claude et Bernard Meney (dir.). Treize Contes Fantastiques Québécois: Anthologie. XYZ editeur/XYZ Publishing, 2006. 294 p.
  • Janelle, Claude (dir.). Le XIXe siècle fantastique en Amérique française. Québec, Éditions Alire, 1999. 366 p.
  • Purkhardt, Brigitte. La chasse-galerie, de la légende au mythe. Montréal, XYZ, 1992. 208 p.
  • Watson, Marie Caroline Hamlin. Legends of le Détroit, Deuxième édition. Détroit, Thorndike Nourse, 1884. 317 p. En ligne : https://archive.org/details/legendsofledtr00haml/mode/2up. 

28 December 2024

2024: l’oublie d’un anniversaire


Ça y est : l’année 2024 achève et on se souhaite une année 2025 pas trop rocambolesque compte tenu du climat politique courant. Néanmoins, je me sentirais coupable de laisser l’année s’écouler sans soulever une dernière fois le grand absent de la mémoire populaire du Canada français : le 500e anniversaire du voyage de Giovanni da Verrazzano, l’explorateur qui baptisa l’Amérique française la Nouvelle-France.

Dans un précédent billet de blogue portant sur ma récente visite de New York j’écrivais :

[…] à ma demande, notre guide Émilie pointe du doigt le Verrazzano-Narrows Bridge (ou pont du détroit de Verrazano) au loin. Pour une raison inexplicable, Verrazzano est un nom à peu près absent du paysage commémoratif du Canada français. Pourtant, Giovanni da Verrazzanorite une célébrité aussi grande que celle de Jacques Cartier. Non seulement est-il le premier navigateur français à explorer la côte de l’Amérique du Nord à la solde du roi François Ier (sans oublier que Cartier fit très probablement partie de son équipage), mais c’est au cours de son expédition de 1524 qu’il baptise la Nouvelle-France. Ainsi, 2024 marque également le 500e anniversaire de l’aventure française en Amérique, une date charnière qui malheureusement semble passer presque complètement sous silence dans nos médias. Pour cette raison seule, je suis très heureux de constater que les New-Yorkais, au moins, ont choisi de commémorer l’homme en baptisant un pont en son honneur et, qui plus est au moment de son ouverture en 1964, le plus long pont suspendu au monde.

Depuis la date de cette publication, j’espérais bien voir davantage de mentions de Verrazzano dans nos médias francophones. Finalement, presque rien : seule une dizaine — une misérable dizaine — d’articles chétifs se trouve sur le portail francophone de Google News (et pas tous datant de 2024!).

Le temps m’ayant manqué pour faire de quoi digne pour souligner cet anniversaire (qui plus est : un 500e anniversaire, soit un demi-millénaire!), je me contente ici de partager quelques documents d’intérêts tirés de nos collections chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec :

02 November 2024

La bête du Gévaudan dans la Gazette de Québec

Illustration : Le loup-garou, par Charles Walker Simpson,
tiré du livre Légendes du Saint-Laurent, Canadien Pacifique, 1925.
[Disponible numériquement chez BAnQ]

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’être invité à l’émission de radio de Guy Nantel pour y parler du loup-garou de Kamouraska. J’ai également eu le plaisir de parler de cette fameuse créature sur les réseaux sociaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. En somme, j’explique que la Gazette de Québec, le premier périodique du Québec fondé en 1764, décide de publier deux articles en 1766 et 1767 portant sur un loup-garou qu’on aurait supposément vu rôder entre la capitale et Kamouraska. D’où vient ce monstre? Les éditeurs de la gazette ont certainement été inspirés par la célébrité de la bête du Gévaudan en France (la nommant, d’ailleurs!). Comme l’explique l’excellent livre de Jay Smith, Monsters of the Gévaudan: The Making of a Beast, la « bête » est elle aussi un produit médiatique. Suivant une vague d’attaques mortelles par des loups en temps de disette entre 1764 et 1767 dans cette région de l’ancienne province du Languedoc, les périodiques français ont amplifié la rumeur qu’il s’agissait d’actes commises par un seul monstre terrifiant.

En revisitant le sujet du « loup-garou de Kamouraska » dans la Gazette de Québec, j’ai réalisé qu’il y existait une poignée d’articles au sujet de la bête du Gévaudan. Je vous les partage donc dans ce billet! Bonne lecture! [Note critique: ces articles furent trouvés à l'aide du moteur de recherche de BAnQ numérique. La reconnaissance de texte étant limitée par la qualité des images, il se peut très bien qu'il se trouve d'autres articles à identifier manuellement. Par exemple, le mot clé « Gévaudan » n'a pas trouvé l'article portant sur le loup-garou de Kamouraska, pourtant bien connu!]

La Gazette de Québec, numéro 43, le jeudi 11 avril 1765, page 1. [lien]


La Gazette de Québec, numéro 48, le jeudi 16 mai 1765, page 1. [lien]

La Gazette de Québec, numéro 69, le jeudi 10 octobre 1765, page 2. [lien]

Tant qu’à faire, voici aussi un retour sur l’histoire de la bête dans le tome 78, numéro 5651, daté du samedi 16 janvier 1841, page 1. [Lien]