25 October 2012

Appel de soutien!


À partir de ce mois d'octobre 2012, les Nouvelles-casernes du Vieux Québec sont classées monument historique. D'ici décembre 2013 (pardon pour l'erreur dans le vidéo où je dis 2012), un conseil devra en décider le sort. Faites savoir que vous voulez un musée dédié à la Nouvelle-France! (Photos et vidéos de Joseph Gagné. Sauf exception de la photo du Musée de la Civilisation prise de Wapikoni.tv)

Écrivez au Ministère de la Culture et des Communications:
http://www.mcc.gouv.qc.ca/

Écrivez à la mairie de Québec:
https://www.ville.quebec.qc.ca/nous_joindre/formulaire.aspx?NoReference=1

Écrivez à Madame Dubée, directrice du patrimoine et de la muséologie:
http://www.mcc.gouv.qc.ca/index.php?id=4870

Et écrivez à votre député! Faites-lui savoir que la population désire rendre hommage à son passé colonial!
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Article original: http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201210/19/01-4585218-...

04 October 2012

Critique : Northwest Passage (1958-1959)

J'invite tous ceux qui aiment les vieilles séries télévisées à visiter mon autre blogue, It's A Funny History, pour lire ma critique de la série Northwest Passage. (En anglais)



23 May 2012

Montcalm jaloux

J'adore l'humour absurde de Kate Beaton. À découvrir ici : http://www.harkavagrant.com/


22 May 2012

Pour le meilleur, et sans doute pour le pire...


Un mariage se célèbre par amour entre fiancés. Du moins, idéalement… C'est pourtant rarement le cas en Nouvelle-France! Effectivement, on se marie souvent pour obtenir un gain fiscal quelconque et pour avoir un soutien mutuel. Si l’amour naît dans le couple, tant mieux; sinon, tant pis. L’union par le mariage est sacrée, même lorsque les mariés se lancent des sacres! Voici un exemple croustillant nous venant de la Louisiane.

Le 6 septembre 1760, le dénommé Louis de Populus, écuyer et sieur de Saint-Protait, signe devant notaire son contrat de mariage à la dame Jeanne Kerrourette [Kerouret], veuve de Nicolas Aubert Dumont. Les biens de l’épouse s’ajoutent à ceux de l’époux, à la condition qu'ils ne servent pas à repayer les dettes de ce dernier. Également, une clause stipule qu’aucun esclave de la dame Kerrourette ne pourra être vendu par son mari sans sa permission. D’ailleurs, on y trouve l'instruction que la fidèle esclave dénommée La Mirre sera libérée à la mort de sa maîtresse, et qu’elle aura droit à une subsistance à base de maïs pour le reste de ses jours. Enfin, du total des biens que l’épouse apporte au bien commun, elle se réserve 6000 livres à dépenser à sa guise.

Toutefois, il faut à peine plus d’un an avant que leur relation se détériore au point de rupture. Une pétition est présentée au Conseil supérieur de la Nouvelle-Orléans. Les deux mariés sont apparemment « incapables de vivre paisiblement ensemble », ont des « tempéraments incompatibles » et « l’un est le fardeau de l’autre ». Le sieur Populus et la dame Kerrourette sont donc d’accord de se séparer. En fait, l’époux vient d’acheter la maison du sieur Dubroca, son voisin, afin d’y loger son épouse. Les deux terrains étant séparés par une clôture de piquets, chacun des deux malheureux mariés accepte de ne mettre le pied chez l’autre, même en son absence. Afin d’avoir la sainte paix, le sieur Populus accorde également 1200 livres par année à sa femme ainsi que quinze cordées de bois, quarante tonneaux de maïs et 450 livres de farine par année. La dame aura à sa disposition trois serviteurs (lire : esclaves noirs) et quatre vaches (qui demeurent toutefois sa propriété). Il s’engage de plus à défrayer tous frais médicaux potentiels qu'elle pourrait subir. Les meubles et le linge sont divisés. Enfin, bien que les deux ne puissent plus se sentir, ils sont toujours techniquement mariés et le sieur Populus demeure le propriétaire du bien commun. 

Malheureusement, nous ne savons pas si cupidon décidera éventuellement de remédier la situation… 

Sources : 
  • Louisiana State Museum Historical Center. French Translations, May 2 1761 – Dec 24 1761. Doc. 60 x3. Copy of Marriage Contract by Notarial Act, executed by and between Louis de Populus, Esquire, Sieur de St. Protait, and Dame Jeanne Kerrourette, widow by last marriage of Nicolas Aubert Dumont. Le 6 septembre 1760.
  • Louisiana State Museum Historical Center. French Translations, May 2 1761 – Dec 24 1761. Doc. 60 x2. Agreement of seperation of bed and Board. Le 7 octobre 1761.
  • Louisiana State Museum Historical Center. French Translations, May 2 1761 – Dec 24 1761. Doc. 60 x2. Petition for homologation. Le 7 octobre 1761.

21 May 2012

Vaut mieux regarder où se mettre les pieds!


Les accidents de chasse ne datent pas d’hier, comme nous le révèle cette anecdote des archives de la Nouvelle-Orléans. Vers 1759, François Rillieux revient de Biloxi, en Louisiane, avec ses sœurs et un esclave noir. Profitant d’un moment pour chasser le chevreuil, il trébuche et déclenche accidentellement son fusil. Le docteur Gardat et le docteur Guichandu ne pourront que constater plus tard son décès par la balle qui transperça sa mâchoire inférieure droite pour se loger dans son crâne.
C’est son beau-frère, François Rillieux, également à ses côtés lors de son retour, qui rapporte la mort accidentelle devant le greffier Chantalou le 29 juin 1759.

Source : Louisiana State Museum Historical Center. French Translations, May 2 1761 – Dec 24 1761. Doc. 7464, Le 29 juin 1759. 

25 November 2011

Un cas d'espions hypocrites...


Montcalm écrivait : « On a toujours l’air d’écrire une satire en écrivant l’histoire de ce qui se passe en Canada. » Il avait bien raison! Parfois les événements qui ont lieu pendant la Guerre de Sept Ans sont si étranges qu’on ne peut s’empêcher de sourciller… Prenons comme exemple ce cas où les Anglais et les Français s'espionnent mutuellement pendant le siège de Québec, chacun faisant semblant de ne pas remarquer les actes de l'autre! Le 4 juillet 1759, l'abbée Jean-Félix Récher écrit :
A une heure après midi, une berge anglaise se détache des vaisseaux, ayant à son pavillon derrière, et pavillon français devant, ce qui fait juger qu’elle vient pour sommer la ville de se rendre. Elle arrive près de la ville et arrêtée par 2 ou 3 de nos carcassières, qui, n’ayant point reçu l’ordre du commandant de la place, lui ont demandé pourquoi elle venait. L’officier leur a dit qu’il apportait une lettre de son général à M. de Vaudreuil […] Comme ce sujet de députation nous a paru fort léger, il a été regardé comme un prétexte, dont se sont servis les Anglais pour examiner de près l’état de la place. Et en effet nos gens ont jugé qu’il y avait 3 ou 4 officiers ou ingénieurs sous l’habit de matelot et cela à leur physionomie et à la blancheur de leurs mains. Ce qui a donné lieu à M. le Mercier, pour user de représailles, de prendre avec lui 2 ou 3 capitaines de navire habillés en matelots pour mieux reconnaître la position de la flotte ennemie et son état. Une autre raison qui a persuadé que ce message n’était qu’un prétexte, c’est […] que par ce moyen ils se sont assurés que M. le général n’était point dans la ville, mais à Beauport, et que sans doute nos plus grandes forces étaient là.

Source :  LACOURSIÈRE, Jacques et Hélèn QUIMPER. Québec, ville assiégée. 1759-1760, d'après les acteurs et les témoins. Québec, Septentrion, 2009, pp. 70-71.



Disponible aux Éditions du Septentrion.

02 November 2011

Un extrait de pitié britannique

Le mauvais coup britannique réservé aux Acadiens en 1755 choque toujours de nos jours. C'est normal : quoi de plus inhumain outre la mort que de se faire chasser de sa terre natale? Toutefois, on tombe parfois sur des anecdotes qui rappellent, du moins dans le peu de contexte offert, que l'humanité survit malgré les atrocités.

Dans ce cas-ci, le 29 juin 1761, le commissaire Anthony Wheelock écrit au commandant en chef britannique Jeffrey Amherst au sujet d'une Acadienne. Déportée en Caroline et dont le mari est décédé, celle-ci demande clémence et cherche la permission de déménager au Canada avec ses deux enfants. Ceux-ci (ou celles-ci?) sont âgés respectivement de 1 an et demi et de 8 ans. La veuve espère retrouver de la parenté pour l'aider à survivre. Dans sa réponse (folio 192), Amherst accorde sa permission.

Malheureusement, aucun détail n’est donné sur l’identité de cette petite famille ni de ceux qu’elle cherchait au Canada. Toutefois, on se console à savoir qu’ils sont un peu moins anonymes maintenant que leur histoire voit le jour.

Source : Public Records Office, War Office 34, Vol. 98, F°113-113v. Anthony Wheelock à Amherst. À New York, le 29 juin 1761. (voir aussi folio 192)

Comme un semblant d'Évangéline...