20 May 2013
15 April 2013
La Monnaie royale canadienne s'est-elle rachetée?
Mon dernier blogue portait sur une commémoration
ratée de la guerre de Sept Ans par la Monnaie royale canadienne (lire l’article
ici). Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que la MRC vient de produire
une autre pièce commémorative.
Mon verdict? Superbe!
La pièce, tirée en 500 exemplaires, est composée d’argent
pur à 99,99% d’un poids colossal d’un kilogramme. On la décrit ainsi :
Conçu par l’artiste canadien Luc Normandin, le motif au revers représente une carte ancienne inspirée de celles que produisait Didier Robert de Vaugondy au milieu des années 1700. Elle montre la région où la guerre de Sept Ans s’est déroulée en Amérique du Nord. Au centre de la pièce, une bannière commémorative est entourée des armoiries royales de la France (à gauche) et de celles de l’Angleterre (à droite).
Décidément,
l’artiste a compris que pour commémorer un événement aussi important ainsi que controversé,
la simplicité doit régner. J’applaudis donc l’idée de mettre de l’avant que les
armoiries des pays impliqués pendant la Conquête et une carte du territoire.
Reste-t-il
que je suis désolé de ne pas avoir les 2250$ demandés pour l’ajouter à ma
collection!
Pour les intéressés, elle est disponible ici.
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Guerre de Sept Ans
07 April 2013
Nouvelle pièce de la guerre de Sept Ans : Une commémoration manquée?
L’année
2013 marque le 250e anniversaire de la fin de la guerre de Sept Ans.
Ce conflit est sans aucun doute l’événement le plus marquant de notre
histoire : après tout, sa conclusion ampute à la France ses plus larges
possessions en Amérique du Nord. La Nouvelle-France n’est plus. Les frontières
du continent sont radicalement redessinées et réparties le long des nouvelles
possessions britanniques et espagnoles. Mais le conflit persiste : les
nouvelles tensions soulevées par la nouvelle répartition des pouvoirs coloniaux
mèneront entre autres à la transformation de la société canadienne. C’est la
genèse d’une nouvelle culture palpablement distincte de la France et de l’Angleterre.
Aujourd’hui, alors que le gouvernement Harper dépense (gaspille?) des millions
de dollars sur la commémoration de la guerre de 1812, il est désolant de voir
que la guerre Sept Ans passe presque entièrement sous silence.
Pourtant,
nos voisins du sud se donnent à cœur joie de commémorer cette guerre (connue chez
eux comme la « French & Indian
War »). Partout aux États-Unis, les lieux historiques liés à ce
conflit ont hébergé des reconstitutions historiques (« Reenacting » chez les Anglophones)
et des conférences publiques pour rappeler l’importance de cette « guerre
qui créa l’Amérique ». C’est d’ailleurs le titre donné à l’excellent
documentaire de la chaîne PBS, The War
That Made America. Pendant plusieurs semaines, l’auditoire de la télévision
publique américaine a eu la chance de se renouer avec la mémoire de cette
guerre trop souvent éclipsée par celle de leur révolution.
Aucun
engouement de la sorte au Canada. Bien sûr, les historiens ont fait leur part
de publier de nouvelles recherches et d’animer des conférences, mais le public
n’était pas au rendez-vous. Au Québec, la plaie laissée par le souvenir de la
Conquête saigne toujours, et au Canada anglais, l’ignorance crasse de l’histoire
canadienne-française relègue le tout aux oubliettes.
Tâchons
aussi d’oublier la commémoration malhabile de la Commission des champs de
bataille nationaux. Par un vrai manque de tact, les organisateurs ont raté l’occasion
parfaite de faire mieux connaître et comprendre l’importance de ce conflit
auprès du public à l’aide d’une reconstitution massive du siège de Québec sur
les plaines d’Abraham. Leur première erreur a été de n’avoir pas expliqué au
public ce qu’est le phénomène de reconstitution historique. Le passe-temps de « reenacting » est plus populaire
chez les Américains qu’ici : il n’est pas étonnant donc que la population
locale ait mal perçu l’intention derrière l’activité. Celle-ci, qui devait
faire appel à un nombre sans précédent de « reenactors » québécois et américains, a fini par être interprétée
(majoritairement par les souverainistes) comme une gifle contre l’honneur du Québec.
Au lieu de comprendre que les reconstituteurs historiques animent de telles
activités par amour de l’histoire,
certains ont même proféré des menaces de violence, comparant à tord le contexte de la reconstitution proposée à celui de recréer la Shoah pour les juifs. L’atmosphère était d’ailleurs plus tendue
du fait que les organisateurs donnaient à l’activité un air de célébration au
lieu de commémoration (les critiques s’étaient surtout accrochés aux publicités
illustrant un Montcalm et un Wolfe souriants, se donnant la main). Le tout, on
se rappel, s’est soldé par une annulation de la reconstitution et de la
création au lieu du Moulin à parole.
Bref,
le souvenir de la guerre de Sept Ans n’a pas fait le même objet de pompe que la
guerre de 1812, pourtant quasi insignifiante dans notre histoire. Ceci nous mène au vif de notre sujet d’aujourd’hui : comme nous
l’avions espéré, la Monnaie royale canadienne vient enfin de produire une pièce
commémorant la guerre de Sept Ans. Le résultat, toutefois, laisse à désirer. Voici
la description du design :
Œuvre de l’artiste canadien Tony Bianco, le motif représente l’ensemble des peuples qui ont pris part à la guerre de Sept Ans et qui y ont été exposés. Les soldats britanniques et français, les peuples des Premières Nations et les colons y sont représentés, de même qu’un enfant qui symbolise l’espoir en l’avenir. Les personnes sont tournées vers l’est, au-delà de l’océan Atlantique, en direction de l’ancien monde. La carte à l’arrière-plan montre la région où le conflit a eu lieu en Amérique du Nord, et les bannières et les décorations au haut et au bas de la pièce reprennent les styles typographiques en vigueur dans les cartes et les documents officiels des XVIIe et XVIIIe siècles.
Initialement,
avant de porter mon jugement final sur la pièce, j’avais consulté quelques
collègues et amis pour connaître leur avis. L’unanimité de leurs opinions reflétait
le mien. Je résume en paraphrasant une amie : le design nous laisse froids.
Bien
que nous ne doutions pas de l’effort de l’artiste d’avoir voulu être le plus
inclusif et neutre possible, cette représentation demeure toutefois qu’une « vision
d’artiste ». L’angoisse et le tumulte de la Conquête y sont effacés pour
faire place à une scène bénigne, dépourvue de la complexité réelle de la
situation.
Notons
d’abord les détails qui nous sautent aux yeux : reconnaissant
immédiatement le soldat britannique, le soldat français et l’Amérindien, on se
demande qui sont les deux autres personnages. L’explication officielle ne fait
que nous confondre d’autant plus : on les décrit comme un colon et « un
enfant qui symbolise l’espoir en l’avenir ». De quel colon s’agit-il?
Selon ses habits, il nous paraît être britannique… où se trouve donc le colon
de la Nouvelle-France, nouvellement annexé à la couronne britannique? Et que
dire de l’enfant, symbole « d’espoir »? Difficile de parler d’espoir
alors que les Habitants de la colonie canadienne doivent choisir entre rester
en Amérique sous l’égide d’une langue et d’une religion étrangère, ou de
quitter pour une France tout aussi étrangère par sa culture métropole… Sans
oublier les Acadiens qui continuent d’être déportés à mesure que les
Britanniques les trouvent. On ne peut non plus prétendre que la pièce commémore
la paix, car l’Amérindien qui y figure peut tout autant symboliser la guerre de
Pontiac qui va rager pendant trois autres années. Et quelqu’un peut-il bien m’expliquer
pourquoi le soldat français semble porter un demi-sourire?
« La
carte à l’arrière-plan montre la région où le conflit a eu lieu en Amérique du
Nord » : pourtant, on n’y voit que l’Acadie, et à peine l’entrée du
Saint-Laurent. Nulle part ne voit-on la vallée de l’Ohio ni le corridor du lac
Champlain et de la rivière Richelieu où a eu lieu la majeure partie de la
campagne militaire. Nous pouvons même critiquer des détails normalement anodins,
car on précise « les bannières et les décorations au haut et au bas de la
pièce reprennent les styles typographiques en vigueur dans les cartes et les
documents officiels ». En réalité, les décorations ont plus un semblant de
celles du XIXe siècle et ne ressemblent aucunement aux cartouches et
ornements des cartes de la guerre de Sept Ans.
À
l’inverse, il faut toutefois se demander : qu’aurait-t-on pu faire de mieux?
Encore une fois, je précise que la tâche de l’artiste en question n’était pas
facile. Comment évoquer une guerre dont la question de commémoration est si
délicate? Il ne faut pas chercher à vexer qui que ce soit, ni glorifier personne
en particulier. En cherchant à rendre tout le monde heureux, on peut finir par ne
pas satisfaire qui que ce soit. Peut-être que la clef de l’énigme est la
simplicité? Je reproduis ici le logo conçu par l’État de la Pennsylvanie dans
le cadre de ses propres commémorations : sobre, mais excitant, simple,
mais évocateur, il est neutre, mais permet à chacun d’y tirer sa propre
interprétation personnelle. Peut-être la Monnaie royale canadienne aurait pu s’en
inspirer?
Ma
conclusion finale : Bien que je sois un collectionneur de pièces de monnaie, je
vais m’abstenir d’acheter celle-ci, étant franchement déçu. Cette commémoration
est, comme disent les Anglais, « too
little, too late ».
Sources et suggestions de lecture :
- Dollar en argent épreuve numismatique édition limitée - 250e anniversaire de la fin de la guerre de Sept Ans. Monnaie royale canadienne. Lien.
- The Fine Art of Tony Bianco. http://tonybiancoart.com/
- French & Indian War Commemoration: 250 Years. (État de la Pennsylvanie). http://www.warforempire.org/
- « La reconstitution est annulée ». Radio-Canada. Le mardi 17 février 2009. Lien.
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Reconstitution historique
03 April 2013
La Corriveau ressuscitera sous peu!
Deux très bons amis, Catherine Ferland et Dave Corriveau, préparent un nouveau livre sur La Corriveau. Voici un avant-goût!
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Légendes
30 March 2013
Alligator = Poisson [...]
![]() |
| Montage: Joseph Gagné |
Sans
blague : cette semaine, on apprend que l'Église catholique vient d'ajouter
l'alligator à sa liste d'animaux qu'elle considère comme étant des
poissons.
Pour
comprendre (à peine…), il faut se rappeler qu’en Nouvelle-France, les catholiques
observent 145 jours de jeûne. C'est-à-dire qu’ils ne peuvent manger qu’un repas
à midi et doivent s’abstenir de consommer de la viande. En plus du carême (les
40 jours qui précèdent Pâques) et d’autres fêtes religieuses, chaque vendredi
fait l’objet de cette observation. Toutefois, l’habitant a la permission de
manger du poisson. Ceci explique d’ailleurs l’importance de la pêche commerciale
en Nouvelle-France.
Cependant,
la restriction sur la consommation de viande n’incommode pas tout le monde :
alors que certains en font fi tout simplement (bien que des punitions existent),
d’autres trouvent des prétextes plutôt amusantes pour détourner l’interdit. Depuis
le Moyen âge, certains affirment que le castor ne serait pas une viande
interdite vu son origine aquatique. En effet, Monseigneur Laval confie la
question identitaire de ce rongeur aux théologiens de Sorbonne. Leur
conclusion? Le castor est classé comme poisson selon la « logique »
que l’animal passe la grande partie de sa vie dans l’eau et que sa queue est
recouverte d’écailles! C’est une classification qui fera sans doute pâlir un
futur Carl von Linné…
De
plus, le castor n’est pas le dernier animal à être ainsi classé : le rat
musqué sera particulièrement apprécié dans le Pays des Illinois. Toujours
aujourd’hui, on peut en retrouver en vente dans certains restaurants de l’état
des Illinois (il s’agit de s’habituer au goût, selon les dires…).
La
Nouvelle-France n’est pas la seule colonie à tricher de la sorte : le capybara,
le plus gros rongeur au monde, devient lui aussi un « poisson » au
profit des catholiques sud-américains.
Alors
que le concile Vatican II (1962-1965) abolit la plupart des prescriptions de
jeûne dans la théologie catholique, il est curieux de constater qu’elle ne
rectifie pas ses connaissances taxonomiques… Revenant donc à nos alligators—
euh… moutons, nous avons été surpris d’apprendre qu’en 2010 le restaurateur Jay
Nix de La Nouvelle-Orléans avait écrit à son archidiocèse pour savoir si l’alligator
était également inclus dans la famille des poissons. La réponse de l’archevêque
Gregory M. Aymond? « Yes, the alligator's considered in the fish
family, and I agree with you — God has created a magnificent creature that is important
to the state of Louisiana, and it is considered seafood »
Pour
vous mettre l'eau à la bouche, voici quelques photos et un vidéo de mon voyage l'an dernier
en Louisiane! (Ah, et j'oubliais : l'alligator, c'est délicieux! De préférence dans un sandwich Po-boy!)
Sources et lectures suggérées:
- ANTOLINI, Tina. « Forget Fish Fridays: In Louisiana, Gator Is On The Lenten Menu ». NPR, 25 mars 2013. Lien.
- AUDET, Bernard. Se nourrir au quotidien en Nouvelle-France, Québec, GID, 2001. pp. 262-272.
- MARCHAND, Philippe. Ghost Empire: How the French Almost Conquered North America. McClelland & Stewart, 2006. 464 p.
- TANNENBAUM, Kiri. « Catholic Archbishop Declares Alligator Seafood for Lent », Delish, 27 mars 2013. Lien.
Vidéo boni : Manger du rat musqué!
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Insolite,
Louisiane
21 March 2013
Trappeurs - Kids in the Hall
Un brin d'humour avant la fin de semaine...
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Traite des fourrures
18 March 2013
Rassemblement de la milice au fort Saint-Joseph
Voici un court documentaire (27 minutes) au sujet de la reconstitution historique annuelle au fort Saint-Joseph au Michigan. Peut-être y reconnaîtrez-vous quelqu'un? ;)
Informations supplémentaires :
- Fort St. Joseph Archaeological Project : http://www.wmich.edu/fortstjoseph/
- Fort St. Joseph: Support The Fort : http://www.supportthefort.net/
- Patrimoine français du fort Saint-Joseph au Michigan : http://www.ameriquefrancaise.org
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