14 August 2013

Le billard dans les bois

La partie de billards, par Jean-Baptiste Chardin, vers 1725.
Musée Carnavalet de Paris.
Source: Wikipaintings
Le billard se trouve parmi les passe-temps les plus populaires en Nouvelle-France. « En grande vogue en France » sous Louis XIV, selon Pierre-Georges Roy, « Les anciennes archives judiciaires de Québec et de Montréal contiennent de nombreuses pièces qui prouvent hors de tout doute possible que le billard était assez en vogue dans la colonie dès le milieu du dix-septième siècle. Dès les premières années du dix-huitième siècle, il y avait des salles de billard publiques à Québec et à Montréal. » (Roy, p. 244).

C’est le cas d’ailleurs dans le Pays d’en Haut. Détroit, par exemple, possède au moins un « billard », c’est-à-dire une salle de billards. Toutefois, des individus peuvent posséder leur propre table aussi, à y croire cette lettre d'un certain Pierre Monbron de Michilimackinac que j'ai trouvée aux archives du Chicago History Museum :
 Ma chere anfant 
J’espere vous donner encore de nos nouvelles bientost mais an attandant je profite de celle de Mr Laverandry pour vous souhaiter une scanté aussi parfaite que la nostre[.] j’ay remit un certificat a [d’etailly/d’etailles] et comme il est dans le chagrin pour la perte de son epouse voudray bien vous en charger et tachés de le faire payer sur qcoy je vous prie de m’envoyer trois ou quatre jeux de Bille de Billard coute que coute parce que n’a nayant pas cela me foit grand tord et si vous pouvez m’en envoyer davantage vous me feray encore plus de plaisir vous pranderay nostre payement et le reste vous pouray vous en servir jusqu’a nouvel ordre vous [m’en] [obligeray] [fort] si cela [se peu] vous [le] remetray a Mr Lamagdelaine ou a [guioffon/guiosson] je crois qu’il se feront un plaisir de san charger 
je finis en vous priant de faire nos compliment a Mr [Guivaud/Guivard] et a [Msd] Rabat et Getant et an attandant le plaisir de recevoir de nos nouvelles et en ambrassant nostre petite famille de tout nostre coeur a qui nous souhaitons aussi une parfaite santé nous sommes et seront toujours 
Vostre chere pere et mere Monbron [et cecile] cousinot 
De Michelimakinac ce 20 7bre 1756
Je n'ai pas pu identifier l'auteur de cette lettre, outre l'avoir retrouvé dans les registres paroissiaux du fort. Est-ce que sa commande est pour utilisation personnelle? Ou bien pour la revente au fort? Mystère.

Première page de la lettre de Monbron

Sources et suggestions de lecture :
  • Le 20 septembre 1756. Lettre de Pierre Monbron et de son épouse, à Michillimakinac, à leur fille. Chicago History Museum. French America Collection. Box 4. Folder 313.
  • BLAIS, Jean-François. 104 Histoires de Nouvelle-France, Épisode 008: Le billard en Nouvelle-France, baladodiffusion, le 24 novembre 2008. Lien.
  • MASSICOTTE, E.-Z., «Le jeu de billard sous le régime français», Bulletin de recherches historiques,Vol. XXIII, 1917, pp. 153-154. Lien. 
  • ROY, Pierre-Georges, «Le billard sous le régime français», dans Petites choses de notre histoire, Vol. III, Lévis, 1919, pp. 242-247. Lien.  

1 comment:

  1. Bravo pour ton blog. Étonnant que d'apprendre que le billard se jouait déjà à cette époque en N-F ! Intéressant. Je me suis amusée à aimer cette anecdote et qui sait jusqu'où elle me conduira ? Ce 20 septembre 1756 Pierre Monbron écrivait à sa fille, c’est ce qu’on y lit. Le couple Monbron/Cousinot n'a pas eu d'enfants. En fait, il écrit à la fille de sa femme, Marie-Amable Rivières ou Desrivières, issue du premier mariage de Cécile Cousinot. Le couple se trouve au fort Michillimackinac depuis peu car ils se sont mariés à Montréal en juin 1752. Marie-Amable avait alors 24 ans. Cette lettre reçue, fut peut-être l'une des dernières car Marie-Amable décédera deux années plus tard. Joseph Gagné, quels sont les liens/sites qui peuvent nous informer sur le travail de Pierre Monbron/ Montbrun dans ce fort ? Est-ce à titre de sergent dans la compagnie de m. Denoyan qu’il y était ? Quelle est la durée de la mission ? J'ai déjà eu à fouiller pour un ancêtre parti à ce fort, mais quelle misère pour s'y retrouver. Dans cette petite recherche, j’ai pu constater que Cécile Cousinot et Marie-Amable sont les ancêtres de mon grand-père maternel Joseph Cousineau. Merci

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